12ème Printemps des Poètes du 8 au 21 mars 2010
Nous étions à la soirée inaugurale de la 12ème édition du printemps des poètes, estampillé cette année « Couleur Femme », à l’Opéra Comique à Paris et qui a lieu du 8 au 21 mars 2010.
C’est donc à la poésie écrite par des femmes dans son inspiration singulière et universelle que cette nouvelle édition, dirigée par Jean-Pierre Siméon, se consacre au travers de 15 000 manifestations organisées en France et à l’étranger autour de ce thème où, dans tous ses états, elle sera clamée, chantée, dansée, jouée, colportée, écoutée et à jamais mémorisée.
Christine de Pisan, Louise Labé, Pernette de Guillet, mais aussi Louise Collet, Anna de Noailles, Marie Renée Vivien ou Catherine Pozzi, sans oublier l’Américaine Emily Dickinson, l’Allemande Nelly sachs ou les Russes Marina Tsvetaieva et Anna Akhmatova, sont autant de poétesses importantes et parfois de génie, qui, confrontées à la difficulté à leur époque d’être reconnues par une société machiste, sont souvent demeurées dans l’ombre et n’ont été lues qu’avec condescendance, considérées comme forcément mineures, marginales et sentimentales.
Elles sont à redécouvrir à l’aune de ce nouveau printemps. Dominique Blanc, tombée en poésie comme on tombe en amour, lectrice de René Char « La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil », débute la manifestation en étant la voix d’Andrée Chedid, accompagnée par la violoniste Irène Lecoq.
De son phrasé ample et souple, elle interprète ses poèmes et sa vision terrestre « La poésie est naturelle, elle est l’eau de notre seconde soif » empreinte d’exigence, de générosité et d’ouverture dans sa main tendue et qui revendique dans un humanisme volontaire le dialogue entre les cultures, l’enrichissement par l’autre.
Toi-Moi
Par l’univers-planète
univers à toute bride
Par l’univers-bourdon
dans chaque cellule du corps
Par les mots qui s’engendrent
Par cette parole étranglée
Par l’avant-scène du présent
Par vents d’éternité
Par cette naissance qui nous décerne
le monde
Par cette mort qui l’escamote
Par cette vie
Plus bruissante que tout l’imaginé
Toi
Qui que tu sois !
Je te suis plus proche qu’étranger.
Andrée Chedid Poèmes pour un texte (1970-1991), Flammarion 1991
Ensuite, la danseuse étoile et chorégraphe Carolyn Carlson vient danser sur sa poésie inédite, assistée de Sara Orselli, lue par Caroline Marcadé sur une musique de Gavin Bryars « Allegrasco ». Les mots s’incarnent de la courbure du corps avec leur musicalité et le rythme de la sonorité où le mouvement aérien s’imprime naturellement dans l’espace. Le poème évoque la destinée où chacun trace son chemin et accomplit ses possibles que la silhouette dans son élan gracile esquisse.
Puis c’est au tour de Brigitte Fontaine d’investir la scène, accompagnée d’Areski Belkacem compositeur percussionniste et Yann Péchin, guitariste, pour dire et chanter ses textes tirés d’extraits de Chroniques du bonheur, Modelon, Paso Doble, Nouvelles de l’exil, La Bête curieuse, Attends-moi sous l’obélisque, Le bon peuple du sang, Portrait de l’artiste en déshabillé de soie. La poétesse de sa voix grave qui assaille déclame sa prose ciselée à la versification exigeante, aux allitérations percutantes et aux lexiques riches dans une confession poétique bouleversante d’authenticité, de fragilité, de dérision et de profondeur. Ses chansons Ragilia, Soufi, « Je suis un poète », Patriarcat ponctuent musicalement ses vers. De même que des interventions de poètes femmes contemporaines dans la salle.
A l’instar de ce vers d’Andrée Chedid, « Pour être, la poésie n’attend que notre regard » alors ouvrez grands les yeux, le monde est bleu…





ça en fait du beau monde ! Vive la poésie et vive les femmes ! Youhou! Et vive Publik’Art of course !
Et tant qu’il y aura Publik’Art le monde sera plus beau…
Yeeeesssss ! J’acquiesce ac plaisir :-)