A la découverte d’Henri Fantin-Latour au Musée du Luxembourg

Fantin Latour
Fantin Latour, Musée du Luxembourg

A la découverte d’Henri Fantin-Latour au Musée du Luxembourg

Le grand peintre français du XIXe siècle Henri Fantin-Latour s’expose au Musée du Luxembourg jusqu’au 12 février 2017. Universellement connu pour ses natures mortes et ses portraits de groupe, il se dévoile dans un parcours dense et varié, avec des surprises et de vrais chocs esthétiques. Vous pensiez pouvoir le ranger dans une catégorie ? Il va falloir reconsidérer vos normes.

Né en 1836 au coeur d’un XIXe siècle pictural précurseur des révolutions à venir, Henri Fantin-Latour a eu le privilège de connaitre la consécration de son vivant. Réputé pour ses portraits et ses compositions florales, il n’a pourtant cessé d’expérimenter, s’ouvrant à des approches différentes, à la lisière de la rêverie. Appelées peintures « d’imagination », ces peintures ne sont pas sans évoquer Odilon Redon ou même préfigurer Marc Chagal avec ces formes mal définies et ces volutes de fumées oniriques. Longtemps cantonné à un travail acharné de commandes, Fantin-Latour se fait plaisir selon ses propres mots, une fois la renommée acquise, pour travailler sur des compositions qui lui tiennent plus à coeur. Rêverie, onirisme, le plaçant comme précurseur de courants entiers de la peinture moderne.

A contrario, loin du courant impressionniste dominant d’à partir de 1860/1870 dont il se détache résolument, Fantin-Latour a creusé le sillon d’un réalisme résolu. Ces portraits de groupe ont contribué à son succès, avec des personnages illustres immortalisés dans des poses éternelles. Emile Zola, Charles Baudelaire, Edouard Manet et les poètes terribles Arthur Rimbaud et Paul Verlaine personnifient leur art par des attitudes variées. Ce dernier ressemble d’ailleurs à un spectre inquiétant regardant les entrailles de la terre tandis que son compère pose nonchalamment la tête sur sa main, dans une pose décontractée.

Contemporain de l’apparition de la photographie, Fantin-Latour s’est enthousiasmé pour cette nouvelle représentation du réel, collectionnant des centaines de photos. Il utilise des clichés de femmes nues pour les représenter en peinture, offrant des déclinaisons personnelles de belles posant négligemment dans le plus simple appareil. Ses nus sont tout autant sensuels qu’oniriques.

L’organisation chronologique de l’exposition permet de clairement visualiser l’évolution de la technique du peintre ainsi que ses états psychologiques. Ses autoportraits le montrent tour à tour préoccupé puis résolu. Les portraits de ses soeurs constituent des témoignages picturaux familiaux avec d’omniprésentes soeurs immortalisées en pleine lecture.

Une visite à ne manquer sous aucun prétexte pour découvrir un peintre hors des courants et tout entier dévoué à son art, comme le démontrent ces quelques beaux échantillons de son oeuvre pléthorique (500 oeuvres !).

Dates : Du 14 septembre 2016 au 12 février 2017
Lieu : Musée du Luxembourg, Paris
Entrée : 12 €

Note
Richesse de l'exposition
Plaisir de la visite
Stanislas Claude
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.

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