[album de la semaine] La Roux en écoute
La Roux débarque avec ce premier album détonnant, simplement intitulé de son nom. « La Roux », ou la pointe de l’électro-pop actuelle. Ce petit nom, qui a su marquer son monde dès sa sortie outre-manche, enchaîne les tubes 12 titres durant. La presse est unanime et nous en sommes sûrs : vous danserez sur La Roux cet été, si ce n’est déjà fait.
Avec sa voix inimitable, à la fois lancinante et électrisante, La Roux se dévoile à travers des airs irrésistiblement entraînants (In For The Kill, Quiksand, I’m not your toy..) ambiance rétro. Un rythme disco bercé de synthétiseurs assumés et diablement bien accordés. La Roux donnerait presqu’envie à qui veut l’entendre de se barder de chaussettes rayées montées jusqu’aux genoux, la banane rousse coiffée haute et les mains en l’air jusqu’à la crampe. De quoi faire bouger les foules et réchauffer les plus moroses.
Mais la dame sait aussi ralentir la cadence avec des titres moins agressiv-like et toujours sentimentaux (Colourless colour, Cover my eyes, As if by magic, Reflections are protection…), et nous offre ainsi un album à l’énergie parfaitement bien canalisée. Un équilibre quasi-parfait arrosé de refrains percutants. Un sens de la musique rarement égalé. Une petite perle à écouter quelque soit votre état d’esprit.
Sa Bio :
Elly Jackson est âgée de 20 ans, elle a les cheveux roux, qu’elle porte court, des tâches de rousseurs et un nez à faire chavirer les cœurs, mais surtout elle a une manière de façonner les mélodies qui fait oublier tout le reste. Originaire du quartier de Brixton, elle évoque les expériences de toutes les filles de son âge : les chagrins d’amour, la frustration, l’émerveillement, des sentiments d’invincibilité et de fragilité.
Mais à la différence de la plupart des filles de son âge, Elly a une prodigieuse capacité à canaliser tous ces sentiments et expériences dans d’épatantes et savoureuses vignettes musicales qui touchent de plein fouet l’auditeur. Mais La Roux ne cherche pas alimenter les dancefloors en denrées périssables et en inepties futiles. “Ça ne veut pas dire que je suis incapable d’écouter de la musique sans des paroles qui aient un sens, j’en écoute tout le temps. Ce n’est tout simplement pas le genre de musique que j’ai envie de faire. Il m’est arrivé de pleurer entre les prises sur cet album. Je veux rentrer en contact avec les gens à ce niveau-là.”
Si elle aime à passer ses week-ends dans les fosses de salles de concert moites devant Justice et Boyz Noize, elle puise en revanche son inspiration dans des formations qui ont ouvert les portes des charts à l’électro, comme Eurythmics et Depeche Mode. Aujourd’hui, cette sirène au visage poupin s’apprête à lancer une attaque sur trois fronts : les charts, les clubs et les coeurs.
Elly n’a pourtant pas toujours baigné dans un univers de synthés décalés. Pure et digne fille de son père (au foyer) musicalement parlant, elle a grandi imprégnée d’artistes tous plus bouleversants les uns que les autres. Au collège, elle essaye de jouer Nick Drake et Neil Young, des références auxquelles elle est toujours restée fidèle. Vers la fin du lycée, elle se lance, à la demande de quelques amis, et interprète quelques compositions personnelles. L’une d’elle attire l’attention d’un ingénieur du son local qui se met à téléphoner frénétiquement à 4 heures du matin à tous les producteurs de sa connaissance.
Parmi eux, Ben Langmaid, une figure montante de la scène londonienne craque littéralement sur ses sensuelles sérénades et abandonne immédiatement tous ces projets en cours, pour se consacrer entièrement à Mademoiselle Jackson.
Ainsi se forme donc le duo créatif derrière La Roux. Il ne manque alors plus qu’un petit coup de pouce supplémentaire qui va stimuler son inspiration, qui s’incarnera sous la forme d’un Korg, sur lequel la jeune fille se met à pianoter par hasard dans le studio de Ben.
Telle une révélation, ce synthé leur inspire de nouveaux morceaux et les pousse également à en retravailler d’anciens, qui seront refaçonnés par cette nouvelle découverte. Bientôt, des balades composées à la guitare se transforment en rythmiques robotiques accompagnées de symphonies aux synthés. Plongé en pleine renaissance électro, le duo s’immerge dans l’univers des synthétiseurs, savourant d’anciens classiques, comme ceux de Blancmange, ainsi que certaines nouvelles figures comme The Knife et Chromeo.
Cette nouvelle maturité musicale correspond aussi pour la jeune femme à la découverte des ‘warehouse party’ londoniennes. Très vite ses pérégrinations nocturnes s’infiltrent dans son travail, engendrant au final une poignée de morceaux irrésistibles, un savant mélange d’utopie électro intemporelle, avec un son irrésistiblement dansant très actuel et un rare sens de la composition accompagnée de paroles ciselées. Une collision qui n’est pas sans évoquer Madonna à sa période Jelly Bean, tout en restant hautement et fièrement atypique parmi les nouveautés pop de l’année 2008. Une collision qui a d’ores et déjà engendré quelques hymnes célèbres sur Myspace, comme ‘In For The Kill’, tandis que ‘Quicksand’ devenait une sortie très attendue du label électro français Kitsune et qui a permis à LaRoux de décrocher un contrat à long terme avec Polydor et le manager des Klaxons. Bref, certainement l’un des futures phénomènes de la scène britannique en 2009.
– E. -







