Amour, un film de Michael Haneke
Sortie le 24 octobre 2012
Début du film, face à la caméra, une salle de théâtre et ses spectateurs. Au milieu de la foule anonyme, deux visages rayonnent plus que d’autres, celui de Georges (Jean-Louis Trintignant) et d’Anne (Emmanuelle Riva). Effet de miroir, voilà ce que semble nous dire Amour : il sera la peinture réaliste du devenir de chacun.
Palme d’Or au dernier festival de Cannes, le film d’Haneke (déjà récompensé du même prix en 2009 avec Le Ruban blanc) nous montre le quotidien d’un couple âgé dans ce qu’il a de plus prosaïque : repas, lectures, souvenirs racontés, et puis peu à peu la décrépitude d’Anne.
« Amour », un mot simple aux mille représentations. Michael Haneke ne nous montre pas l’effusion, ici la fusion de ces deux personnages se fait d’abord par le travail de la mise en scène : toujours ensemble dans le champ de la caméra, quand la maladie gagne du terrain la scission s’opère, préfigurant la séparation imminente par la mort. C’est par un regard, un mot, une attention que l’amour se ressent. A ce titre, c’est principalement par l’interprétation subtile et touchante de Riva et de Trintignant ; magnifique acteur dont la voix, mille fois louée, fait de chaque réplique un morceau de poésie, que la magie propre au cinéma opère.
Les lieux, les ambiances sont importants : dans un appartement sans âge (dont la décoration est empruntée à celle des parents du réalisateur) le couple vit ses derniers instants, s’enferme presque et ne laisse entrer les autres que difficilement. Le temps étant compté, il s’agit de rester lié jusqu’à la fin, d’autant plus que personne n’aide : une fille matérialiste (Isabelle Hupert), un couple de concierges poussifs … Anne et Georges désirent une attente paisible.
Si Amour impressionne et nous saisit c’est par sa justesse, sa solennité, sa façon distanciée de montrer la déchéance physique sans être dans une totale froideur clinique. La maladie s’immisce par petites touches, comme des fausses notes enrayant la partition de musique (thème cher à Haneke) que serait cette histoire.
Et puis vient le générique de fin : rien, le silence. Car oui, qu’il y aurait il de plus à dire?
Mégane Mahieu
Categorie: Cinéma, Critiques Films












Film percutant dont on ne sort pas indemne. A voir en connaissance de cause. L’amour en fin de vie. La complicité d’un couple. Tout passe par le regard. Un excellent jeu des acteurs, bouleversant et toujours avec beaucoup de pudeur. Beaucoup d’émotion.
Pas de musique durant tout le film sauf quand il s’agit de l’élève d’Anne. Cela accentue l’intimité et la sévérité du sujet du film.
La vie, la maladie, le respect, le couple, l’amour, la mort. Tout est montré dans ce film presque sans parole. Tout sur la Vie.
Un chef d’œuvre !
Une oeuvre forte et pudique sans complaisance ni sensiblerie portée par deux acteurs au sommet dont la partition s’accorde dans une profondeur infinie.