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Antichrist – when you throw shit on a wall some of it will stick

[ 12 ] 27/08/2009 |

anti christ

Avertissement : certaines expressions ou idées peuvent choquer/heurter la sensibilité des plus fines plumes ou des sains d’esprit. Les propos tenus n’engagent ainsi que la responsabilité de leur auteur. En cas de difficulté de compréhension, vous pouvez vous adresser à ce dernier via les commentaires.


Une œuvre cinématographique ou bien un délire freudien mal maitrisé ? J’ai pu lire quelques critiques sur le dernier Lars Van Trier, Antichrist, avec W. Defoe et C. Gainsbourg ; elles étaient assez divisées, certaines encensant le film et d’autres bien moins élogieuses. Dans une telle situation la meilleure chose à faire est probablement d’aller se torturer les pupilles dans une salle obscure afin de se faire sa propre idée… surtout que Van Trier a une certaine réputation, donc ce n’est pas non plus un pari de folie…

Et bien c’est chose faite! J’ai commis l’irréparable… et je suis allé me coltiner un visionnage de l’ « œuvre »…

Tout d’abord et en premier lieu, le synopsis :

Elle et lui perdent un enfant, leur seul et unique (accident stupide, il s’est défénestré !)… S’en suit le deuil. Elle (Charlotte Gainsbourg) ne pouvant faire face à cette perte, sombre dans la dépression et finit en Hôpital psychiatrique. Lui (Willem Defoe) survit assez bien ; il est psychanalyste de métier, donc habitué à avoir une certaine distance par rapport à l’événementiel, bref sa position se serait plutôt « bon, c’est la faute à pas de chance mais ce n’est pas en se morfondant sur notre sort certes vilain, que l’on va assurer le seuil de renouvellement des générations ».

Donc en bon médecin qui se respecte et afin d’aider sa femme à sortir de cette tourmente dans laquelle elle s’enferme irrémédiablement, il décide de mettre à profit ses capacités professionnelles… Il commence donc à psychanalyser sa femme. Pour commencer, plus de pilules roses, bleues et vertes, fini la surmédication et place à la discussion. Mais leur appartement New Yorkais (de mémoire, mais pour sur une ville américaine) et la ville, ne se prêtent guère a la thérapie. Trop de souvenirs, trop stressant, pas assez calme. Donc l’échappatoire : la cabine à Eden (maison pommée au fond des bois pour être plus descriptif)… Et alors la, ça part en tétine grave… mais bon je n’en dis pas plus ! C’est tout l’intérêt du film…

Et en toute honnêteté, je n’ai pas été impressionné du tout. Pardon maintenant que j’y pense, si finalement, c’était impressionnant, mais seulement peut-être pour l’escroquerie intellectuelle et cinématographique que c’est ! De la matière fécale sur grand écran en 16/9 et dolby surround… Bon va falloir développer le propos… Soyez patient, s’en suit une critique subjective (car une critique c’est par essence subjectif) et non exhaustive des qualités et défaut de ce film.

anti christ 7

Tout d’abord le titre :

Antichrist : bref je m’attendais à de la demoniakrie de schtarf, un truc qui part en vrille, du saint cierge et de la bondieuserie ou au moins de la référence puritaine… C’était plutôt  de l’introspection pseudo freudienne, mais en psychanalyste averti (attend ! j’ai visionné le film et en spectateur assidu j’en connais un rayon maintenant en la matière), je décrirais ça comme de la masturbation intellectuelle de cerveau tumeurifieux, ça me semble plus respectueux de l’œuvre de Freud et consœur, et aussi plus proche de la réalité…

Ensuite l’ambiance :

Classé dans la catégorie « film d’horreur »…  J’ai eu plus peur l’autre jour quand j’ai cru avoir perdu ma carte de crédit, comme quoi tout est relatif!

C’est vrai que la pluie de « chocapic » ça m’a bien scotché ! Sueurs froides, le palpitant qui s’emballe, l’arrêt cardiaque s’approche à grands pas, ressaisis-toi bordel c’est que des chocapics ! (pas réussi à trouver le sens de cette métaphore d’ailleurs, pourtant j’étais armé de mon manuel de psychologie enfantine… mais bon impossible de trouver la référence, trop sombre dans le ciné probablement)

Donc j’essaye de relativiser en me disant que d’horreur on peut essayer de le classer en film dramatique à ambiance glauque… Non, désolé, ça ne colle pas non plus. L’ambiance j’ai eu du mal, beaucoup de mal pardon, à la cerner. Le dramatique, d’accord, éventuellement, mais bon non, même pas…

Le rythme :

Il leur faut quand même plus de la moitié du film pour rejoindre Eden ou c’est sensé se barrer en couille… un peu long quand même, enfin compréhensible. Dans la mesure ou il n’y a pas de trame, ou le scénario est très, trop léger, les dialogues lourds et alambiqués, il doit être assez difficile d’embarquer le spectateur ou même faire évoluer cette non-histoire à une allure correcte. Et ce, même avec le talent de Lars Van Trier… Imaginez, ça aurait fait tache après du déblatérage pseudo-freudien : « bon, c’est un peu schount la, pourquoi on se shtrace pas à la campagne, à la fraiche… pâté et gobelets en plastique au programme, rien de mieux pour se relaxionner le bulbe et faire le vide afin de trouver la paix de l’âme égarée dans les travers de la société de consommation pernicieuse dans laquelle nous vivons »

anti christ 2

Les acteurs :

Ils sont bons… ou autant que l’on peut l’être face un scénario merdifik… Bref, qu’est-ce qu’ils sont allés foutre la dedans?! Si c’était pour pouvoir se targuer d’avoir tournés dans un film d’auteur, c’est zéro, ils ont déjà donné. Si c’était pour pouvoir se targuer d’avoir été dirigés par Lars Van Trier, c’est très con. Mais bon force est de reconnaitre qu’ils tirent le film vers le haut sans pour autant tirer leur épingle du jeu. (et je dis ça uniquement pour trouver un point positif au film).

Certes, Charlotte Gainsbourg a été primée à Cannes, mais bon Cannes ce n’est pas forcément une référence, ce que l’on aime à Cannes, c’est se tirer la bourre et essayer de passer pour des gens cultivés… et ça, en ce qui me concerne, ça dénote une certaine malhonnêteté de l’esprit, et surtout, un manque flagrant de culture cinématographique, de jugements critiques et surtout de goût. Mais bon, c’est mon avis, et il n’engage que moi. Mais Cannes, c’est juste devenu une grande farce, toujours quasiment les mêmes réalisateurs d’une année sur l’autre, un club élitiste en quelque sorte…

La photo :

Ca va être lapidaire : le jardin du gros Lars… super! Il aurait pu couper l’herbe notre trop bon réalisateur…

L’horreur et l’explicite :

Passer à coté ou au travers, au choix … je ne pouvais pas rester plus longtemps… donc zapper les scènes explicites ou de mutilation (parce que  finalement sans ça, il ne reste rien de ce film, mais alors rien), mais j’imagine que c’était les deux dernières minutes du film… Ma patience était déjà fortement éprouvée après plus d’une bonne heure de projection. Je me suis arrêté juste au début du Chapitre 3.

Maintenant, ils ont fait de l’explicite un moyen de vente… et ça en dit long finalement sur l’inhérent intérêt du film : s’il est besoin d’avoir recours à ce genre d’argument, faire appel à notre voyeurisme inné pour vendre le film… Je laisse le soin à chacun d’en tirer sa conclusion.

antichrist 5

Maintenant pour relativiser:

Force est de constater et de reconnaitre que mon jugement est tronqué… parce que je me faisais chier comme un rat (excusez moi du peu) et surtout par principe, je me suis barré avant la fin : ma façon de protester contre cette escroquerie.

Bref mon opinion: un film prétentieux, chiant, surclassé, le délire égocentrique d’un directeur en panne sèche d’inspiration : much ado about nothing (et ca c’est du Shakespeare, pour élever le niveau). Un autre directeur moins connu se serait permis de sortir un truc comme ça, il se serait fait lyncher par les critiques et on ne nous aurait pas autant parlé de ces scènes explicites et dérangeantes. Mais bon c’est Lars Van Trier, à croire que sa merde sent la rose. Maintenant, il faut aussi se demander ce qu’est devenu le Festival de Cannes, et quels sont les critères de sélection d’un film, parce que là, ça fait se poser des questions, et il y a matière à réflexion. Et je me demande comment il a pu choquer autant cette bande de bien pensant… Certes, j’ai été choqué mais plus par les lacunes de ce non-film. C’est censé être trash et ne pas laisser indifférent, pari gagné il est vrai… Ca ne m’a pas laissé indifférent ou plutôt non pour être précis ça m’a vraiment donné l’impression d’avoir été pris pour un con. Et pourtant je ne suis pas sectaire quand il en vient au film qui sort des sentiers battus… Mais là, non, il y a des limites, c’est plus un sentier battu mais un désert intellectuel et cinématographique. Pas de réflexion sur un thème initialement « prometteur » et puis en être réduit à se servir d’arguments du genre mutilation, scènes explicites pour vendre le bordel, ça veut bien dire qu’il n’y a rien à en tirer… CQFD

Bref, ami cinéphile, si tu veux du trash, de la mutilation et de l’explicite, passe ton chemin ou loue toi Itchi The Killer

Antichrist : une erreur monumentale samedi dernier…  de la matière fécale…

- Jbatman -

amourir


Commentaires (12)

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  1. avatar Caro dit :

    Je ne l’ai pas encore vu celui-là mais la controverse me donne très envie… Je voulais juste dire à JBatman que c’est Lars VON Trier et Willem DAFOE (mais ça c’est juste parce que je suis relou ^^) et en effet, en terme de critique pas du tout objective et trash c’est la meilleure!! (ça me rassure E. ;-) )

  2. avatar Franck C. dit :

    Pas vu ce film encore, mais cette critique, en plus de m’avoir fait sourire, me donne envie d’y jeter un coup d’oeil tout de même !

    Et sinon je conseille aussi Itchi The Killer !

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