Babx en concert à la Maroquinerie le 18 octobre 2010
Multi-instrumentiste et poète maudit, Babx avec son deuxième opus Cristal Ballroom (Warner Music) nous entraîne dans l’ambiance d’une salle de bal où au gré du tourbillonnement de danseurs élégants avant l’apocalypse, chaque chanson à l’instar d’une histoire décline, avec sa tonalité et sa dérive poétique extrême, leurs états d’âme. Magnétique et virtuose.
Et pour décrire cette dernière danse, Babx écartèle les mots, les entrechoque de son phrasé ravageur composé d’allitérations violentes et percutantes qu’il habille d’une musique haute couture, organique, empreinte de mélancolie, de sensualité et de rupture.
Enivré de visions voyageuses (Little Odessa, Mourir au Japon, Bons baisers d’Islamabad), amoureuses ( (Lady L, L rêve d’IL) ou sociétales à l’ère des caméras de surveillance (8h04), l’auteur compositeur interprète dévoile une inspiration foisonnante, puissante, radicale, fiévreuse, entre onirisme et surréalisme, où la rythmique instrumentale et ses soubresauts elliptiques font corps aux rimes et à leur ivresse ensorceleuse.
Avant son unique rendez-vous parisien le 18 octobre 2010 à la Maroquinerie, il nous a convié en toute simplicité, avec quelques autres privilégiés, à un concert acoustique et intimiste dans son studio d’enregistrement à Pigalle. Et dans ce haut lieu aux vibrations habitées, le regard profond et passionné, il a interprété, entre deux mots d’humour avec son style atemporel et son rite onirique qu’il déploie sur scène comme un beau diable, ses titres emblématiques.
Et sa musique reliée à cette inspiration sombre dans un emportement tellurique vibratoire, nous a hypnotisé et sublimé.
Babx est un artiste funambule suspendu à chaque mot qui, sur scène, n’est plus tout à fait le même ni tout à fait un autre, ne le manquez surtout pas, il vous emmènera très haut…
-Amaury Jacquet-
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