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Blacksad, tomes 1 à 3 de Juan Dias Canales et Juanjo Guarnido

[ 8 ] 12/02/2010 |
Cet article a été réécrit à l’annonce de la sortie prochaine du Tome 4 de Blacksad (dont on vous parlait ici en vous montrant une première planche inédite). L’occasion rêvée de vous faire (re)découvrir l’univers tant apprécié de la BD espagnole.

Faut-il encore présenter Blacksad ? Cette bd espagnole est la plus culte du moment et tout le monde se l’arrache. Vous en avez donc forcément entendu parler, et on ne pouvait passer à côté. Cette bd est tout simplement INCROYABLE ! Voilà une expression que l’on utilise pour la première fois sur nos octets.
Alors que l’histoire débute plutôt timidement dans le tome un (Quelque part entre les ombres), elle est vite relayée par Artic-Nation, deuxième du nom et parachevée dans le troisième volume (Ame Rouge) où des personnages plus ou moins secondaires refont surface et structurent ainsi une trame globale plus complexe. Cette prise de hauteur  donne un plaisir grandissant au file des albums. Malgré la qualité d’un scénario classique mais de très grande finesse, respectant tous les codes du polar, c’est l’aspect graphique qui, pour nous, reste gravé en tête. Des dessins à rester cloué sur sa chaise (ou son canapé, ou son lit, ou même à la fnac pour les moins fortunés).
Blacksad tomes 1,2 et 3 (de gauche à droite)

L’idée d’une bd anthropomorphiste est en soi une idée simple, certes, mais d’une efficacité redoutable quand elle est bien utilisée. Or, ici, l’auteur est au service de ses idées. On ne peut que penser en regardant ces dessins, qu’ils sont l’oeuvre d’un maître. Un maître du graphisme? Pas seulement.

C’est à croire que chaque personnage, en fonction de son rôle et des attitudes qu’il prendra, a été méticuleusement choisi, sans que rien ne soit laissé au hasard. Utiliser un ours pôlaire n’aura pas le même impact que mettre un lézard en image. On remarquera en effet que la palette d’expressions de ces animaux n’ont rien à voir et ne permet pas de traduire les mêmes émotions ou états d’âmes.
Il sera facile, par exemple, de montrer qu’un ours montre ses crocs dans un excès de colère. Mais qu’en est-il du lézard? Il me semble donc que l’auteur, qui traduit à la perfection chaque émotion de ses personnages, a une lecture du scénario comme il est rare d’en avoir. Il paraît prévoir qui sera incarné par tel ou tel animal, selon ses besoins, qu’il ressort du script. Ce qui implique un degré de complexité supplémentaire.
Il a, de notre avis, dû se documenter précisément sur chaque espèce d’animal avant de pouvoir avoir une connaissance parfaite et globale des expressions de chacun. Cela lui permettant de faire seulement ses choix d’attribution. Comme dans un film, on devine donc qu’il a fallu faire un casting, c’est-à-dire recenser et retenir un ensemble d’animaux, avant d’en faire la distribution. Et la distribution est ici d’une perfection sidérante. Si elle devait être une partition, aucune fausse note ne serait à relever. Chaque animal dispose de sa palette d’expression et traits de caractères qui correspondent à l’inconscient collectif et la magie opère. Cette bd, c’est un voyage magique, en suspension.

P.S: On se rappelle avoir acheté cette bd après en avoir vu les dessins, par impulsion. Car, et peut être que la nostalgie a fait un gros travail (mais on en doute), impossible de ne pas penser au dessin-animé des années 80, « Moi, Renart » (vous savez, le sacripan?).

- E. -

Voyez et écoutez ça!!:
E.

Commentaires (8)

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  1. avatar Anonymous dit :

    Que dire d’autre à part que c’est ma bd préférée et qu’on ne peut s’arrêter de la lire dès que l’on a commencé!
    je voudrais remercier E. de nous sélectionner de telles trouvailles et de nous les décrire avec un si grand talent; continue comme çà E. , grace à toi , les underground prennent vie!
    longue vie à toi!
    fanfan.

  2. avatar E. dit :

    Vive Blacksad! Vive Renart! et surtout, vive Tistou!!! Et bienvenue sur Publik’Art!!!!!!!!!!!!
    Merci pour tes messages!

  3. avatar Anonymous dit :

    Merci E., mais remercies surtout Mikado de m’avoir ouvert les portes de Publik’Art après avoir trainé ma bosse avec lui pendant ces deux ans.
    Pour les messages je ferais ce que je peux sur les Bandes Dessinées, les mangas et les jeux vidéo pour la future rubrique ^^.

    Tistou

  4. avatar Caro dit :

    En effet la ressemblance est frappante, mais est-ce vraiment un bien? (^^)
    Vive les années 80, le mieux c’est la voix du chanteur!! Il met vraiment du coeur à l’ouvrage « Re-NARD! SAcripan! »

    Haha en tout cas je n’ai lu que le premier tome de Blacksad mais j’avais beaucoup aimé. Certaines planches sont sublimes, pas d’autre mot.

  5. avatar ceegee dit :

    C’est sur que Guarnido maitrise à la perfection les expressions de ses persos/animaux, il ne faut pas oublier qu’avant Blacksad il travaillait chez Disney (et en matière d’anthropomorphisme ils s’y connaissent ^^). Mais Guarnido est aussi remarquable pour sa mise en scène et ses couleurs, il a d’ailleurs sorti un album appelé « Blacksad, l’histoire des aquarelles » dans lequel il publie ses aquarelles préparatoires à la mise en couleur, et c’est une sacrée claque que je recommande à tous les dessinateurs !

  6. avatar C. dit :

    Ouais réédition d’un p’tit billet sympathique du temps du Dojo… et surtout toujours gold edition avec le fameux Renard… souvenirs !

  7. avatar C. dit :

    Et sympa l’image en page d’accueil…;)

  8. avatar E. dit :

    Merci Ceegee pour ces précisions dont j’ignorais l’existence ! Maintenant que tu le dis, ça saute aux yeux, cet esprit Disney !

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