Home / E. / Mangas / Neuvième Art / Blanco, le Chien Blanc de Taniguchi (Jirô)

Jirô Taniguchi (Le Sommet des Dieux, Quartier Lointain) a été dernièrement publié avec Blanco, oeuvre commencée en 1996 et inspirée d’Ernest Thompson Seton, célèbre naturaliste états-unien, né en 1860 et mort en 1946. Il avait du stopper son histoire à l’époque en cours de publication au Japon. Il revient donc sur ce petit raté à travers une nouvelle publication de Blanco qui lui permet de parachever son récit en quatre tomes.
Une ancienne légende inuit raconte qu’une fois tous les sept ans, les esprits de toutes les proies abattues par les chasseurs se réincarnent dans un être surpuissant à l’apparence d’un chien blanc, venu enlever la vie des hommes.
Hiver 1989, Alaska. Deux chasseurs sont attaqués par un chien blanc à la tête d’une meute de loups. Victime d’un assaut extraordinaire de la bête, l’un des deux hommes est tué sur le coup. Par la suite, l’armée américaine met secrètement la tête de l’animal à prix auprès de trappeurs chevronnés. Une chasse est lancée et un carnage a bien lieu : celui de tous les braconniers. Une poursuite acharnée s’engage alors contre ce prédateur…
Quel secret se cache derrière ce simple chien blanc pourtant si redoutable ? Légende maléfique ou secret militaire bien gardé ?
Blanco n’est pas sans rappeler Seton, un autre manga du même auteur autour de la vie et des récits d’Ernest Thompson Seton (publié pour la première fois bien plus récemment: en 2005). Une même source d’inspiration et un même hymne à la nature sauvage. Mais là où les ressemblances peuvent devenir génantes, c’est que le premier livre des aventures de Seton s’intitulait Lobo, le roi des Loups… Un même thème, une même inspiration et un même sujet : le chien/loup. Nous n’avons pas pu nous empêcher de comparer ces deux mangas…
D’un point de vue scénaristique, Blanco s’inscrit dans un genre que l’on ne connaissait pas encore parmi ceux de Taniguchi. Le suspens, l’action et le complot. Un polar (polaire) où les bombes explosent comme les voûtes crâniennes, fracassées à coup de fusil ou perforées sous les crocs d’un Chien vengeur et ravageur. Une oeuvre sanglante, donc, qui surprend l’habitué aux récits « pépères » de Taniguchi. Ce peut être une bonne passerelle pour tous ceux qui ne peuvent se passer d’action tout en étant ouverts à des expériences moins mouvementées et plus profondes. Côté scénario, pas grand chose à voir avec Seton – Lobo, le roi des Loups (ou le livre 1 de Seton) qui était plus axé drame.
Les dessins sont malheureusement assez décevants. Il semble qu’aucune retouche n’a été faite et les détails, s’ils sont là, ne sont pas ceux auxquels Maître Taniguchi nous a habitué. On devine un style d’il y a quelques treize années… En comparaison, les traits de Seton – Lobo, le roi des Loups surpassaient largement nos attentes, ils étaient tout simplement magnifiques.
Blanco présente un univers Taniguchi nouveau : celui de l’action et du complot. Mais il le fait peut-être par le biais d’un autre trop connu de Taniguchi: le naturalisme de Seton. Une quadrilogie à suivre malgré les quelques faiblesses qu’elle peut présenter.
E.
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mai 1st, 2009 at 09:41
C’est le Leo de Taniguchi ou bien?!