Capitalism : a love story
On ne peut pas objectivement dire que Michael Moore ait réussi ses films autant que « Fahrenheit 9/11« , après je ne vais pas vous cacher que j’adore (un peu trop) tout ce qu’il fait. Mais au final, que ça soit raté ou pas, que ça soit bien ou que ça soit gratuit et inutile, on ne peut pas lui reprocher de dénoncer le système de santé, la libre circulation des armes aux Etats-Unis, ou un capitalisme kafkaïen surtout quand il est le seul à le faire.
Avec « Capitalism : a love story« , il tombe moins dans le côté facile de présenter des victimes des excès de la société et des systèmes américains, et sans être hyper documenté, le film montre les rapports entre Wall Street et la politique. Pour reprendre Europe 1, Michael Moore arrive après tout le monde et ne nous apprend pas grand chose de nouveau sur la crise, mais a au moins le mérite de nous faire comprendre, à nous Européens, l’intérêt de préserver nos systèmes actuels.
Moins drôle que dans ses films précédents, ou alors d’un humour différent de celui qui le faisait dire dans « Bowling for Columbine » : « Ah, je voulais savoir … c’est pas dangereux de vendre des armes dans une banque ?« , il reprend son schéma habituel : ici, à partir d’une famille expulsée de chez elle, il remonte jusqu’au plus haut niveau de l’Etat. Il y a des longueurs, surtout sur la fin, on a du mal à tout retenir, le film est moins construit que « Fahrenheit 9/11« , mais ça reste un documentaire à voir sur l’absurdité du système économique et politique américain.
On aura aussi quelques grands passages sur le fait de savoir si ce système soi-disant au service de tous les Américains est en accord ou non avec le catholicisme tellement important aux Etats-Unis (à travers une excellente réinterprétation d’un film sur la mort de Jésus), et sur Michael Moore qui s’est mis en tête d’arrêter lui-même les responsables de la crise.
- Jul -






Que M.Moore dénonce ce qu’il y a à dénoncer, soit. Qu’il le fasse avec humour, aussi. Un cinéaste ? Certainement pas. En revanche, je suis fondamentalement scandalisée par sa façon de considérer qu’aux Etats-Unis tout va mal, et qu’en Europe, la réalité est toute différente. Et toute différente simplement grâce, soi-disant, à des textes de lois et de constitutions qui ont été signés. Une façon de refaire la reconstruction de l’Europe en deux minutes et de façon outrageusement fausse, et surtout d’établir un lien cause-conséquence entre des droits qui nous sont donnés et une situation qui est ce qu’elle est – c’est à dire pas beaucoup plus brillante qu’aux Etats-Unis – totalement hasardeuse. Bref Moore reste un américain, c’est malheureux à dire. Autre grande caricature, cette jolie conception qui oppose les très riches aux autres. Non, le monde n’est pas bipolaire, les choses sont bien plus complexes et c’est peut-être bien l’une des fortes raisons pour lesquelles une ‘révolution’ est difficile à mettre en place. Les méchants et les bons, d’autres documentaires autrement plus fins sont sortis cette année pour éviter cet écueil.
ROooooooooooooooo ! Spoomette tu y vas fort ! Et je pense tout comme toi. C’est bien dit et tellement vrai. Encore un cri du coeur comme je les aime. Faut arrêter de déconner. Les bisounours, ça n’existe pas non plus en Europe. Et c’est pas notre pb si les américains comme MM se bornent à croire que, quelque part, existe un monde meilleur. En tout cas, surement pas chez nous. Et le système juridique n’a jamais rien pu faire pour enfanter des nounours plein de couleurs avec des arc-en-ciel en guise de coeur.
:) Spoomette-Céline Escouteloup écrit bientôt une chronique sur son blog à propos de ce documentaire…
Personnellement je ne vois pas Michael Moore comme un utopiste qui s’imagine qu’il existe un monde meilleur ailleurs. D’accord il exagère par moments, mais pour moi il ne fait que filmer la réalité et proposer des solutions.
Quant à son engagement politique je m’en fous totalement, quelque soit le film que je regarde de Michael Moore je regarde un documentaire, pas un film engagé.
Ah et merci à l’administrateur pour l’amélioration de l’article etla bande-annonce ;)
J’adore littéralement ce film! et merci pour votre critique Jul :-)