Charlotte Gainsbourg à la Cigale le 9 juillet 2010
Après s’être produite en Amérique du Nord, Charlotte Gainsbourg, la discrète, poursuit sa tournée en France pour présenter en live son album « IRM » (Because Music) issu de sa collaboration aventureuse avec Beck, le rocker californien, et s’est posée à la Cigale pour trois dates à guichet fermé.
L’album renvoie des échos planants et inquiétants, mais aussi mélodieux et apaisants, où se mêlent des sonorités brutes et des rythmes cabossés pour un univers éclectique pop, folk, rock, électro pointue et percussions africaines.
Habillée d’un pantalon en cuir noir, d’un t-shirt blanc et boléro, elle arrive sur scène sans faire de bruit, naturelle, lumineuse et réservée.
Et elle enchaîne les titres de sa voix nue et dépouillée, sans artifices, qui se prête à l’ambiance : tribale pour la chanson-titre « IRM » qu’elle joue aux percussions avec une frappe assurée, mélodique et euphorisante (Heaven Can Wait), folk acoustique s’envolant vers les éthers (Time of the Assassins) ou encore symphonique sur un rif au violon avec la reprise du « Le Chat du Café des Artistes ».
C’est toute une collection de bijoux divers et finement ouvragés qui résonnent au son des arrangements sophistiqués et bigarrés où les musiciens qui ont participé à l’enregistrement du disque sont là : Bram Inscore (Basse), Amir Yaghami (Cordes/Guitares/Percussions), Brian Lebarton (Claviers), Nicole Morier (Choeurs/Guitare) Eric Gardner (batterie) et l’accompagnent virtuosement au gré des ballades aériennes, oniriques, et rythmiques électroniques.
Sa très belle version de « Just like a woman » de Bob Dylan sur fond d’une guitare acoustique retient le souffle de la salle et la reprise du répertoire de son père « le plus grand, le plus beau, le meilleur », avec « L’hôtel particulier » extrait du mémorable album « L’histoire de Melody Nelson » et « Couleur café » dont l’orchestration métissée rejoint les influences de son opus, emporte l’émotion.
Une scénographie futuriste et artistique dévoile des lumières bleues, jaunes et rouges avec des tubes de néons verticaux qui encerclent le fond de la scène, espacés par des mini-écrans de TV, qui participent à l’ambiance hypnotique des chansons.
Un concert feutré, perfectionniste et coloré où l’inspiration de l’interprétation et des compositions se font écho et s’offrent, au public séduit, en totale connivence…
En tournée dans toute la France



