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[Critique Film] Stand Alone Complex : Le Rieur (de Kenji Kamiyama)

[ 0 ] 13/05/2009 | E.

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Stand Alone Complex est à l’origine une série TV de deux saisons de 26 épisodes chacune. Tirée de l’oeuvre de Masamune Shirow, créateur originel de l’univers de Ghost in the Shell (l’image ci-dessus vient de la saison 2 : 2nd GIG ; plus d’infos sur ces séries ici), S.A.C. a été ensuite adaptée au cinéma à plusieurs reprises. La production de cette série TV a été confiée au studio Production I.G (Patlabor 1 & 2, IGPX et la séquence animée de Kill Bill Vol. 1) et a été réalisée par Kenji Kamiyama. Mais pour faire les choses dans les règles de l’art, Masamune Shirow a fourni l’idée originale de la série ce qui donne une cohérence d’autant plus forte entre cette série, les manga et les longs métrages cinéma. Une certaine unité entre les diverses adaptations, et adaptations d’adaptation, qui est plus que satisfaisante.

Stand Alone Complex désigne les deux forces contradictoires qui s’exercent sur tout individu : d’une part, la volonté d’affirmation de soi (stand alone), d’autre part, la volonté de s’intégrer dans un ensemble plus grand (complex). Ce mécanisme est décrit par Arthur Koestler dans Le cheval dans la locomotive (en). La technologie des cyber-cerveaux, facilitant la connexion entre les individus, accroît ce phénomène.

Le film le Rieur est un condensé de la première saison (c’est en tout cas ce qu’on a cru comprendre). Petite particularité dans la réalisation du long-métrage : le montage a précédé la phase de création des dialogues. Le réalisateur a monté entièrement le film à partir des images de la série et a décidé seulement ensuite d’y ajouter les dialogues qu’il a modifiés par rapport à la série. En montant le film, il avouera - dans une interview disponible dans les bonus du DVD – avoir modifié le sens et la portée de certains points, ne cachant pas sa frustration. Mais, n’ayant pas vu la série TV, nous n’avons bien sûr ressenti aucune gêne sur ce point.

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Après cette longue mais nécessaire introduction, nous vous précisons qu’un coffret de trois DVD – films vient de sortir chez Beez (l’éditeur qui s’est notamment lancé dans la distribution cinéma avec Sword of the Stranger) compilant ainsi Le Rieur, Solid State Society et Les 11 individuels (pour ce dernier on retrouve Mamoru Oshii, auteur des deux longs métrages qui ont fait la renommée de Ghost in the Shell).

Mais aujourd’hui, on ne s’attardera que sur le premier d’entre eux : le Rieur. Et si l’on ne sait pas qu’il s’agit d’une vulgaire compilation de série de 2h40, on ne peut le deviner du premier coup d’oeil. Imaginez ma désillusion lorsque j’ai appri ça… Un peu floué par une réalisation quasi irréprochable. Un film qui respecte très bien l’univers de Ghost in the Shell tout en proposant une histoire nouvelle. Ce condensé est très bien rendu et ne semble impacter le scénario que positivement. Le montage est donc sacrément bien réussi et l’histoire est aussi nébuleuse que ce à quoi nous avait habitués Mamoru Oshii, les fans ne seront pas déçus.

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Avec ces zones d’ombres et de mystères en suspens, le film ne manque pas d’intérêt. Mais il a lui même ses petits défauts qui le feront moins briller. On pense surtout à la bande originale. Sa compositrice (qui semble être celle des films originels) argue qu’elle souhaitait aérer l’animation par une bande son légère du fait de la lourdeur que peut avoir une série. Malheureusement, on regrettera plus qu’autre chose l’atmosphère justement lourde dégagée par Ghost in the Shell. En collant des morceaux au rythme soutenu proches d’un son rock ou électro-punk, on dénature à notre sens toute la poésie ambiante d’un Ghost in the Shell. Dans Stand Alone Complex, le Rieur, la poésie ne semble pas avoir sa place…

Du point de vue de l’imagerie, et ce sera nos dernières lignes, l’animé est suffisant. Il se contente du minimum de ce que l’on peut attendre d’un film. Simple conséquence d’un remontage de série TV de moins bonne facture qu’un long métrage digne de ce nom (et de cette production).

Stand Alone Complex, le Rieur est au final un très bon film qui se regarde bien volontier. Mais difficile de faire abstraction de certains fantasmes inassouvis comme celui de visionner une oeuvre totalement inédite, le plaisir d’une bande son totalement planante ou encore l’expérience d’une animation plus aboutie…

E.

bien

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Categorie: Critiques Films, Japanimation, Mangas

Commentaires (0)

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  1. ceegeeceegee dit :

    Ah je ne savais pas que ce film était un montage de la série ! Pour ma part, j’ai trouvé le scénario très riche, presque trop, à tel point que l’on est parfois un peu perdu… Mais dans l’ensemble un animé très sympa quand même, avec l’intelligence des Ghost in the shell…

  2. C.C. dit :

    Bien intéressant de voir que c’est une compilation !!! Sais pas où tu l’as appris, mais c’est net que ça fait opération marketing !! Et la BO est pourrie?? Où est passé Kenji???????

    M’a donné envie de faire un billet sur GITS2 (d’autant plus que viens de le re visionner – tiens donc?) !

  3. E.E. dit :

    En fait c’est dans les bonus du DVD que le réalisateur donne une interview pour expliquer comment le film s’est monté. C’est plutôt instructif. Le Bo, je ne sais toujours pas qui l’a faite mais je vais me renseigner :)

    ceegee –> on a bien eu le même ressenti sur ce film ;)

    C. –> Je vais lire ton « petit » billet, grand malin !

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