DanMachi – La Légende des Familias : tome 1 (Ofelbe)

DanMachi
DanMachi – La Légende des Familias : light novel disponible aux éditions Ofelbe

DanMachi – La Légende des Familias : tome 1 (Ofelbe)

C’est avec le tome 1 de la saga d’héroïc fantasy DanMachi – La Légende des Familias, paru le 30 juin dernier, que les éditions Ofelbe ont décidé d’inaugurer leur toute nouvelle collection intitulée très sobrement “LN – Light Novel”.

Contrairement à leur collection classique qui propose des doubles-tomes pour chaque light novel édité et des univers très fantasy, ce nouveau label a pour mission d’offrir une plongée presque initiatique au cœur de la variété des genres, histoires et nouveaux codes littéraires jeunesse qu’abritent le light novel. Et avec DanMachi, le ton est donné d’entrée de jeu : audace et humour sont les maîtres-mots de ce roman rempli de surprises !

Est-ce un tort de chercher des rencontres romantiques dans un donjon ?” : DanMachi est l’abréviation du titre original de la saga, Dungeon ni deai o motomeru no wa machigatteiru darō ka. Et, sans en avoir l’air, ce titre en dit déjà très long sur l’histoire en elle-même, surtout sur son originalité.

Quand la fantasy donne le beau rôle aux femmes…

Avec DanMachi, le lecteur est, certes, d’emblée accueilli dans un univers fantasy familier et sans réelles surprises à tous les lecteurs du genre. La célèbre ville d’Orario – célèbre pour les dieux s’y étant installés – accueille de nombreux aventuriers qui viennent se perdre dans les dédales du donjon labyrinthique niché sous les profondeurs de la cite et parsemé de créatures en tous genres. La légende raconte que les dieux bénissent ceux qui s’y aventurent, et leur apportent gloire, richesse, puissance et surtout les femmes… Ces mêmes femmes qui parcourent elles aussi le donjon !

Le héros du roman, Bell Cranel, jeune adolescent naïf de 14 ans éperdu d’aventures et travaillé par ses hormones, s’y aventure à son tour. Il espère surtout pouvoir faire ces fameuses rencontres romantiques qu’il évoque dans le titre de la saga, et ce, dans l’unique but de se constituer un harem… Dans la tradition littéraire, au fil des siècles, il est presque toujours de coutume pour les héros (même à un âge qui semble bien “trop jeune” aujourd’hui pour le lectorat occidental) de courtiser de jeunes femmes, souvent belles et riches, perchées en haut de leur tour, de leur balcon ou de leur donjon, et dans lesquels elles sont souvent retenues ou enfermées contre leur gré dans l’attente d’être libérées.

[D]élicieusement burlesque (…)

À l’inverse, dans ce roman, les rapports hommes-femmes sont revus (presque) à égalité et c’est plutôt appréciable dans le genre littéraire de la fantasy où le sexe féminin est souvent considéré comme le sexe inférieur (même si dans une certaine mesure, DanMachi n’échappe pas à la règle). Ici, les femmes sont intrépides, exploratrices et dominatrices ; à l’égal des hommes, elles s’y retrouvent au même niveau, “en bas”, s’enferment d’elles-mêmes dans les donjons pour témoigner de leur liberté d’action et de mouvement tout en étant également à la recherche de gloire.

Le lecteur est d’ailleurs confronté avec Bell Cranel en bien mauvaise posture dès la scène d’ouverture puisque c’est une jeune guerrière prénommée Aiz Wallenstein – et dont il va tomber amoureux – qui vient le secourir pour le libérer des griffes d’un monstre ! Chercher des rencontres romantiques dans un donjon ne paraît donc pas s’y absurde, contrairement à ce que pouvait laisser supposer le titre dès le départ : le ton employé dévoile toute la naïveté du personnage, le côté délicieusement burlesque qui se dégage du roman et le sens de l’aventure dangereuse dans laquelle Bell Cranel se retrouve emporté.

Comme un jeu vidéo ludique et fascinant qui se transforme en roman d’apprentissage…  

Pour les amateurs de jeux vidéo, et notamment de MMO, DanMachi présente de plus un univers qui leur sera également familier puisqu’il est construit et expliqué comme tel : gain d’expérience, nouvelles compétences à acquérir, augmentation de niveaux, système de “guildes” qui se retrouvent dans les “familias” auxquelles nous avons affaire tout au long de ce premier tome et qui sont au cœur même de la saga.

Pour un lecteur néophyte, non amateur de jeux vidéo ou de l’univers manga, il peut être difficile de s’approprier DanMachi dès les premières pages mais la lecture en vaut la peine et devient très vite accessible au plus grand nombre. Dans une langue limpide et aérienne, l’auteur Fujino Omori prend soin, au-delà d’une introduction in medias res un peu abrupte, de bien détailler tous les pans de son univers. Il faut avant tout s’habituer au ton employé. Le héros étant un adolescent au début de son voyage initiatique, il possède de nombreux défauts qui transparaissent indéniablement dans le style, ce qui n’est pas plus mal car au fur et à mesure des pages qui se tournent, on assiste à sa progression.

La façon d’expliquer la montée en puissance de Bell et de sa coéquipière Hestia, déesse qui l’a pris sous son aile, est très agréable. Fujino Omori prend toujours grand soin de bien détailler le fonctionnement du “jeu”, comment se gagne l’expérience, les nouvelles compétences…

Inutile non plus de craindre un monde trop japonisant : l’auteur dévoile une panoplie de dieux et déesses dont les noms et personnalités sont connus de tous (Loki, Hephaïstos, Hestia…). Mais dans DanMachi, ils n’ont en commun que le nom. Il s’approprie les différentes mythologies pour recréer les dieux, jouer sur leurs atouts et points faibles si bien qu’ils en deviennent presque méconnaissables… pour des situations parfois rocambolesques !

Tout est à prendre sur le ton de la légèreté et de l’humour tant l’ambiance et les personnages qui peuplent le premier tome sont sympathiques. On se laisse porter par les aventures de Bell Cranel, on sourit devant les créatures toutes plus hideuses les unes que les autres qui traversent son chemin, on s’étonne de la pluralité des familias et des personnalités qui s’écrivent sous nos yeux. On peut peut-être s’exaspérer du côté “tombeur de dames” qui poursuit le héros, tant les femmes sont parfois toutes très simplement intriguées par lui… Mais il est facile de passer outre car ces situations sont toujours traitées avec détachement et somme toute assez caractéristiques des romans jeunesse japonais de base.

[L]’essence même de DanMachi est surtout le passage à l’âge adulte.

Les motivations de Bell évoluent au gré des pages, et on assiste à une véritable éclosion de l’adolescent au fur et à mesure qu’il brave les dangers et qu’il gagne en maturité au côté d’Hestia. D’adolescent bien trop obnubilé par les femmes, il devient plus aguerri, agile et conscient du monde qui l’entoure.

Car l’essence même de DanMachi est surtout le passage à l’âge adulte. Les jeunes lecteurs sauront s’y retrouver et apprécier ce roman, car des thématiques essentielles sont traitées à travers le personnage de Bell : perte de l’innocence, découverte de la cruauté du monde et du mal, premiers émois amoureux, difficultés de vivre et de traverser les dangers… Elles sont d’autant plus parlantes qu’elles sont abordées sous le prisme d’une plume légère qui ne se prend presque jamais au sérieux, ce qui ne donne pas un côté moralisateur à ce premier opus…

Et dont la conclusion est une invitation irrésistible au prolongement de l’aventure : le donjon d’Orario abrite encore de nombreux mystères, les créatures rôdent toujours, les machineries des dieux sont toujours en cours d’opération et il commence à y avoir du grabuge dans certaines familias…

En plus d’être un bel objet avec des illustrations de qualité, le tome 1 de DanMachi – La Légende des Familias se révèle être une excellente introduction à un univers complexe et bucolique dans lequel on plonge avec plaisir. Une lecture comique bienvenue autant sous le parasol au soleil qu’à l’ombre sous la couette.

N.B. : Rendez-vous le 8 septembre pour la suite !

RESUME DE L'EDITEUR ET INFOS


DanMachi_CouvTome1Nombreux sont les dieux venus s’installer dans la Cité-Labyrinthe d’Orario, bénissant les mortels qui s’aventurent dans son dédale souterrain en quête de pouvoir, de fortune… ou de filles ? ! C’est en tout cas le souhait de Bell Cranel, un aventurier novice sous la bénédiction de l’impopulaire déesse Hestia. Sauvé de justesse par la belle Aiz Wallenstein, une épéiste hors pair, Bell s’engage à suivre ses traces et à devenir un aventurier digne de se mesurer à elle. Bien décidé à relever ce nouveau défi, Bell plonge dans le mystérieux Donjon avec une énergie nouvelle qui ne manquera pas d’attirer l’attention de certains dieux.

Date de parution : le 30 juin 2016
Auteur : Fujino Omori
Editeur : Ofelbe
Prix : 12,99 € (302 pages)
Acheter sur : Amazon

Note
Originalité
Scénario
Qualité de l'écriture
Plaisir de lecture
Priscila Selva
Étudiante en commercialisation du livre, je marche vers le chemin de la gloire et du succès à coups de stages et de chocolats au lait. Probable attachée de presse en devenir, je suis également plutôt férue de pop culture.

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here