Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier

Dans la Brume électrique est l’adaptation faite par Bertrand Tavernier du sixième des dix-sept romans (intitulé In The Electric Mist with Confederate Dead et sorti en 1993) de James Lee Burke auteur de la série des Dave Robicheaux. Et pour incarner ce Dave, le vieux flic abonné aux AA (alcoolique anonyme), Bertrand Tavernier n’a rien trouvé de mieux que de faire jouer LE flic grincheux par excellence : Tommy Lee Jones.
Dans la brume électrique porte bien son nom : une atmosphère lourde, moite et suintante. Sur fond d’enquête policière, on est amené à suivre un Tommy Lee Jones à l’esprit confus, perdu dans tout ce brouillard et cette chaleur implacable qui donne presque la nausée. Un Tommy Lee Jones en proie aux allucinations qui crève l’écran.

Bertrand Tavernier a adapté cette histoire avec l’aide de l’auteur du livre chez qui il est allé habiter quelques temps de manière à s’en imprégnier. Il en a notamment changé la période. On passe de la guerre de sécession originelle à l’après Katrina. Il nous fait débarquer dans une Louisiane dévastée par l’ouragan. Une remise au goût du jour qui ne semble pas franchement opportune comme en témoigne la présence très forte du spectre de l’oeuvre originale dans le film. Pourquoi n’avoir pas tout simplement exploité la période initiale plutôt que d’en avoir fait le fantôme de l’adaptation? Pas de réponse, d’autant que l’on n’y trouve pas d’utilité.
Le scénario est assez décousu. Certaines intrigues nous aspergent le visage sans qu’on comprenne le pourquoi de leur présence et disparaissent aussi sec, sans qu’on y ait apporté de réponse. Très étrange. Pour le reste, on aime patauger dans les marais avec Tommy Lee Jones mais les quelques rares obstacles qui s’y dressent sont miraculeusement déjoués (la faute au hasard). Il échappe à tous les coups à la mort. Dans cette continuité, il nous a paru que la fin était des plus ridicules. Une happy end torchée en trois secondes. On a rarement vu pire et c’est dommage.
Malgré la prestation de Tommy Lee Jones et l’ambiance générale plutôt nouvelle du film, il manque de la chair après l’os. Il n’y a pas grand chose à voir. Déception, donc!
E.




Tiens, Tommy Lee Jones en shrief cow boy? Etrange sensation de deja vu…
OUais apparemment ca n a pas l air tres follichon… Je suivrai donc ton conseil!
Il n y a vraiment rien a retirer de ce film. L histoire ne fait pas la réussite du film ,car il n y en a pas. Un vide très peusant, mais peut être voulu vu le titre, mais il manquerait alors un peu de électricité quand même. Ne lui cherchons pas de excuse ce film est sans intérêt .
Ouais, ouais, pas top du tout!
Et moi je trouve qu’il n’est pas utile de tout comprendre et de tout résoudre pour aimer à la folie.
Ah Pascale a aimé? Ca m’intéresse bcp car j’aurais voulu le voir mais suis bien refroidi par une électricité bien pâlotte !
Pascale —> j’aime bien ne pas tout comprendre quand la cohérence d’une oeuvre permet des interprétations différentes. Mais ici, il n’y a rien à interpréter. Il y a beaucoup trop d’éléments inutiles dans ce film.
C.—> tu veux la place des opinions de Pascale? C’est par ici que ça se passe : http://www.surlarouteducinema.com/archive/2009/04/15/dans-la-brume-electrique-de-bertrand-tavernier.html
Peut-être que ça réchauffera tes ondes !!
Par exemple je trouve bienvenue la « remise au goût du jour » (qui irait voir un film qui se passe pendant la guerre de sécession ? même pas les ricains qui ont refusé ce film sur leurs grands écrans !) avec l’apparition du général Sudiste que j’interprète comme le « délire » d’un (ancien) alcoolo qui a des visions… tout comme ses accès subits de violence qui prouvent (selon moi) que son problème de dépendance est loin d’être résolu… qu’il n’est pas simplement l’idéaliste qui rêve d’un monde meilleur mais aussi un homme en proie à ses démons… d’où son attachement à la jeune star hollywoodienne etc..;
J’espère que C. se laissera convaincre et embarquer.
Oui, c’est bien vu Pascale, mais ça n’ajoute rien au scénario je trouve. Dans un Lynch par exemple, l’histoire toute entière bascule si on interprète dans un sens ou dans un autre. C’est comme un puzzle, les interprétations sont des pièces du jeu et si on les modifie, ça change la donne. Ici, au contraire, on peut interpréter tout ce que l’on veut, ça n’a pas grande influence sur l’histoire. Il n’y a pas d’imbrication. Il manque un noyau dur à tout cela. Et moi je suis perdu (ou embrumé!) sans mes repères! L’histoire est très secondaire en fait. Elle n’a pas grande importance. Et un film qui ne raconte pas d’histoire, j’ai du mal….
N’empêche que moi, je vais y aller et espère être séduit !
Sympa ces petits échanges !!
Même avec un certain a priori, je me suis laissé partir et cautionne la vision de Pascale. Si ce n’est pas pour le scénario qu’on aime, c’est pour l’ambiance à la présence énigmatique. Si TLJ ne s’égare pas trop dans un rôle qu’on ne lui connaît pas, on en reste toujours autant admiratif.
Seul reproche, le titre plutôt mauvais. Electrique… mmouais.