Dark Shadows, un film de Tim Burton

[ 0 ] 12/05/2012 |

Sortie le 9 mai 2012

Synopsis officiel : En 1752, Joshua et Naomi Collins quittent Liverpool, en Angleterre, pour prendre la mer avec leur jeune fils Barnabas, et commencer une nouvelle vie en Amérique. Mais même un océan ne parvient pas à les éloigner de la terrible malédiction qui s’est abattue sur leur famille. Vingt années passent et Barnabas a le monde à ses pieds, ou du moins la ville de Collinsport, dans le Maine. Riche et puissant, c’est un séducteur invétéré… jusqu’à ce qu’il commette la grave erreur de briser le cœur d’Angelique Bouchard. C’est une sorcière, dans tous les sens du terme, qui lui jette un sort bien plus maléfique que la mort : celui d’être transformé en vampire et enterré vivant.?Deux siècles plus tard, Barnabas est libéré de sa tombe par inadvertance et débarque en 1972 dans un monde totalement transformé…

On attendait le nouveau Tim Burton au tournant après la petite déception que provoqua son dernier film, la version 3D et revisitée d‘Alice au Pays des Merveilles en 2010.

Dark Shadows ne déroge pas à l’univers burtonnien : manoir, vampire, amants cadavériques … et évidemment Johnny Depp, fidèle allié du réalisateur depuis le fabuleux Edward aux Mains d’Argents.

Dans son nouveau film, Tim Burton se réapproprie une série télévisé américaine éponyme diffusée dans les années 70, un soap opera fantastique mettant en scène la même famille. Ici Barnabas, un ancêtre vampirique, refait surface chez les Collins dans les années 70. Les longues robes à corset ayant laisser leur place aux mini jupes chez les demoiselles, il est difficile pour le vampire de s’acclimater d’autant plus qu’Angélique Bouchard, une sorcière éprise de lui (sublime Eva Green), n’a pas démordu depuis deux siècles.

Le comique de Dark Shadows réside évidemment dans le décalage entre les belles manières et le langage châtié de Barnabas à une époque où les hippies prônent la liberté des corps et où Cher se déhanche à la télévision.

La force du cinéaste tient aussi en sa critique (dénuée de tout cynisme) de la société américaine, subissant les dictats de la consommation. Ainsi le M de Mac Donald est associé à celui de Méphistophélès, le diable donc.

Autre atout, les films de Tim Burton sont originaux et reconnaissables dès les premières secondes, il est donc tout à fait justifié que le réalisateur évoque par des images ses œuvres précédentes : une scène de baiser mémorable entre Barnabas et Angélique n’est pas sans rappeler une autre entre Catwoman et Batman (Batman le défi en 1992) et la dernière séquence est un bel hommage aux Noces Funèbres.

 

Cependant il semblerait que la nouvelle technologie dont bénéficie le septième art enlève quelque peu à Tim Burton de sa fantaisie. Les époustouflantes créations mise en oeuvres dans L’Etrange Noël de Monsieur Jack ou encore Beetlejuice relevaient d’un savoir-faire maison. A l’heure où un simple ordinateur fait des merveilles, brouillant parfois dans le milieu du cinéma la frontière entre artisans et artistes, il est paradoxalement difficile d’être très créatif. Tim Burton peine sur cet aspect, mais sait rester fidèle à son univers horrifique et enfantin.

Malgré quelques faiblesses, de rythme principalement, Dark Shadows reste un bel objet burtonnien. Barnabas dit de son manoir qu’il conjugue « l’élégance européenne et le savoir faire américain »; il en va de même pour le cinéma de Tim Burton.

Les plus déçus pourront se consoler en allant à la Cinémathèque française où l’exposition Tim Burton rend compte de manière exceptionnelle de l’univers du cinéaste jusqu’au 5 août.

Mégane Mahieu


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