Dieu de Woody Allen mise en scène par Nicolas Morvan
« Non seulement Dieu n’existe pas, mais essayez d’avoir un plombier le dimanche ! ». Woody Allen est l’auteur de cet aphorisme pour qui l’écriture, toujours fleuve, est un moment jubilatoire.
Dans cette pièce délirante sur un fond de parodie de tragédie grecque, l’écrivain new-yorkais s’amuse à mêler la fiction et la réalité ou vice versa, à confondre la scène et la salle, à mélanger les époques, à convoquer des personnages loufoques, célèbres ou inventés, jusqu’à Dieu lui même, c’est- à-dire Zeus.
Et aussi Woody himself avec ses obsessions et ses grandes questions existentielles tournées en dérision : Le public existe-t-il ? Sommes nous responsables de nos actes ? L’homme peut-il échapper à son destin ? La liberté est-elle le chaos ?
Dans la Grèce antique, deux grecs, un auteur (Hépatitis) et un acteur (Diabétès), cherchent désespérément un épilogue à leur pièce.
Ils philosophent de concert confrontés à cette évidence : « Tout a un début, un milieu et une fin…sauf un cercle ». Et à partir de cette relativité, les interrogations sur le statut de l’acteur et son libre arbitre fusent de toutes parts et convoquent le burlesque cérébral et absurde de Woody ainsi que le public. Une pièce dans la pièce où de vrais faux spectateurs monteront sur scène, Hépatitis fera la cour à une jeune délurée de la Courneuve, tandis que le comédien, initialement choisi, excédé lancera un S.O.S au dramaturge américain.
Dans cette confusion drôle mais parfois potache où les personnages et les situations dans le temps se télescopent, les héros se désacralisent en se confrontant à des questions métaphysiques ou primaires et redeviennent farouchement humains, guidés par l’orgueil, l’envie, et le sexe.
La mise en scène épique de Nicolas Morvan impose une énergie et des trouvailles inattendues. Et concilie « dans un joyeux désordre très organisé » la nature du propos avec la démesure des gags où les huit comédiens borderline, dans un jeu soudé, s’en donnent à cœur joie.
Les inconditionnels de Woody Allen retrouveront dans ce spectacle déjanté ses angoisses existentielles qui n’ont d’égales, ici-bas, que son autodérision mordante et attachante…
Manufacture des Abbesses jusqu’au 26 juin 2010
Loc : 01 42 33 42 03
manufacturedesabbesses.com
-Amaury Jacquet-





Tous les matins je vois l’affiche à la sortie du métro, il serait temps que je sorte de ma grotte pour aller au théâtre, la pièce a l’air vraiment bien, délirante à souhait, du Woody tout craché…
Oui, ça a l’air bien déjanté !
Mais avec des accents de vérité sur notre Monde de fous… Comme Woody…
Une pièce emballante ! Ce Woody ns étonnera toujours. L’idée du vrai faux public est tout bonnement géniale !