Exposition « Double Je » de Daniel Hourdé, à Paris
Exposition du 17 juin au 7 juillet 2011 à la Mairie du 6ème à Paris
Derniers jours pour contempler l’exposition « Double Je » de Daniel Hourdé où il dévoile, entre la Mairie de Paris du 6e arrondissement et la place Saint Sulpice au cœur de Saint Germain des Prés, une vingtaine de sculptures en bronze, de dessins et installations inédits.
Le calme et la sérénité du salon du vieux colombier offre un écrin magnifique à cette exposition où le corps s’incarne sur les thèmes chers à l’artiste du dédoublement et de la vanité.
« Le corps humain est le fondement du travail de Daniel Hourdé. Figure essentiellement masculine et puissante, ses bronzes s’inscrivent dans la grande tradition humaniste des Grecs anciens, qui mettent en avant la contorsion de la melancolia ». En paradoxe, l’artiste offre des visages confus, effacés, non identifiable et souvent morbides.
Ainsi comment ne pas entrer en compassion pour cet homme grandeur nature, recroquevillé sur lui même, gisant sur une pierre, dont le crâne ouvert vomit des cristaux émeraude ?
La sensualité organique du corps humain est exacerbée sur d’immenses panneaux transparents où se démultiplient les muscles, les courbes dessinés au fusain, sans jamais laisser apercevoir de visage.
A l’étage, la noblesse du corps est souillée par des éléments récupérés, morceaux de plastique entachés de peinture, serviette-éponge, cœur de pigeon, paquets de cigarettes écrasés ou pinceaux d’artiste usagés.
L’exposition se poursuit sur la place de Saint Germain des Prés avec des bronzes majestueux, tel la « Désillusion totale », statue d’un oiseau monumentale érigée devant l’Église Saint-Germain-des-Prés. Les sculptures, très proches les unes des autres semblent faire une chorégraphie infernale où le spectateur ne peut que entrer dans la ronde ou décliner sagement et avec humilité l’offre de ses incubes de bronze.
L’artiste oscille constamment entre la pureté de l’art académique de par ses lignes et sa technique (le travail se fait d’après modèle) et entre un imaginaire douteux, sombre et profane qui aime à se mêler parfois à la dérision et à l’humour.
S.Evérika
Exposition jusqu’au 7 juillet
Lundi au vendredi : 11h30 à 17h / jeudi jusqu’à 19h / samedi de 10h à 12h.
Mairie du 6e – Salon du Vieux Colombier
78 rue Bonaparte – 75006 Paris
Tél. 01 40 46 76 60
et Place Saint-Germain des Prés.
Categorie: Art Contemporain







Quelle complaisance! Certes,il y a du métier, et certes encore, le thème de la vanité est source de réflexion, de l’Ecclésiaste au « Bûcher » de Tom Wolfe. Mais sur-valoriser l’oeuvre en faisant référence à une tradition « humaniste » de la Grèce antique, n’est-ce pas un peu forcer la démonstration (ce terme serait à définir, à tout le moins, de même que celui de melancolia, qui fut l’objet d’une exposition majeure à Paris il y a quelques années). Le traitement du corps, qui en effet « s’incarne » (c’est d’ailleurs à cela qu’on le reconnaît), relève bien ici de la « morbidita ». Du coup, il ne s’agit en rien de « sensualité » à laquelle le terme d’ »organique » qui lui est attaché donne une tonalité inutile, étrangement suspecte, et qui lui interdit à tout le moins d’être « exacerbée ». Ne voyez-vous aucune contradiction avec « la noblesse du corps (…) souillée » par des rebuts? Les bronzes de la place de Saint Germain des Prés, s’ils sont monumentaux, ne sont en rien « majestueux », ou alors les mots n’ont plus de sens. Par ailleurs, merci pour la « chorégraphie infernale » juste devant l’entrée de l’Eglise de Saint-Germain; vraiment, merci pour l’intention! Des gargouilles se comprenaient originellement dans la conception de nombre de temples, mais certainement pas des « incubes ». Non, décidément, personne dans mon entourage n’est entré « dans la ronde », et si nous « déclin(ons) » quelque chose c’est l’invitation à l’admiration factice. Vous êtes dans le vrai lorsque vous évoquez « un imaginaire douteux, sombre et profane », lequel ne sollicite pas vraiment notre « humour ». Une lassitude nous prend devant les squelettes et têtes de mort proposés à notre admiration place Furstemberg, mais aussi devant l’article dont le ton obséquieux laissent songeur.