Exposition « Nuits blanches et chambres noires »/ Centre culturel canadien à Paris

Derek Michael Besant, Restless Nights, Motel Bed #9, 2011
Exposition « Nuits blanches et chambres noires »
Du 26 septembre au 26 octobre 2012
Centre culturel canadien
5, rue de Constantine – 75007 Paris
Dans le cadre de la Semaine des Cultures Étrangères et de Nuit Blanche 2012, le Centre culturel canadien présente deux expositions qui se font écho autour de l’idée de révélation : Nuits blanches de l’artiste de Calgary, Derek Besant et Chambres noires du photographe québécois, Michel Campeau.
L’installation Nuits blanches de Derek Besant plonge le spectateur dans un univers mystérieux où des images flottantes, chambres de motels vides et dématérialisées à l’aspect de scènes de crime, deviennent des surfaces de projection fantasmatique. Tandis que les Chambres noires de Michel Campeau nous font paradoxalement voyager dans des espaces fermés. Ces lieux secrets et désormais obsolètes sont ceux du laboratoire du photographe, du temps où l’image s’y révélait dans l’obscurité.
Derek Besant : Nuits blanches
Nuits Blanches nous convie à une expérience intime renvoyant à un aspect particulier, plus filmique que photogénique, de l’imaginaire du vaste paysage canadien. Il se réfère notamment à ces interminables trajets et ces stations impersonnelles le long de routes désertes qu’il faut emprunter pour traverser le pays d’est en ouest. Il s’agit d’un voyage de nuit métaphorique et solitaire, une sorte de road movie qui nous conduit d’une chambre de motel à une autre, avec ses lits défaits, témoins muets de nuits agitées servant de cadre au récit d’un drame. Une bande son hybride, alliage intrigant de musiques, de bruits et d’histoires, immerge le visiteur dans une narration ouverte irrésistiblement productrice d’émotions.
Les Nuits Blanches de Derek Besant sont en fait des chambres noires, des images « négatives » au sens lumineux du terme, dépouillées de toute particularité anecdotique et habitées par des traits. Traits de contour innervant une image fantôme ; traits plus troubles ne dévoilant que plis et replis. Composée de toiles photographiques grand format imprimées avec une encre thermale suivant un procédé de haute technologie, l’exposition Nuits blanches est tirée de la série 15 Restless Nights créée en 2006 à l’occasion du 30e anniversaire du Harbourfront Centre de Toronto.
Cette série a circulé à travers le Canada ainsi qu’en Europe de l’Est.
Derek Besant vit à Calgary. Ses oeuvres multimédias explorent les thèmes du sommeil, de l’immersion, de la migration, de l’absence et les récits sous-jacents. Elles comportent souvent une dimension sonore et plusieurs ont été réalisées en collaboration avec des écrivains. En association avec l’une des plus importantes compagnies canadiennes de tableaux d’affichage public « The Pattison Outdoor Group », disposant d’une technologie de pointe, Derek Besant s’est illustré sur la scène internationale avec des installations publiques monumentales présentées dans plusieurs métropoles. Besant a représenté le Canada dans de nombreuses biennales internationales, notamment à Londres, Cracovie, Liège, Tallinn, Barcelone, Rome et Tokyo. Son travail, exposé à travers le monde, a remporté des prix internationaux, comme à Novosibirsk, Los Angeles, Londres et Györ.
![Michel Campeau - Sans-titre 7987 [Montréal, Québec]- La chambre noire, 2005-2009](http://publikart.net/wp-content/uploads/2012/08/Michel-Campeau-Sans-titre-7987-Montréal-Québec-La-chambre-noire-2005-2009-550x412.jpg)
Michel Campeau, Sans-titre 7987 [Montréal, Québec], La chambre noire, 2005-2009
Michel Campeau : Chambres noires
Constituée d’une trentaine de photographies couleur réalisées entre 2005 et 2009, Chambres noires élabore le portrait composite de ce lieu de révélation en voie de disparition qu’est la chambre noire. Morceaux de chambres noires visitées au Vietnam, au Niger, au Mexique, à Cuba, au Canada, en Allemagne, en Belgique, en France, ces images sont à la fois intimes et transnationales. Sans la moindre nostalgie et sans céder à la tentation d’élaborer une image photogénique de ce lieu réservé, d’accès limité et soustrait à la lumière, Campeau photographie l’attirail et le fatras de l’artiste. Il s’intéresse de même au cadre de travail du photographe, où instruments et techniques ainsi que les traces des manipulations ne servent plus à révéler une image, mais deviennent à leur tour l’objet de l’image. Livrée en morceaux empruntés à des cultures et territoires divers, exclusivement soumise à un regard de près qui interdit toute vue d’ensemble et renvoie à une présence individuelle et subjective, l’idée même de la chambre noire n’est ainsi pas vraiment révélée, ni vraiment objectivée, gardant une extraordinaire puissance imaginaire.
Cette série a fait l’objet d’une importante monographie, Darkroom, publiée en 2007 par Nazraeli Press (USA) dans la collection dirigée par Martin Parr ; elle a également fait l’objet d’un dossier exclusif dans le magazine new-yorkais Aperture. Exposé pour la première fois à Paris, cet ensemble a d’abord été montré aux Rencontres d’Arles de 2010, puis au Château d’eau de Toulouse et, cet été, au Musée Nicéphone Niepce de Chalon-sur-Saône.
Michel Campeau vit à Montréal. Ses travaux jalonnent les quatre dernières décennies de la photographie contemporaine. Soucieux de les inscrire dans une intériorité allant à contre-courant du médium et en rupture avec les conventions formelles du documentaire, Michel Campeau expérimente les dimensions subjectives, narratives et ontologiques de la photographie. Les oeuvres de Campeau ont été exposées notamment dans New Typologies, au New York Photo Festival à Brooklyn en 2008 et aux Rencontres d’Arles en 2010. Parmi les grandes expositions personnelles présentées ces dernières années, notons la rétrospective Les images volubiles – Travaux photographiques, 1971-1996 organisée par le Musée canadien de la photographie contemporaine à Ottawa. En 1994, Michel Campeau a remporté le Prix international de la photographie d’Higashikawa au Japon. Il est récipiendaire du Prix du Duc et de la Duchesse d’York décerné par le Conseil des Arts du Canada.
Nuits blanches et chambres noires est présentée dans le cadre de la programmation de la Semaine des cultures étrangères et de Nuit Blanche 2012. A noter que le Centre culturel canadien sera exceptionnellement ouvert le samedi 29 septembre (12h à 18h) ainsi que le samedi 6 octobre (18h à 2h) pour ces deux évènements.
Categorie: Art Contemporain








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