Fable 2 sur X-box 360 (Lionhead Studios/2008)

Tous les jeux de rôle et d’aventure imposent le caractère de leur héros. Le joueur n’a donc aucune influence sur sa personnalité et sur le regard que peuvent lui porter les autres personnages. Pouvoir intégrer le libre arbitre dans un jeu vidéo était le fer de lance du projet d’envergure des studios Lionhead sorti sur Xbox il y a quelques années. Seulement, si Fable affichait des graphismes de haut vol, il était loin de tenir toutes ses promesses. L’interaction avec le monde d’Albion ne se limitait en effet qu’à quelques choix, certes cruciaux, que l’on était amené à prendre à certains moments de l’aventure. La multitude de possibilités dont nous parlaient les développeurs n’était qu’un leurre, et les rêves d’immersion du joueur se transformaient en une grande frustration. Fable premier du nom n’en demeurait pas moins un agréable et très joli jeu d’action/aventure, mais sa faible durée de vie et son contenu limité, eu égard aux attentes qu’il a suscité, l’ont empêché de devenir un incontournable, statut auquel il était destiné.
500 ans plus tard dans le monde d’Albion, quelques années plus tard sur Xbox 360, Lionhead Studios remet le couvert avec Fable 2, censé cette fois-ci respecter les grande lignes de son cahier des charges. Les environnements sont plus vastes, les décors plus détaillés, les graphismes splendides, la plastique est donc irréprochable. L’humour très british est toujours bien présent et c’est avec admiration et curiosité qu’on parcourt les grandes étendues rurales et autres bourgades de ce monde médiéval. Mais qu’en est-il du contenu ? Le joueur va t-il pouvoir véritablement incarner le héros, interagir à sa guise avec les PNJ (personnages non jouables) et influencer le cours et l’issue de l’histoire ?
Le héros dispose d’une palette variée d’expressions pour interagir avec la population d’Albion. Vous pourrez faire rire, peur, complimenter, menacer et j’en passe. Chaque PNJ est plus ou moins réceptif selon l’action sélectionnée. Il est ainsi possible de se faire craindre ou apprécier, se faire offrir des cadeaux ou encore s’attirer les faveurs d’une femme. Vous pourrez vous marier (plusieurs fois^^) ainsi qu’avoir des enfants et un foyer (ce qui vous coûtera un loyer journalier mais vous apportera divers bonus). Dans le monde d’Albion, tout s’achète et se vend, des équipements aux biens immobiliers et commerces. Pour gagner, de l’argent, plusieurs métiers peuvent être exercer tels que bûcheron, forgeron, barman, assassin, mercenaire… Une fois propriétaire foncier, vous percevrez des loyers ainsi que les bénéfices de vos commerces. Rien ne vous empêche également de pénétrer chez autrui pour voler des biens afin de les revendre ou de les utiliser à des fins personnelles.
En fait, il appartient à chacun d’adopter le comportement qu’il lui plait. Baissez les loyers ou le prix des marchandises des magasins dont vous êtes propriétaires, rendez vous agréable en étant de bonne compagnie, et la populace vous aimera. Ou bien au contraire, augmentez considérablement les prix et loyers, pillez les maisons, tuez sans état d’âme d’honnêtes citoyens, et devenez le pire ennemi des habitants d’Albion. Toute l’aventure repose sur des choix, des décisions prises au cours de l’aventure principale jusqu’au type d’alimentation adoptée (attention à ne pas devenir obèse !). Chaque action/choix a pour conséquence de modifier votre « alignement », lequel est divisé en deux jauges ; bonté/méchanceté et pureté/corruption. Et de votre « alignement » dépend le comportement des PNJ à votre égard, les propositions d’emploi, certains événements clés et surtout votre apparence. Vous pourrez en effet ressembler à un doux prince comme à une horrible bête à corne !
Malheureusement le jeu n’est pas exempt de (petits) défauts. Heureusement, ils ne sont jamais rédhibitoires. Si l’intégration du « libre arbitre » s’avère ici beaucoup plus réussie que dans Fable, première copie, on aurait bien voulu que ce système de jeu novateur soit encore plus poussé. Pour exemple, sachez qu’il ne vous faudra pas plus de quelques minutes et expressions pour qu’une femme vous offre sa main ou pour qu’un habitant haineux vous ait à la bonne. Le système de combat demeure quelque peu brouillon, le combat à l’épée est assez bourrin et peu subtile et la gestion des pouvoirs peu ergonomique (difficile de changer de pouvoir en pleine rixe). Gérer l’expérience de son héros est plus prenant que de se battre. En fonction des attaques utilisées (mêlée, à distance, magie), le joueur ramasse des orbes de différentes couleurs lui permettant de faire grimper ses caractéristiques (force, précision, portée des pouvoirs…). Mais rassurez-vous, les phases de beat them’all restent largement jouables et vous prendrez tout de même du plaisir à botter les fesses des bandits et autres hobbes qui forment le bestiaire d’Albion. Si elle a été un peu rallongée, l’aventure principale n’est pas excessivement longue pour le genre (entre 12 et 15 heures) et manque de rebondissements. On préfèrera découvrir de nouvelles contrées que de suivre le scénario, l’ambiance générale de cette fable médiévale rattrape clairement son manque d’originalité. Pour faire court, votre quête consistera à réunir 3 autres héros, cette réunion étant nécessaire pour vaincre Lucien, un roi qui a découvert d’anciens artefacts dont l’exploitation lui permettrait de dominer le monde (voilà en gros, en vous épargnant les détails^^).
Traverser Fable 2 en ligne droite n’est pas très intéressant. Pour profiter pleinement de son potentiel, il faut absolument prendre son temps et s’adonner à toutes les activités proposées. Avoir une famille, jouer au promoteur immobilier ou encore travailler ne vous sera jamais imposé. Même la plupart des quêtes annexes, qui vous feront découvrir plus en profondeur l’univers du jeu et vous permettront de remporter équipements et renom, ne sont pas une condition de votre progression dans la quête principale. Une fois celle-ci bouclée, vous pourrez d’ailleurs continuer à arpenter les chemins d’Albion…



C’a du te prendre autant de temps de terminer le jeu que de pondre ton billet !!
Complet – c’est le moins qu’on puisse dire…