Fantômes et Cie, un film de Yann Samuel

Sortie en DVD et BLU-RAY le 14 août 2012
Un film de Yann Samuel (d’après le livre The Great Ghost Rescue d’Eva Ibbotson)
SYNOPSIS
Le jeune Humphrey a un gros problème. Lui et sa famille, les Craggyfords, ont été chassés de leur demeure et se retrouvent sans aucun endroit à hanter.
Alors qu’ils sont à la recherche d’un autre lieu, ils découvrent qu’ils ne sont pas les seuls dans ce cas. Des fantômes du monde entier ont été expulsés eux aussi car leurs châteaux sont devenus des centres commerciaux.
Humphrey décide alors de sauver sa famille et le reste de la communauté en effrayant les humains jusqu’à ce que les fantômes retrouvent leurs droits.
Le réalisateur français Yann Samuell (Jeux d’enfants, L’âge de raison, La guerre des boutons) était le mieux placé pour concrétiser le souhait de la productrice britannique Miriam Segal, rêvant depuis 10 ans de voir porter à l’écran le best-seller de la littérature de jeunesse « The Great Ghost Rescue » d’Eva Ibbotson.

En s’emparant d’un projet de commande qu’il veut tirer vers une œuvre personnelle, Yann Samuell se montre tout de suite plus à l’aise dans les séquences avec les enfants, en particulier celles qui véhiculent des dialogues et des situations burlesques ou aventureuses, que dans les moments purement fantastiques soutenus par le renfort d’effets spéciaux en CGI relativement ratés et s’intégrant assez mal (voir l’incrustation très cheap de la facétieuse tête brûlée dénommée George) mais, heureusement, pas omniprésents. Cet aspect du film, certes important, ne porte pas préjudice à l’ensemble pour autant (ouf !), car le spectacle se présente avant tout comme une comédie dont l’ambition n’est pas de rivaliser avec les productions hollywoodiennes du même type. Le propos étant plus sur la condition adolescente et les soucis d’une famille de… fantômes ! Faisant ainsi échos aux attentes des spectateurs, le film se voulant visiblement – et le réalisateur ne s’en cache pas – destiné à un public familial. L’identification avec les personnages est donc grandement facilité par son sujet et ses personnages. Ainsi, Humphrey, le jeune héros, doit affronter et résoudre une multitude de conflits et de problèmes, en premier lieu sa récente condition de spectre qu’il finira bien par devoir accepter, par la force des choses, faisant ainsi écho aux préoccupations de l’adolescence. Une thématique familière pour le réalisateur de La guerre des boutons qui se montre donc parfaitement à l’aise avec ce conte fantastique « so british ».

Un autre point fort du long métrage concerne les décors, le tournage ayant bénéficié d’un ensemble de choix tel la Tour de Londres, Tower Bridge, Trafalgar Square, London Eye etc, conférant à l’ensemble un bel aspect gothique anglo-saxon qui aurait tout aussi bien pu voir s’y dérouler une des aventures de Harry Potter. Ainsi le superbe manoir de Knebworth qui ouvre le film offre un décor somptueusement fantastique à l’intrigue, renforçant encore le parallèle visuel avec le jeune sorcier de Poudlar.
Le casting a été également soigné, avec une troupe de comédiens tous britanniques qui incarnent brillamment leurs personnages respectifs de la famille Graggyford. Kevin McKidd dans le rôle du chef de famille, anciennement chef de clan de l’armée écossaise, et Emma Fielding, sa compagne à trois têtes (elle et ses deux sœurs, victimes et épouses secrètes de Henri VII) sont formidables de drôleries et de malices. Le jeune Toby Hall, dans le rôle d’Humphrey, orphelin mortellement accidenté alors qu’il jouait avec un camarade sur le toit de l’orphelinat de Craggyford, s’avère lui aussi excellent et très touchant. Comme sa sœur adoptive Winifred, ado rebelle en quête d’amour et accusée naguère de sorcellerie, dont la jeune comédienne Georgia Groome trouve le ton juste pour incarner cette revenante en pleine crise d’identité. La famille se complète d’un ultime personnage, l’artificier – et artificiel - George, crâne à lunettes lançant des flammes comme le veut son ancienne condition d’homme-canon, une « tête brûlée » au sens propre comme au figuré, dont le film aurait pu se passer tant il s’avère inutile et désincarné (c’est un fantôme, on l’excuse). Il est fort regrettable qu’aucun comédien ou doubleur ne soit venu prêter sa voix à ce personnage (encore une fois on peut l’excuser car il n’a plus ses cordes vocales) lui retirant ainsi toute personnalité et possibilité d’exister aux côtés des autres membres de la famille. Avec l’intervention de cet ultime protagoniste, on songe évidemment à une autre famille célèbre du cinéma fantastique, la « famille Adams », les Craggyford pouvant en être la version British.

Fantôme and Co est au final une petite comédie fantastique sympathique qui ne révolutionne pas le genre, mais permet tout de même de passer un bon moment, à condition d’avoir entre 6 et 66 ans selon son réalisateur, et surtout un esprit encore enfantin… Le film sort directement en DVD et Blu-Ray le 14 août.

Thierry Carteret
Categorie: Cinéma









Je pense que j’ai un esprit beaucoup trop étroit pour ce genre de films, malgré les qualités qui sont les siennes…