Féroces, un livre de Robert Goolrick

[ 0 ] 21/10/2011 |

Publié  aux Editions Anne Carrière, en août 2010

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie de Prémonville

Présentation de l’éditeur en 4ème de couverture :

Les Goolrick étaient des princes. Et tout le monde voulait leur ressembler.

C’étaient les années 50, les femmes se faisaient des coiffures sophistiquées, elles portaient des robes de taffetas ou de soie, des gants et des chapeaux, et elles avaient de l’esprit. Les hommes préparaient des cocktails, des Gimlet, des Manhattan, des Gibson, des Singapore Sling, c’était la seule chose qu’ils prenaient au sérieux. Dans cette petite ville de Virginie, on avait vraiment de la classe, d’ailleurs on trouvait son style en lisant le New Yorker.

Chez les Goolrick, il y avait trois enfants, tous brillants. Et une seule loi : on ne parle jamais à l’extérieur de ce qui se passe à la maison. A la maison, il y avait des secrets. Les Goolrick étaient féroces.

Robert Goolrick vit a new York. Féroces est son premier roman. Le deuxième, Une femme simple et honnête a été N°1 sur la liste des bestsellers du New York Times (paru en France aux Editions Anne Carrière).

En ce moment, je tombe par hasard sur des livres où les auteurs règlent leurs comptes avec leurs parents  : Lionnel Duroy avec  Le chagrin, puis Delphine de Vigan, avec  Rien ne s’oppose à la nuit… Et aujourd’hui, encore par hasard, Robert Goolrick. Quand vous lisez la 4ème de couverture de « Féroces », vous n’imaginez pas un instant ce que vous allez lire. Il y a des secrets, mais quelles familles ne possèdent pas ses secrets ? Celui de Robert est absolument cauchemardesque. Et je pense que le lecteur doit être prévenu de la férocité des mots et des maux. Après avoir lu ce livre, je ne suis plus la même. Traumatisée. Je savais que ça existait, mais je ne l’imaginais pas. Maintenant, hélas, je sais.

 Goolrick ne sera jamais plus un simple écrivain.

Je comprends pourquoi cet homme a cessé de vivre à l’âge de 4 ans. Et ce livre ne peut pas lui apporter un quelconque réconfort, c’est impossible. Sa souffrance va au-delà de tout ce qu’on peut imaginer. Et encore et toujours, même  après avoir écrit ce livre, avec des mots qui sont une caisse de résonance de sa douleur. Jamais soulagé.

On ne croit pas totalement à une autobiographie…  Et bien sûr, c’en est une. On voudrait que ce soit un roman, pas une réalité. Pourtant la 4ème de couverture le dit bien : « les Goolrick » étaient des princes ».

Robert Goolrick raconte l’Amérique dans les années cinquante, à travers une famille bourgeoise, bien sous tous rapports. Sa famille. Le livre comporte 12 chapitres. Jusqu’au dixième chapitre, on lit, on suit l’évolution doucement, intimement, avec de plus en plus de détails, essayant de deviner ce qui se trame, entre les lignes. Et puis d’un seul coup, il lâche  et dévoile son secret. Comme un boulet qu’il vous lance en pleine figure. Et qu’on ne peut absolument pas éviter. Férocement. Pas de pathos. Juste la réalité, grave, profonde, ancrée. Le problème est que tout au long du livre, on se met à la place de ce petit garçon qui aimerait tant être aimé de ses parents. Et nous, lecteurs, on s’y attache. Il nous parle et on le comprend. Oh, comme on le comprend, jusqu’à la page 195. Après, on hurle de douleur avec lui. On hurle d’horreur.

Robert Goolrick

 « Si je raconte cette histoire, c’est parce que j’ai passé ma vie à mentir à des gens qui se sont montrés bons envers moi, et que je suis fatigué de ces mensonges. »

C’est un livre exceptionnel. Un livre sorti des entrailles de l’auteur. Mais un livre qui ne peut pas être lu par tout le monde, tellement il fait mal… Moins mal que l’horrible souffrance de l’auteur qui a eu le courage d’aller jusqu’au bout de sa confession…

Bénédicte

 


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Categorie: Littérature

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