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FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE DE DEAUVILLE 2/2

[ 0 ] 17/03/2009 |

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THE MOSS (en présence du réalisateur)
Derek KWOK
HK

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Une histoire aux couleurs ternes, noires et sombres.
Hong-Kong, Shamshuipo plus précisément.
Allégorie volontairement suggérée par le titre : la mousse n’a pas besoin de grand chose pour se développer et pulluler tout comme les protagonistes de cet épique tableau multi facial de loosers. Un flic pourri s’attache – après consommation régulière – à une prostituée sans papier dont la petite sœur, orpheline, accueillie dans le bordel essaie de trouver ses marques. Elle se liera d’amitié avec un mendiant tueur à gages qui sera forcément l’adversaire du flic pourri. S’ensuit une série improbable (mais bien tournée) de péripéties malencontreuses pour nous offrir un pot-pourri servi avec un poil de jus de Triade, de nouveaux gangsters, de recyclage de cadavres, et de gros pansements sur le visage.

En compétition pour le Lotus Action Asia, la réalisation est plutôt ambitieuse et a le mérite de nous offrir une originalité personnelle certaine. Apparition remarquée de Eric Tsang qui tient un rôle tout à fait secondaire mais qui appuie la candidature du jeune Derek Kwok qui réalise ici son second long métrage. L’obscurité du film est peut-être trop noire et la jeune fille couine et pleurniche à vous faire hérisser le poil (faites la taire, mettez lui une bonne bastos qu’on en finisse !)… L’auteur aurait dû / pu supprimer la dernière scène du film pour éviter une overdose de violence assez inutile (une bande d’espèce de cowboys pakistanais débarquent armés jusqu’aux dents ?!…). L’acteur principal est convaincant, le montage aussi et le film se vit dans un esprit Action Asia tout à fait moderne.

Une réalisation courageuse, à la subjectivité un poil extrémiste (soit larmoyant, soit ultra violent aux cris bestiaux irréels) au réalisateur qui nous donne bon espoir pour la relève du cinéma HK !

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ISLAND ETUDE (en présence du réalisateur)
EN CHEN – Taiwan

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Ming, malentendant, décide de faire le tour de Taiwan en 7 jours à vélo – sac à dos et guitare en bandoulière. Un voyage initiatique sur l’Ile magique mal connue qu’est Taiwan (une patate entourée d’eau aux mille secrets d’après En Chen !). Pouvoir faire le tour est une expérience absolument unique pour les Taïwanais et En Chen nous fait le récit de ce jeune étudiant foulant le sol de ce caillou à l’identité assez mystérieuse politiquement parlant.

Ce road-movie ou plutôt cette revue documentaire romancée réussit avec brio à nous introduire un paysage qui respire, une ouverture d’esprit accueillante et une culture locale réelle dans un esprit de positivisme, de rencontres sincères et légères et de scènes simplistes et touchantes. Certaines longueurs certes, mais dans une fluidité inhérente au système frais de cette longue marche vers la découverte de l’existence.

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THE CHASER
Na Hong-jin avec KIM Yoo-suk (dans le rôle de Joong-ho)
Corée du Sud

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En sortie nationale sur les écrans français le 18 mars, nous bénéficions ici d’un privilège d’avant première exclusive (et fort heureusement qu’il y a du privilège à aller jusque là !). La campagne publicitaire de Haut et Court Distribution paraît assez agressive puisque l’affiche du film est à l’honneur dans le métro parisien (Allocine en fait une belle promotion également).

Joong-ho ancien flic recyclé en proxénète s’inquiète sérieusement sur son business lorsqu’il s’aperçoit que plusieurs de ses filles disparaissent. Aura de forts soupçons sur un client en particulier qui semble avoir un lien direct avec les disparitions. Décide d’envoyer une de ses filles Mi-Jin pour (con/in)firmer sa théorie.

Anti-héros attachant, KIM Yoo-suk interprète à merveille (on pensera tout de suite à la ressemblance avec l’acteur majestueux de Public Enemy). La satire de l’enseigne policière est drôle (même si parfois un peu lourde) et on reconnaît l’ironie appréciée du 3ème degré coréen (qu’on retrouve dans Public Enemy, Memories of Murder, The Show Must Go On, The Host etc.) et le film remportera (j’ai de fortes présomptions) le Lotus Action Asia. Léger doute sur la scène finale du film, légèrement trop « cliché » pour une construction globale assez atypique, mais rien de dramatique au point de noircir le tableau.

Une réussite certaine, bien montée, bien interprétée, bien scénarisée qui est – sans nul doute – loin devant ses concurrents de la même catégorie.

Plus d’infos sur ce film

tb

CLAUSTROPHOBIA
IVY HO – HK

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Première réalisation féminine, en plus depuis HK ! Tourné à rebours, ce film vient effectivement à vous donner une sensation de claustrophobie tant on a envie d’en sortir. La belle Pearl (Karena LAM – très beau brin de jeune femme !!) travaille au département marketing d’une société dirigée notamment par Tom pour lequel elle couve un amour ardent inavoué. Lui est marié et a 2 jeunes enfants. On ne fait que deviner, rien n’est mis en scène et ce manque d’informations et de contact corporel noient volontairement le spectateur dans une frustration exaspérée. On ne fera que subir la souffrance de Pearl, impuissants. On étouffe et on en vient par s’énerver de cette construction toujours plus loin dans le passé qui nous éloignera toujours plus de la vérité du présent.

Un sujet d’actualité depuis la nuit des temps mais pas assez abouti – à moins que seules les femmes puissent comprendre le subliminal suggéré par une femme (Lore paraissait plus convaincue…) ?!

sceptique

L’ENFANT DE KABOUL
BARMAK AKRAM – Afghanistan

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L’OVNI de ce festival ! Ce n’est pas courant que l’Afghanistan ait la chance de pouvoir se présenter à un festival. Si Kaboul est moins loin de l’Asie que Bayonne, pourquoi ne pas l’intégrer à Deauville ? Très bonne initiative et bon accueil du public pour cette réalisation talentueuse de Barmak Akram.

Un conducteur de taxi se retrouve avec un bébé sur sa banquette arrière abandonné par sa mère, femme voilée. S’ensuit un road-movie à travers Kaboul pour trouver rapidement une solution viable pour cet enfant en bas âge. On découvre une ville, une culture et un mode de vie absolument sidérants (le couvre feu tôt dans l’après midi, la guerre, ses dégâts et son omniprésence, la pauvreté, les déchirures sociales et politiques au sein même de la communauté (depuis l’occupation russe jusqu’au Rock&Roll !), et ce règne de mâles (considération de la femme, dimension du mariage / rapports sexuels etc.)).

De nombreuses problématiques sont soulevées avec une intelligence maligne sur fond d’histoire probablement inspirés de faits véritables et malheureux – une réussite intimiste et courageuse. La bonne surprise afghane !

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THE SNIPER (en présence du réalisateur)
Dante LAM – HK

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Dante Lam était apparemment attendu impatiemment à Deauville : salle comble et applaudissements chaleureux. Lam nous aura tous pris en photo avec lui super content armé d’un V plus asiatique que jamais. La cérémonie commence bien (même s’il aura fallu qu’on brave la sécurité pour s’asseoir sur un bout de moquette, par terre au fond de la salle – merci à la Gente Dame Mystérieuse du staff qui a concédé faire semblant de ne pas nous avoir vus…).

Sur un fond de grands élans de musique patriotique, Hartman le grand gentil Super Balaise est le tireur d’élite n° 1 de la maison des keufs. Lincoln, ancien co-équipier de Hartman était en fait à l’époque plus balaise que tous les balaises puisque pouvait te niquer ta tête à 500 m. A été incarcéré après avoir tué accidentellement un otage. En fait, quand il lui a niqué sa tête à l’otage, il pensait avoir bien fait mais tous ces enfoirés de potes de keufs à l’époque ne l’ont pas soutenu alors qu’en fait ils auraient du. Il purge 4 ans, sa femme avec qui il venait de se marier se jette de son immeuble et Lincoln est super fâché et commence même à péter les plombs grave. Ni une ni deux, il sort de prison et s’organise pour niquer l’équipe de Hartman, responsable de la misère dans laquelle il est. Au milieu de ce complexe scénario, un autre jeune keuf semi balaise se demande aussi s’il pourrait devenir encore plus balaise que ces 2 balaises ?! Alors il se dit qu’il va se mesurer aussi à eux pour en niquer au moins un des 2 et leur prouver que bordel il sera le Balaise 2009 (les keufs se congratulationnent de médailles de Super Balaise chaque année). Résultat : le balaise gentil se fait niquer la tête par le balaise méchant, le nouveau jeune balaise finit d’achever le balaise méchant amoché par le balaise gentil et devient enfin le Balaise cru 2009 puisque ces cons se sont entre-tués !

Pffffiou.
On est épuisés.
Tellement qu’on ne pourra rien en dire…

non_mais

C.

PALMARES / THE AWARDS

LOTUS DU MEILLEUR FILM – Grand Prix
BREATHLESS de/by YANG Ik-june (Corée du sud/South Korea )
LOTUS DU JURY – Prix du Jury ex-aequo
ALL AROUND US de/by HASHIGUCHI Ryosuke (Japon/Japan)
THE SHAFT de/by ZHANG Chi (Chine/China )
LOTUS AIR FRANCE – Prix de la Critique Internationale
BREATHLESS de/by YANG Ik-june (Corée du sud/South Korea )
LOTUS ACTION ASIA– Grand Prix Action Asia/ B est Action Asia Film
THE CHASER de/by NA Hong-jin (Corée du sud/South Korea )
(sortie nationale le 18 mars)


Commentaires (0)

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  1. avatar E. dit :

    INCROYABLE chronique!! Quelle déchirance suprême! Quel crescendo dans la mise en scène! J’ai adoré la dernière avec le Balaise cru 2009. MEMORABLE. Fantastique. Pas d’autres mots! Mais commençons par le début: The Moss a l’air sympa mais vraiment dommage que ça couine un peu trop (je te vois serrer les dents!); Island Etude pareil, connais rien de Taiwan et j’aime bien l’idée road movie nature et découverte; the Chaser bordel y sort au Caméo et j’en avais déjà entendu parlé!! ; claustrophobia m’a l’air très frustrant ;) ; Kaboul me dit trop rien parce que c’est kaboul mais pourquoi pas!; et le sniper ben on va le laisser où il est!

    J’adooooore!

    Encore bravo, tu nous as mis la patée, la vraie. MONUMENTALE.

  2. avatar C. dit :

    Et ben si c’est pas d’l'encouragement, du vrai, du monumental !
    Merci Aniki, ça fait bien plaisir.
    A ton service !

  3. avatar Bénédicte dit :

    Réactions à chaud sur le festival de Deauville :

    « The Moss » me paraît un film bien violent, hard en tout cas. Un film qui ne peut que te plaire…et me déplaire. Manque de romantisme ! Je pense…

    « Island Etude » est, par contre, plus un film pour la vieille spectatrice que je suis. Un malentendant qui joue de la guitare, c’est plutôt rare. Ca donne de l’espoir et du courage. Et j’imagine de très beaux paysages. J’aime !Sans avoir vu !

    « The Chaser » : encore beaucoup de violence, non ? Pas vraiment poétique comme film, mais de l’action, sûrement ! Bien vu pour le prix « Lotus Action Asia ».

    « Claustrophobia » : Ah, un film pour moi ! Psy à souhait et réalisé par une femme ! J’aime ! Et Lore, elle a aimé ?

    « L’enfant de Kaboul » : Oui, j’aime ! T’as raison, place aux autres et les Afghans ne sont, en général, pas gâtés. Un Monde à l’opposé du nôtre. Et nous, on se plaint, on fait grève… Ca permet de réfléchir un peu…

    « The Sniper » : Ouf, vous avez gagné une place par terre ! Et heureusement que vous étiez à terre, en sécurité, car avec ce genre de film, on ne sait jamais comment ça dégénère : qui tire sur qui… Peut-être même dans la salle…

    Bravo pour ces critiques ! On en redemande !

  4. avatar C. dit :

    Et ben dis donc, si c’est pas du comment ça !!!
    Merci à vous, ça fait toujours plaisir de voir qu’on est lu !!
    Oui Dickcben’, du violent p’tet trop violent pour toi… Mais du bon également.

    On ira se faire un festival en Irlande ensemble, boire d’la mousse…!

  5. avatar Bénédicte dit :

    Suis OK pour la mousse… Mais en 2010 ! et avec Elgadé ! Voyage promis…
    Mais 2009, c’ets l’année de Loredufestival !
    Et ça va donner…

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