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François and the Atlas Mountains au sommet

[ 0 ] 21/11/2011 |

Crédit: Lola Pertsowsky

Libération, Le Monde, Les Inrocks, Magic, France Inter, Le Mouv’, France 2, … Les média sont nombreux à avoir succombé aux charmes du groupe saintais François & the Atlas Mountains. Leur nouvel album, « E Volo Love », se démarque du paysage pop classique pour aller explorer de nouveaux territoires musicaux: chant mêlant français et anglais, plume délicate, percussions tribales et expérimentations électroniques. Premier français à être signé sur le label Domino, le jeune François n’en est pas à ses débuts. La musique de ce jeune homme inspiré s’est construite au fil des rencontres, des expérimentations et des voyages effectués depuis 2003. Son dernier live à la Boule Noire est l’occasion de revenir sur son parcours.

L’histoire

Tout commence en 2003 à Bristol. François Marry y est assistant de professeur de français. En parallèle, il enregistre seul son premier opus « Les Anciennes Falaises » (2004). Il joue dans les pubs de Bristol. Il tente également de se faire remarquer en laissant des messages aux artistes qui se produisent dans la salle de concert où il travaille. C’est d’ailleurs de cette manière qu’il deviendra le temps d’une tournée le trompettiste de Camera Obscura. C’est à ce moment là qu’il crée le collectif The Atlas Mountains – référence aux montagnes de l’Atlas ou réside son ami de toujours Victor Crespi, membre fondateur de l’excellent collectif Ladybird. Son deuxième album, « The People to forget », sortira seulement deux ans plus tard en vinyle sous le label Stich Stich (aujourd’hui épuisé). Un album naif et empreint de poésie, à l’image de la chanson « I’m so glad I met you », hymne enfantin sur la magie d’une rencontre. A l’époque, les Inrocks écrivent: « C’est avec un tapis rouge que François reviendra en France« . Au fil des tournées, la composition du groupe évolue. Certains arrivent, d’autres partent…

En 2008, François rentre en France. C’est en retrouvant la Charente Maritime et son fief Saintes qu’il va rencontrer Amaury Ranger, multi-instrumentiste de talent, tête pensante du groupe Archipel (ex Uncle Jelly Fish).

 

Plaine Inondable

François travaille avec Amaury et le groupe pour la création de son prochain album: Plaine Inondable. Il se rapproche à cette époque de la scène musicale bordelaise. Les rencontres se multiplient: avec la chorale-pop des Crânes Angels (dont Petit Fantôme et Botibol); mais aussi Sean du label Talitres (The National, The Walkmen, et plus récemment Maison Neuve ou Stranded Horse…). Cette rencontre de deux passionnés de musique va être un tournant décisif. En 2009 Talitres sort l’album Plaine Inondable, véritable bijou de po(p)ésie alternant douces mélancolies  (Friends, Moitiée) et hymnes enjoués (Be Water – Je suis de l’eau).

A défaut de connaître un grand succès commercial, la critique est unanime et encense ce nouvel album. Le pari est lancé que François ira loin. Deux ans plus tard, l’album au titre palindrome « E Volo Love » le prouve. Il se démarque du précédent par ses influences africaines tribales amenées notamment par Amaury. On retrouve toute la curiosité expérimentale des Animal Collective, la poésie et la tendresse d’un Herman Dune et des paroles charnelles qui ne sont pas sans rappeler le Noir Désir de « Des Visages et Des Figures ».

C’est en live que cet album prend tout son sens. Après un passage remarqué l’été dernier à Rock en Seine, c’est à la Boule Noire d’accueillir le petit prodige dans le cadre du festival des Inrocks.

 

La Boule Noire – Festival des Inrocks 06/11

Sur scène, François & the Atlas Mountains est composé de quatre membres: François Marry, Amaury Ranger, Pierre Loustaunau (aka Petit Fantôme) et Gérard Black. Dès l’ouverture, les quatre multi-instrumentistes marquent leur désir de donner leur propre rythme à leur set. Ils prennent deux bonnes minutes pour introduire le splendide « Les Plus Beaux » afin de permettre au public de pénétrer leur univers. Le ton est donné. Chaque morceau durera ensuite entre 4 et 6min, fait rare dans un festival comme celui des Inrocks.

Edge of Town,The Way to the Forest, Slow Love, les morceaux s’enchaînent avec une belle spontanéité et de grandes plages instrumentales qui donnent furieusement envie de danser. Si l’on est souvent aux frontières de l’expérimentation, le groupe tient à rester en phase avec le public . Cela passe par la générosité de leur musique, mais aussi par l’humour notamment lorsqu’ils attribuent leur soudaine notoriété à une chorégraphie minimaliste amusante. Au milieu des nouveaux titres rythmés et entraînants, on redécouvre l’excellent « Royan » où les percussions africaines laissent places à des choeurs mélancoliques. L’apothéose du concert est sans nul doute le titre  » Piscine » qui clôt le set par un formidable moment de transe électronique.

Retrouvez « The Way to Forest », live à la Boule Noire

Retrouvez le live de « Piscine » par François & the Atlas Mountains dans l’émission « Ce soir ou jamais »

 

François & the Atlas Mountains seront en concert le Lundi 13 février 2012 au Café de la Danse

 

Maxime Sollier & Pauline Mahé


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