Furious, tome 1 : un comics de Bryan JL Glass et Victor Santos (Glénat)

Capture-d’écran-2014-12-05-à-07.55.50

Furious, tome 1

Furious, tome 1 : le pouvoir de la colère

Furious, c’est une première couverture enthousiasmante et pleine de bonnes intentions pour ce comics imaginé par le scénariste Bryan Jason Lee Glass (Thor : First Thunder and Valkyrie) et le dessinateur Victor Santos (Witch & Wizards, Godzilla : Kingdom of Monsters), duo déjà auteur de Mice Templar (Le dernier des Templiers). Cette super-héroïne en colère au vécu d’enfant-star enfile sa combinaison pour rendre justice dans sa ville… Le problème ? Elle se fait souvent rattraper par ses émotions qui la font déraper dans un vent de violence.

Date de parution : le 9 juin 2015
Auteurs : Bryan JL Glass (scénario) et Victor Santos (dessin)
Editions : Glénat Comics
Prix : 14,95 € (144 pages)

Résumé de l’éditeur :

Première super-héroïne de la création, Furious décide de purger ses péchés passés en exerçant une justice expéditive à la force rageuse de ses points. Elle fait face à un paradoxe : bien qu’elle essaie désespérément de faire le bien, ses méthodes musclées ne passent pas auprès du grand public qui a du mal à admettre que ses motivations sont pures. Pour tout dire, la quête de sensationnel de notre héroïne couplée au feu des médias nuit quelque peu à la crédibilité de sa rédemption, sans parler de son identité secrète… Et les autorités commencent à en avoir un peu marre de ses actes incontrôlés.
Bryan J. L. Glass et Victor Santos signent un récit d’action/aventure sans temps mort où célébrité, médias et super-héros se mélangent dans un cocktail parfaitement dosé, mais totalement explosif !

Quelques questions aux auteurs:

Glénat : Pouvez-vous nous présenter brièvement le concept de Furious ?
V.S. : Furious, c’est l’histoire d’une personne ordinaire qui essaie de devenir une vraie super-héroïne, dans un monde très complexe : le nôtre. Elle fait des erreurs, mais fait tout pour éviter la corruption et l’attrait pour le pouvoir, tout en affrontant les démons de son passé.
B.J.L.G. : Au fond, Furious est le récit d’une rédemption : celle d’une ancienne enfant-star, Cadence Lark, qui, une fois adulte, est devenue une starlette habituée à faire la une de la presse people, avec ses frasques et ses déboires, et que le public s’amuse à détester, à ridiculiser. Cadence s’autodétruit devant l’objectif des paparazzis. Alors qu’elle s’apprête à toucher le fond, l’apparition de ses superpouvoirs lui fait réaliser quel monstre elle est devenue ; une introspection qui la conduit à vouloirs expier ses fautes passées. Son passé d’actrice refait surface alors qu’elle assume le rôle qu’elle s’est forgée, celui d’une super-héroïne en devenir. Un rôle, qui, elle le croit sincèrement, lui permettra de se racheter pour la vie de débauche qu’elle a vécue jusqu’alors.

Glénat : En quoi l’héroïne de Furious est-elle différente des super-héros « classiques » que nous avons l’habitude de trouver dans les comics ?
B.J.L.G. : Pour moi, Furious joue sur l’échange entre superpouvoirs et « super célébrité »… pour ensuite réintroduire un super-héros !
En suivant la même approche éditoriale que Stan Lee chez Marvel Comics dans les années 1960, Furious débarque, avec toutes ses imperfections et faiblesses bien humaines. Bien que cette approche ne soit pas nouvelle, à ma connaissance, ce genre de personnages n’a jamais été exploré dans un univers de super-héros. Cadence Lark est un être vraiment détestable qui cherche désespérément à agir de la meilleure manière possible. Elle est complètement paumée. Quand elle échoue ou qu’elle perd son sang-froid, sa rage déclenche ses superpouvoirs. Très vite, sa tentative d’identité super-héroïque divise l’opinion, bien plus que sa vie de star ne l’a jamais fait. Son plus grand ennemi, c’est elle-même.
V.S. : J’ai essayé d’adopter une approche artistique très personnelle. Il existe des milliers d’histoires de super-héros, alors comment pouvais-je présenter une personne capable de voler de manière innovante ? Comment pouvais-je dessiner des superpouvoirs tout en construisant une narration intelligente ? Là réside l’essentiel de mon travail. J’ai fait en sorte de créer une narration originale, aux couleurs très pop, très éloignée du classicisme. C’est une histoire peu commune, de notre création. Je voulais que le dessin reflète tout cela.

[rev_slider furious1]

Notre avis sur l’album :

Alors qu’elle a choisi de se faire appeler La Vigie, notre héroïne, prénommée Cadence, va avoir toutes les peines du monde à faire en sorte que les médias retiennent ce choix, lui préférant le surnom de Furie. Mettant en scène une nouvelle héroïne partie en croisade contre le crime, Furious joue d’interactions avec les médias qui s’intéressent de près à cette jeune femme masquée à fleur de peau, dotée de supers pouvoirs dont on ignore tout. Focalisé sur l’action où la Furie réalise quelques expéditions punitives avec pertes et fracas, le récit est aussi ponctué par quelques flash-backs destinés à nous en apprendre plus sur la demoiselle venue du star-system.

On a du mal à prêter de la crédibilité à l’ensemble

Le pitch est plutôt alléchant et aurait pu vraiment séduire s’il n’avait pas été exploité avec des clichés basés sur de mauvais préceptes manichéens qui accompagnent une héroïne dont la personnalité de surface n’est que peu approfondie et nuancée. On a du mal à prêter de la crédibilité à l’ensemble et à ressentir la torture intérieure qui semble habiter la Furie, dont les débordements ne sont que l’émanation.

Du point de vue du dessin, ce dernier le trait anguleux et appuyé de Victor Santos fait son effet malgré quelques imprécisions regrettables, notamment dans le découpage des scènes d’action qui n’offre pas toujours une lecture d’une grande fluidité.

En conclusion, malgré un côté graphique attirant, le manque de relief des personnages associé à quelques maladresses portent préjudice à ce premier tome de Furious, qui ne parvient pas à convaincre.

Note
Originalité
Scénario
Dessin
Plaisir de lecture
Gaël Bissuel
Gaël a créé Publik'Art en 2009. Notaire de formation, il est responsable de la rubrique BD et gère l'administration du site (webmaster). Il vit dans le sud de la France d'où il anime le webzine avec les membres de la rédaction, présente sur la majeure partie de l'hexagone : Paris, Bayonne, Montpellier, Lille, Lyon.

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here