Home / Bénédicte / Cinéma / Gainsbourg, Vie Héroïque : un conte déjà culte !

Synopsis

« La vie de Gainsbourg, du jeune Lucien Ginsburg dans le Paris occupé des années 1940, jusqu’au poète, compositeur et chanteur célébré dans le monde entier. Le film explore son itinéraire artistique, du jeune homme épris de peinture à la consécration de sa musique dont l’avant-gardisme en a fait une véritable icône de la culture française. Mais aussi la complexité de sa vie adulte à travers ses amours tumultueuses. »

Je me suis précipitée au cinéma pour voir ce film que j’attendais avec impatience. Il faut dire qu’on en parle depuis plusieurs jours, même semaines et que sa pub est excellente. On a envie d’aller le voir avant même sa sortie. Joann Sfar, auteur et scénariste, a réalisé son 1er long métrage avec « Gainsbourg ». Et c’est un véritable chef-d’œuvre. Je pense même qu’il va devenir un film-culte.


Je n’ai pas aimé, j’ai adoré !

Mais il est vrai que je suis fan de Gainsbourg. Si on n’aime pas le personnage de Gainsbourg,  sa musique, s’abstenir. Et en plus, ce sont les acteurs qui chantent ! Des chansons très connues et d’autres beaucoup moins. Mais toujours une émotion forte. Si on aime Gainsbourg, on se régale.

Joann Sfar dit haut et fort qu’il ne s’est pas intéressé aux « vérités » de Gainsbourg, à ce qu’il a dit pour de vrai, mais plutôt à ses mensonges. Il a analysé la personnalité de Gainsbourg, comme un fantasme. La vie de ce chanteur tourne autour de ses femmes, toutes plus belles que les autres, alors que lui a un immense complexe d’infériorité et qu’il n’aime pas son corps, très bien rendu par son « double-diable ». Il aime Juliette Gréco, Brigitte Bardot (qui le fait souffrir horriblement au moment de sa rupture. Il l’a aimée et a créé ses plus belles chansons d’amour pour elle, en une nuit), France Gall, Jane Birkin, Bambou, pour les plus importantes.

Il faut dire qu’Eric Elmosnino est fantastique (Au départ, J.Sfar voulait que ce soit Charlotte Gainsbourg qui joue le rôle de son père. Mais au bout de plusieurs mois, elle a refusé). Il fait revivre Gainsbourg de façon hallucinante. Il n’était pas super fan de ce chanteur, et du coup, il a réussi à l’imiter avec beaucoup de naturel et d’élégance. Car il était très élégant, Gainsbourg. Eric a perdu 10kg pour ce rôle. Il parait qu’il fallait 5h de maquillage pour arriver à ce résultat parfait.

Kaganski écrit dans les « Inrockuptiles » : « Première décision intelligente de Sfar : ne pas raconter encyclopédiquement “Gainsbourg, sa vie, son œuvre”. L’auteur a ainsi privilégié un axe fort, celui d’une double revanche. Revanche d’abord sur l’antisémitisme et l’étoile jaune. Le petit Lucien Ginzburg déambule dans le Paris occupé des années 1940 et passe devant l’affiche d’une exposition de sinistre mémoire intitulée Le Juif et la France – sous-entendant que les Juifs doivent dégager de ce pays. Toute l’ambition future de Ginzburg devenu Gainsbourg (et celle du film de Sfar) sera de prendre au sérieux cet intitulé, Le Juif et la France, et de le retourner positivement. Non seulement, le Juif et la France, ça va très bien ensemble, mais les deux ont respectivement tout à y gagner : la preuve entre autres par l’œuvre de Gainsbourg, monument de la langue française réinventée, faisant miroiter toutes les possibilités ludiques nichées dans sa grammaire et son lexique, qui fera de notre chanteur une icône française à l’étranger. »

Voilà, je n’en dis pas plus. C’est un film à la fois léger et profond, relax et angoissant. Car Gainsbourg avait tous les dons, sauf celui du bonheur… Et la vie n’a pas toujours été facile avec lui. Gainsbourg enfant est remarquablement interprété par un jeune suisse, Kacey Motteyt-Klein, qui a une maturité étonnante. Son regard transperce l’écran.

Allez le voir, Gainsbourg est vivant et restera toujours vivant dans nos cœurs !

Extrait :

- Bénédicte -

Voir la Bande-Annonce ici

Ecoutez la BO ici

BlogBang

A lire également :

{Bande Annonce} Gainsbourg, Vie héroïque
Le très attendu Gainsbourg, Vie héroïque sortira le 20 janvier 2010. L'ère des biopics n'a donc...
Bande Originale de Gainsbourg, Vie Héroïque en libre écoute
Après la bande annonce de Gainsbourg, Vie Héroïque, on vous laisse découvrir toutes oreilles ébahies...
Lucy Gordon, actrice de 28 ans est décédée
  On l'a appris sur Le Blog Ciné, la comédienne britannique Lucy Gordon, âgée de 28 ans, révélée...
Les films les plus attendus du moment
Voici les films les plus attendus de la rédaction en ce début d'année 2010. Leur point commun? Leur...
Paris-New York, New York-Paris de Raphaël Drommelschlager
Paris - New York, New York - Paris est un One Shot sorti en août dernier aux éditions Casterman entièrement...

6 Responses to “Gainsbourg, Vie Héroïque : un conte déjà culte !”

  1. Revue de web n°49 : La décadanse | Besnob Revue de web n°49 : La décadanse | Besnob Dit:

    [...] Je n’ai pas aimé, j’ai adoré ! » Bénédicte de Publikart n’est pas de celles qui ont Conté amèrement petits trous et pleuré pièces d’euros pendant [...]

  2. Menzo Menzo Dit:

    Je pense que je vais me laisser tenter, je suis étonné de voir quelles facettes de sa personnalité et des évènements de sa vie ont été retrasncrites au ciné… L’acteur m’a tout l’air d’un grand talent, je crois que c’est un très bon acteur de théâtre?

  3. Bénédicte Bénédicte Dit:

    Pourquoi j’aime Gainsbourg : parce qu’il dit haut et fort ce que tout le monde pense tout bas. Il était très intelligent et comme souvent, très conscient que la vie n’est pas un long fleuve tranquille. A travers ses provocations, on sent un être fragile, excessivement malheureux, je dirai même mal. Avec une estime de soi très négative, malgré ses nombreux succès. Il s’est essayé comme réalisateur et ses films furent des échecs. Du coup, il a endossé un habit de personnage cynique dont il ne pouvait plus se défaire, alors qu’au fond, il ne l’était pas. C’était un poète, un artiste, trahi par la vie. C’était juste un homme hypersensible. Un homme qui avait sans cesse besoin d’être rassuré et aimé. Pour cela, il n’a pas eu le choix. Il fallait qu’il sorte des sentiers battus pour être reconnu et son immense sentiment d’infériorité concernant son physique, il se détestait, l’a obligé à endosser ce personnage désagréable qui n’était là que pour se faire détester. C’était pour lui l’unique façon de faire parler de lui. Même ses chansons choquaient. Son côté érotique, incestueux, à la limite de la décence. Mais il s’en fichait de la décence. Il s’en fichait des autres. Personne ne l’aimait alors, à quoi bon ? Il se ruinait, ruinait sa santé, dans l’alcool, la drogue, la cigarette, et noyait ses chagrins dans les bras des plus belles femmes du monde. Il jouait la provoc sans cesse, c’était sa façon à lui d’exister. Moi, je le comprends parfaitement et je l’admire. La vie n’a aucun sens. Il l’a dit et crié haut et fort. Il a brulé son billet de 500F en direct à la TV, juste pour dire : tout ça, c’est des conneries, je ne rentre pas dans votre moule. Il aimait la femme, mais il ne savait pas à quel point, lui aussi, était aimé. Et cela, il ne pouvait pas le supporter, ayant déjà du mal avec lui-même.
    Quelque part, Gainsbourg était d’une lucidité à faire peur. C’est pour ça qu’on l’adore ou qu’on le déteste ! Dans tous les cas, il n’a laissé personne indifférent. Et c’est là l’essentiel.

  4. C. C. Dit:

    Et bah voilà la Béné un beau doublon avec Invictus ! Un reporting right&direct le jour même de sa projection – c’est beau ! Et Gainsbourg, une putain de gueule qu’on oublie pas… j’y cours !

  5. E. E. Dit:

    Alors C. tu l’as vu? Béné, t’as la classe, t’as été linkée comme une championne sur Besnob

  6. Benedicte Benedicte Dit:

    Merci Elgadé ! ca fait toujours plaisir… C’est bon pour mon ego !

Laisser un commentaire

Site