Géométrie d’un rêve d’Hubert Haddad aux éditions Zulma

Pour tenter d’oublier Fédora qu’il a aimée éperdument, le romancier s’exile sur les côtes du Finistère dans un vieux manoir dominant l’océan. Emporté par l’esprit des lieux, il commence un journal intime où peu à peu se mêlent des personnages réels et fictifs. De Fédora, soprano lyrique qui se donne le jour et se refuse la nuit, à l’étudiante japonaise persécutée par son frère yakusa, les héros de ses romans, ses maîtresses disparues, ou encore Emily Dickinson qui prennent un même caractère de réalité. On y croise les figures de Faust, la Tosca ou Othello, emblématiques de l’amour passion.
Géométrie d’un rêve est une expérience littéraire très enivrante. Elle consiste à mêler les souvenirs d’amour du narrateur avec son vécu familial, marqué par la mort de de sa mère et un père distant, ainsi que le récit de ses rêves et les personnages de ses romans avec sa vie solitaire. Ce mélange entre rêves, imaginaire, et réalité s’intègre dans un songe parfaitement cohérent et passionnant dont l’épilogue révélera toute sa signification.
Ce livre, construit comme un kaléidoscope, nous entraîne dans une confession étonnante et chevaleresque où l’amour fou de l’auteur pour une femme est sa source d’inspiration salvatrice et le prétexte à se retourner sur sa vie tout en nous entraînant dans les composantes de son imagination avec ses strates dans le temps et dans l’espace.
Cette narration très originale et sensible nous captive et nous bouleverse. Elle est portée par une écriture poétique inouïe où la puissance des mots, à l’instar d’un tableau surréaliste composant un univers foisonnant, permet d’expier la part intime du narrateur et en révéler sa vérité libératrice.
La subtilité du style - sans tomber dans un maniérisme apprêté pour décrire tant les tréfonds de l’âme que le souffle poétique des lieux et des ambiances - fait toute la réussite de ce roman en l’imprégnant d’une force inspiratrice dont on ne se dépare pas facilement. Cette fameuse petite musique dont le lecteur est en quête et que sa rencontre rend si jubilatoire…




L’un de mes profs de littératures disait que les éléphants roses sont tout aussi réels que n’importe quel objet du monde. Et si la littérature enseigne quelque chose, il me semble que c’est fondamentalement ça. La réalité d’une idée, d’une émotion. D’ailleurs je retourne au roman que je suis en train d’écrire :)
oui la littérature à tout les droits car l’inspiration ne connait aucune limite, elle est cette source intarissable.