GHOST IN THE SHELL 2 : INNOCENCE

[ 0 ] 16/05/2009 |

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Trois ans après la disparition du Major Motoko, Mamoru Oshii propulse Batou, le puissant cyborg vivant au vide expressif, au centre d’une épopée métaphysique et sensorielle. Epaulé par Togusa, ce mercenaire de l’unité d’élite de la section 9 se doit d’élucider le mystère des gynoïdes tueuses et suicidaires. Ces androïdes à apparence féminine – accessoirement objet sexuel pour les acquéreurs humains – ont une fâcheuse tendance à assassiner leurs propriétaires avant de s’autodétruire. Batou, encore hanté par une passion inavouée pour le Major Kusanagi, fataliste mais déterminé va nous remuer tout l’univers du complot jusqu’en conspuer les auteurs de l’énigme.

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Cette réalisation est bien dans la même lignée que Avalon ou GITS : Mamoru Oshii a bien là son style sombre et très épuré. Une couleur éclatante dans un noir à l’ombre mouvante. Il intègre et maîtrise avec géni l’intégration du 3D/2D. Une image saisissante qui dénote un budget colossal (pas moins de 18 millions de $ !) et un travail fouillé au détail nanométrique quasi-invisible. Une perfection atteinte que témoignent le surprenant gunfight de la superette (on le cherche le tireur !), ou aussi la retrouvaille du basset dans l’appartement (le seul être vivant qui soit physiquement expressif), ou encore le majestueux carnaval (des couleurs associées à un graphisme vivant). Cette beauté esthétique s’accompagne d’une bande son réalisée par le seul maître capable Kenji Kawai qui nous plonge dès le générique d’ouverture dans sa magie unique dont seul il a le secret. Ce son vous berce continuellement dans cet univers vivant du virtuel. L’innovation de la boîte à musique à la résonnance caverneuse dans le manoir de Kim montre bien la capacité de Kawai à glacer ou à sublimer l’atmosphère. Une réalisation sans faille, une mise en forme qui vous fait perdre pied et oublier le fond. Projection à préférer sur grand écran, en 5.1 en poussant sans crainte les décibels.

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Certains pourraient être rebutés par le scénario dont la lignée n’est pas toujours très lisible. Avoir visionné le premier opus n’est pas indispensable mais conseillé surtout pour les nombreuses références évoquées (la faciès des gynoïdes ne nous est pas inconnu…). Si le premier traite du conflit d’introspection de Motoko, le second est axé sur le thème des poupées – au sens large. Une poupée, un chien, un cyborg, un gynoïde, un enfant entretiennent tous une relation semblable ou comparative avec l’être humain. L’homme joue et crée ses pantins – à son image, par mégalomanie orgueilleuse et humanise sa marionnette, son innocence. Les enfants en bas âges sont finalement pouponnés et éduqués comme les parents l’entendent mais à quel moment sont ils considérés comme des êtres humains ? Lorsqu’ils sont adolescents, adultes ou parents à leur tour ? Mamoru souligne que l’homme en tenant tant à créer à son image et à donner une âme à des objets – se déshumanise paradoxalement. Cette fascination de pouvoir les vide de toute distinction avec leurs créations. Le basset paraît être l’être le plus sensible du film, l’homme Togusa est emmené dans des méandres cybernétiques manipulé comme un pantin, le cyborg Batou se perd dans ses réflexions métaphysiques accompagné de son ghost Motoko, et Kim l’homme qui tire les ficelles est représenté dans le corps d’une marionnette inanimée. Les repères sont bouleversés dans un chaos agité sans saveur (un peu à l’image de Animal’Z d’ailleurs). Seul bémol pour les novices du genre : les citations sont probablement trop lourdes et trop fréquentes et rendent un peu indigeste le contexte déjà difficile.

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Un pèlerinage initiatique et sensitif dans un univers aux valeurs bousculées mais sublimées par une réalisation et une bande son olympiennes.

C.

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Categorie: Cinéma, Critiques Films

Commentaires (0)

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  1. avatar E. dit :

    Belle analyse, en effet. J’ai vu le film il n’y a pas longtemps (hasard?) et je dois confesser qu’il ne m’a pas plus alors que j’avais adoré le premier. J’ai trouvé les dialogues longs et lourds (lourdeur qu’il n’y avait pas dans le premier) et le scénario totalement perché. Je suis loin d’avoir compris et j’ai du mal à interpréter quoique ce soit. Ceci dit, ce que tu observes sur les poupées et le chien est très bien vu. Je suis assez d’accord avec toi.
    Mais là où je n’ai pas du tout vécu les choses comme toi, c’est sur l’intégration 3D. Je ne sais pas si c’est ma télé pourrie mais j’ai trouvé que chaque incrustation 3D me sautait aux yeux, comme une agression visuelle. Je n’ai pas du tout aimé ce côté abusif de la 3D.
    Merci pour ce billet qui est plutôt éclairant…

  2. avatar C. dit :

    Le scénario n’est pas si perché qu’il n’y paraît (faudra que tu le tentes une seconde fois en faisant abstraction de la lourdeur métaphysique mise en forme à travers de nombreuses citations – c’est assez simple, on en parle à lokaz).

    Quant à la 3D, ça me surprend ouais… car en fait, moi ça m’a fait l’effet inverse ! Tu viendras faire un tour par Baiona 1 2 C 4 pour re-tenter l’exp !

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