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GUIDO DANIELE : Jeu de main, jeu de vilains ?

[ 2 ] 21/03/2010 |

Erotisme, douceur et volupté : tels semblent être les mots d’ordre du peintre italien Guido Daniele lorsqu’il pose son pinceau sur la chair tendre d’un corps dévêtu. Car oui, vous avez bien lu, Guido Daniele peint à même le corps, une méthode que l’on appelle par anglicisme le « bodypainting ». Alors que nos ancêtres lointains, à l’aube de l’humanité, peignait avec du charbon et du sang d’animaux, le peintre revient ici aux sources de la peinture éphémère avec néanmoins des moyens plus modernes (le sang d’animal s’avérant quelque peu dépassé…).

Si l’artiste réalise des peintures sur tout le corps, ainsi que des paysages et des photographies, ce sont cependant ses « manipinte » qui ont attiré toute mon attention. Rien qu’une main et un pinceau pour un zoo-cabaret enflammé, le spectacle est époustouflant. Avec quelques touches de couleur et d’imagination, le travail minutieux de l’artiste mène en bateau le spectateur qui peinerait presque à distinguer la dimension fictive de la main-animale. Reptiles, mammifères, oiseaux et animaux marins, aucun roi de la jungle ne semble échapper au maitre du trompe-l’oeil. Puisque les mots ne remplacent pas (toujours) l’image, je vous laisse admirer de vous-même le talent incontestable d’un homme qui fait de ses mains une véritable animalerie.


Né en 1950 à Soverato, Guido Daniele exerce aujourd’hui à Milan. Quand le corps devient la toile. En France, dans cette mouvance du body art, qui prend le corps comme objet central de l’art, on connaissait Pierre Molinier et le provocateur Michel Journiac. A la fin des années 1960, lorsque l’émancipation sexuelle commence à se faire ressentir, « l’objet » de l’histoire de l’art n’est plus le mythe vasarien du peintre mystique, ni la perfection naturelle d’un nu antique, mais bel et bien le corps humain dans toute sa splendeur. Plus d’idéalisation, plus de pâle copie de la nature, l’artiste se confond avec l’œuvre, il est lui-même le « chef d’œuvre ».

Dans un long débat qui s’était ouvert au début du XXème siècle, nombreux sont ceux qui ont tenté de donner à l’histoire de l’art une définition scientifique. De Régis Michel à Roland Recht, on s’est souvent posé la question : Quel est l’objet de l’histoire de l’art ? Quelque part, l’art de Guido Daniele nous apporte un élément de réponse : l’art n’est plus le culte du sujet ou le mythe de l’artiste. Ici le sujet n’a pas réellement d’importance, l’œuvre est éphémère mais le corps évolue. L’objet ici, est le corps.

Charlotte HENRY
- Pawioli -


Commentaires (2)

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  1. avatar E. dit :

    Très jolie découverte. Merci pour le voyage Charlotte. Et bienvenue chez nous ! J’espère que tu t’y amuseras !

  2. avatar Pawioli dit :

    Merci pour l’accueil ! J’espère pouvoir bientôt faire partie intégrante de la communauté Publik ARt’, je suis ravie de pouvoir y apporter ma graine de savoir !

    Charlotte – Pawioli.

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