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Hostel : le trash comme on l’aime

[ 0 ] 03/09/2009 |
Après l’avoir vu et apprécié en « Ours juif » dans Inglourious Basterds, il était de bon ton de découvrir enfin les talents de réalisateur d’Eli Roth, ami et collaborateur de notre Tarantino préféré.

Hostel a déjà quelques années. Sorti en 2005, il déclenche les foudres du député slovaque Tomas Galbavy, qui dépeint ainsi le film d’Eli Roth : « C’est une monstruosité qui ne reflète aucunement la réalité et ne peut que nuire à la bonne renommée de la Slovaquie. Je suis vexé par ce film, je pense que tous les Slovaques doivent se sentir vexés. » Mais pour un film d’horreur, n’est-ce pas que du bonheur d’engendrer de telles réactions ? Eli Roth lui, explique son film par l’utilisation de stéréotypes américains.

Et il est clair que le film joue à fond là-dessus : les étudiants californiens à la découverte de l’Europe et des plaisirs de la chair… La jeunesse américaine chérie confrontée à la jeunesse pauvre et sale d’un petit bled du fin fond de la Slovaquie. Voilà un bon départ, en tout cas.

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Pauvre et sale, c’est vite dit. Car au départ, tout semble verni, chatoyant et pailleté. Les maisons sont jolies, l’hôtel est luxueux et les filles sont faciles. Tout cela bien sûr, dans l’univers du film d’horreur, cache quelque chose. Quelque chose de glauque et de violent, sans doute.

Cela va sans dire que devant un film d’horreur, on attend crispé le moment où l’envers du décor va apparaître, laissant notre estomac noué de peur. Mais ici, le film se sépare en deux parties, car Eli Roth a choisi de prendre son temps et de poser le décor dans les règles du genre. Durant les trois premiers quarts d’heure, on sait, on sent, on commence à flipper, puis plus rien. On repart en boîte de nuit avec deux alléchantes autochtones prêtes à tout pour satisfaire nos trois héros.

L’ambiance se gâte quand l’un des trois manque à l’appel, tout devient plus douteux, moins paradisiaque, plus réel en somme. Le scénario est impeccable : première disparition. Les deux amis commencent à se poser des questions alors que nous, pauvres petits spectateurs, avons déjà été mis au courant de ce qu’il est advenu d’Oli. Deuxième disparition. Cette fois on se réveille en même temps que Josh dans une salle verdâtre aux moult instruments de torture que l’on distingue à travers le trou de sa cagoule. Terrifiant. Une vue subjective pour une effarante scène à venir, parmi les plus réussies du film (notamment grâce au jeu extrêmement réaliste de Derek Richardson/Josh). C’est le retour auprès de notre dernier héros encore debout, Paxton, qui va nous faire découvrir l’immense machination. Et quelle machination!

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Pour ne rien révéler, disons simplement que le film dénonce le marché de l’être humain. Dans cette Slovaquie fictive, la pauvreté a tout sali. Tout n’est plus que corruption : hommes, femmes, vieux, jeunes, enfants et même policiers se soudoient sans difficulté. Tout au long de la première partie, les références à la prostitution annoncent subtilement ce thème : l’argent peut-il tout acheter ? Ici, la réponse est oui, sans aucun doute. Et le film va suffisamment loin pour en apporter la preuve.

Alors, tous en chœur, pour ses instruments de torture osés à souhaits (de la perceuse électrique au chalumeau, en passant par la tronçonneuse) qui, par moments, côtoient le second degré tout en étant au final, complètement logiques, merci Eli Roth. Pour son excellent scénario, sa réalisation puissante et sauvage, ses décors authentiquement sanglants, crades et malsains, merci Eli Roth.
Et par-dessus tout, pour son utilisation exemplaire du film d’horreur, dont la mise en scène de choses extrêmes et choquantes sert avant tout à critiquer les dérives de l’Homme et de ses sociétés occidentales, merci Eli Roth.

- Caroline Mrowicki -

Plus d’infos sur ce film

coupdecoeur


Commentaires (0)

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  1. avatar E. dit :

    Alors pour ma part, je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas du tout accroché… J’avais écris un petit billet sur le coin d’une nappe qui en témoigne : http://publikart.net/hostel
    Jolie critique ceci dit, tu m’as presque fait oublier que je n’étais pas sur la même longueur d’ondes :)

  2. avatar Caro dit :

    Ouawouh en effet tu n’avais pas accroché du tout!! Je dois dire que je ne vois pas pourquoi vu ce qu’il m’a fait à moi ce film!! Mais des goûts et des couleurs…
    Disons que ce qu’il y a de bon dans la critique comme dans l’art, c’est qu’il en faut (et qu’il y en a) pour tout le monde!! Et c’est tant mieux!

  3. avatar E. dit :

    Tout à fait d’accord !

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