I love techno Europe 2016 : 18 000 personnes en transe, à Montpellier

 

I love techno Europe 2016 : 18 000 personnes en transe, à Montpellier

Le commencement

L’air vrombit. Il est froid, légèrement humide par la proximité de Pérols et ses fameuses cabanes. Tout autour de la fin de la zone industrielle de Lattes gémit des sonorités encore étouffées, mais proches d’être libérées. Nuit noire troublée par des phares qui scintillent un peu partout autour du complexe Arena-Parc Expo. Régulièrement, des Walking Deads traversent devant, derrière, partout. Il est 21h et I LOVE TECHNO EUROPE 2016 commence pour moi. Une nouvelle nuit de folie dans la périphérie de Montpellier où tous les ravers, teuffeurs et autres amateurs de musiques électroniques undergrounds vont s’entremêler. Pas comme en 2014 et la scandaleuse annulation du festival tout juste passé chez le prestataire Live Nation l’année d’avant. 35 000 personnes spoliées de leur envie de s’éclater à la dernière minute, suite à un avis défavorable sur la sécurité donné par le maire de la commune. Un scandale, un vrai. Et irresponsable. Car ces 35 000 personnes (chiffre jamais retrouvé depuis) ne viennent pas de Villeneuve les Maguelone ou de la Grande-Motte voisine, chers élus. On comprend parfaitement que la sécurité soit primordiale, surtout en ces temps troublés, mais comment fait-on pour se rendre compte que tout cela est défectueux que le jour même ? Bref, passons. I Love Techno par Live Nation a survécu. Pour cela, il a dû couler l’original qui se déroulait depuis longtemps à Gand, chez nos voisins belges. Il boitille encore légèrement, mais il est vivant.
Légèreté et mélodie à la Française
Etait-ce l’heure d’arrivée ou une meilleure organisation, toujours est-il que la fluidité pour rentrer au sein de l’Arena est à souligner. Directement, la bonne ambiance propre à l’univers électronique flotte dans l’air. Beaucoup de jeunes hommes déguisés boutadent et sautillent joyeusement en direction du lounge, passage obligé avant les immenses halls du Parc Expo. Un stand photo, un bar, une boutique éphémère et, surtout, une mini scène peuplent le lounge cette année. On retrouve cette idée de mini scène également entre la Blue Room et la fameuse Red Room, dans un espace dédié à la restauration où l’on pouvait trouver de tout jusqu’au bahn mi vietnamien. Là encore, l’orga marque des points pour le confort de ses hôtes. Bon, pas le temps de niaiser, le programme est alléchant et déborde de partout. Je commence par foncer en Red Room pour tâter la fin du set de Mind Against. Leur electro organique minimaliste est le warm up parfait pour lancer le festival. Ca siffle de partout et les premiers frissons me parcourent le corps. Définitivement très doué le duo. Tant pis pour les retardataires. Dans la foulée l’enchainement Petit Biscuit et Worakls à la Green Room parait glisser tout seul. Le jeune surdoué Frenchy de 17 ans auteur de Sunset Lover nous offre une presta très aboutie malgré les coupures entre chaque morceau pour … un concert. Que ce soit avec ses pads, sa guitare et sa batterie, surtout sur l’extraordinaire Once Again, Petit Biscuit nous fait complètement oublier qu’on est à I Love Techno avec son electro pop mélodique et envoutant. Ces deux adjectifs collent également parfaitement à son compatriote Worakls, du label Hungry Music. Egalement en live, il remet le BPM de la Green Room à un niveau correct pour que tout le monde se remette en jambe. Envolées lyriques sous fond de drums percutants et puissants, sa techno est décidément tout un monde à part.


Entrons dans les heures sombres

Entre les deux, je me suis permis le luxe de flirter avec les courants d’air glaciaux entre les différents halls pour écouter un peu le live de Recondite, qui avait signé le plus gros son de l’an dernier pour moi avec Levo. Basses envahissantes, claviers minimalistes, l’Allemand régale la Red Room. Par contre, le premier bémol apparait dans la Green Room, puis sera également constaté dans la Red. Malgré la hauteur sous plafond impressionnante et la présence largement densifiée de vigiles, tout le monde ou presque fume ! Gorge qui gratte, yeux qui piquent, impossible de rester vers le devant des scènes. A quoi cela sert-il de pondre des lois si c’est pour ne pas être respecté ? Long débat sur la vie en communauté. Un désagrément qui en crée un autre : l’impossibilité d’apercevoir correctement Maceo Plex rentrer en scène car … la salle est légèrement penchée et le DJ placé pas assez haut. Pensant corriger cela en me glissant dans le carré VIP pour faire quelques images, voilà que l’accès y est interdit à la presse !? Je veux bien que Live Nation nous explique le pourquoi du comment. Nevermind, revenons au boss du label Ellum et à sa techno tribale, spatiale voir cannibale par moment. Ca, si y’en a bien un qui sait électriser la foule en jouant sur les moments faibles puis des coups d’acid bien sentis, c’est bien Maceo Plex. Deux passages à Montpellier cette année 2016, après Family Piknik, deux highlights musicaux et festifs. L’invité surprise du festival prouve encore une fois qu’il est bien l’un des plus grands noms de l’electro underground actuel.

18 000 personnes en transe

Les légendes vivantes Laurent Garnier et Dave Clarke envoient tout leur savoir-faire sur le dancefloor. Le public ne s’y trompe pas et apprécie à sa juste valeur toute la maitrise de ces deux pionniers de la techno reconnaissables parfois à leur côté bourrin. Un côté dur qu’on retrouve par moment chez Vitalic qui y présentait son nouveau live. Même si je reste plutôt sceptique sur le côté visuel du show, force est de constater que le Français, habitué de la Villa Rouge, demeure une valeur sûre du paysage électronique hexagonal. Ses tracks, entre neufs et anciens, ont déchainé la Green Room : Ooey, Stamina et la revisite très electro-clash de No fun. Lui et l’invité de dernière minute, le génial touche-à-tout M. Oizo étaient les parfaits warm-up pour le finish surpuissant et racé de Ben Klock et de Marcel Dettmann. La techno portée à son summum ouvrant vers des afters partys interminables. Leur B2B était indubitablement l’immanquable de cette édition 2016 d’I Love Techno. Pourtant, mon set préféré restera celui de Quentin Dupieux alias M. Oizo, toujours aussi nébuleux et perché, enchainant Technotronic avec du Justice, ou encore les Daft Punk avec du Skrillex. Fantasque as hell !

I Love techno

Note
Originalité
Cohérence
Plaisir de l'écoute
Jean-Marie Siousarram
Manipulateur de mots pour la presse web depuis quelques années. Cinéphage compulsif, féru de culture en tout genre, de voyages, de musique électronique, de foot. Rejeton de Chaplin, Hitchcock et Fincher.

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