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I love you Phillip Morris, de Glenn Ficarra et John Requa

[ 3 ] 23/02/2010 |

Première réalisation des scénaristes de Bad Santa, Glenn Ficarra et John Requa, I love you Phillip Morris est une comédie purement américaine, qui n’évite malheureusement pas les clichés sur les homos.

Synopsis : Détrompez-vous, I love you Phillip Morris ne parle pas de l’homosexualité. Il raconte l’histoire de Steven Russell qui purge aujourd’hui encore ses 144 ans de prison. Un arnaqueur attrapé dont l’histoire véridique est au final le seul intérêt du film.

A mi-chemin entre Brokeback Mountain et Arrête-moi si tu peux, on aurait apprécié que le film se place une bonne fois pour toutes dans un genre. Le côté arnaque et film de prison se mêlent en effet assez maladroitement à la comédie romantique. On passe un bon moment, mais rien de transcendant.

Gros souci du film : en plus de ne pas trouver sa place dans un genre, il ne trouve pas son rythme et au bout d’une demi heure, on commence sévèrement à s’ennuyer. La répétition des situations devient vite fatigante et les gags sympathiques ne suffisent pas à remonter le niveau d’une succession écœurante de clichés sur les gays.

Miami, pantalon blanc moulant, chemise ouverte et foulard autour du cou, tout y est. Même le chiwawa. Si le film est à prendre au second degré, il n’amène pas clairement le spectateur à cette interprétation et l’erreur est là. Car vu au premier degré, la force des clichés n’en est que plus grande et l’influence devient néfaste.

On pourrait y aller pour les acteurs mais là encore, il me semble que le bât blesse, et croyez-moi, je sais que je m’attaque à des valeurs sûres : Jim Carrey joue toujours assez juste mais ici encore, il est utilisé pour un rôle à la Ace Ventura qui l’empêche d’exprimer son immense talent, dont on a pu profiter par exemple dans le sublime Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Plus choquant encore, le jeu stéréotypé d’Ewan McGregor, dirigé « à la va comme j’te pousse », qui campe un Phillip Morris trop lisse, qui court comme une fille et s’assied délicatement, fesses sur le côté.

Non, vraiment aucun réalisme, aucune sensualité et peu de profondeur dans cette histoire d’amour homo comico-dramatique qui ne fait que sourire et qui ne fait pas pleurer non plus. Dommage.

- Caroline Mrowicki -


Commentaires (3)

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  1. avatar Menzo dit :

    Mmm… pas tout à fait d’accord avec toi.
    J’ai justement trouvé ce film sympatique, ça reste une comédie et comparer le jeu d’acteur de Jim Carrey au sien dans Eternal Sunshine n’est pas vrailent possible ici. comme tu le dis c’est un film à prendre au second degré, et en effet le fait que les deux protagonistes soient gays n’est pas le fil rouge du film. je trouve ça assez rafraîchissant dans le ciné actuel où le simple fait de parler de personnes homos fait oublier tout le reste. Voilà enfin un film qui rend cette vision obsolète! Certes la scène « Miami » est un peu exagérée mais c’est bien la seule, le reste est clairement 2nd degré…
    C’est avant tout un film sur un arnaqueur, que j’ai trouvé amusant et parfois surprenant, pour passer un bon moment! Je ne pense pas que le but pour cette comédie ait été de faire réfléchir le spectateur, mas bien de se laisser happer par les excentricités du héro.
    Petit bémol certes sur la perf de Ewan McGregor, pas assez exploité à mon sens.

  2. avatar Caro dit :

    Oui je suis d’accord, j’ai été un peu virulente dans mes propos, j’avoue!! Oui pour le second degré mais je trouve qu’il n’est pas assez clair. Non pour Jim Carrey je disais justement le contraire: sa prestation est loin de la profondeur de son jeu dans Eternal Sunshine.
    Et je suis assez d’accord avec toi sur le fait que c’est vraiment agréable que l’homosexualité ne soit justement pas le sujet principal du film. En fait je crois juste que j’ai du mal avec ce genre de film un peu fouillis qui effleure plein de choses sans s’y attarder vraiment. Parce que question arnaque, on ne peut pas dire que ce soit vraiment le sujet non plus: Arrête-moi si tu peux est un vrai film sur un arnaqueur, là pas vraiment.
    Donc voilà c’est ce côté « on touche du doigt mais sans plus » qui fait que je n’ai pas été transportée, ni touchée par ce film!

  3. avatar E. dit :

    Je ne l’ai pas vu mais je pense que je ne détesterais pas. Au contraire, j’aime les films qui ne rentrent pas dans le moule, ou dans aucun genre particulier. Tant mieux si c’est le cas de ce film. Entre nous Caro, si c’était pour nous servir un « Arrête moi si tu peux », je ne crois pas que le film aurait été plus apprécié (je n’aime pas du tout ce film).
    Par contre, Eternal sunshine est une magnifique référence.

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