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Immersion dans la marmite Transmusicales 2009

[ 3 ] 08/11/2009 |

trans

Pour cette superbe édition 2009, une palanquée de trucs insensés vont nous taper dur dans les neurones. Du 2 au 5 décembre à Rennes, sons de partout et d’ailleurs révélés, ressuscités ou rappelés. Echantillon recommandé par Publik’Art, l’estampille est là.

Comme tous les ans depuis 2004, les Transmusicales se définissent un peu comme ça : un endroit où tout est musique et découverte au-delà des frontières géographiques, sonores, psychologiques et culturelles. Un lieu sans lieu, capable de s’exporter sur tous les continents quand l’envie lui en prend. On vous demande d’ouvrir l’oreille, un point c’est tout. Non cet article ne s’arrête pas tout de suite. Cela dit, on va passer très vite sur la définition connue et bien connue et reconnue.

D’ailleurs, entre nous soit dit, n’est-ce pas étonnant pour un festival de se présenter toujours sous l’angle du dépassement des frontières ? Tout festival n’est-il pas précisément ce genre d’endroits où tous les publics et tous les sons se côtoient ? Et la musique a-t-elle attendue les Trans’ pour savoir s’expatrier dans les airs et trouver des tympans aptes à la recevoir en tous points de la planète ?

Alors peut-être oui, les Trans’, c’est encore plus que n’importe quel festival, des rencontres ici venues de partout et même de coins bien reculés – dans les limites de l’imaginable, parce que dénicher des bruits dans la nature n’est pas toujours facile – des rencontres ailleurs, et puis des échanges un peu comme ça, posés sur la planète. Et puis oui, les Trans’, c’est aussi une frénésie ‘d’actions culturelles’, mais vous savez quoi ? Il nous semble que la vraie définition du festival, c’est tout de même la musique qu’il choisit attentivement et qu’il vous programme aux petits soins.

Jean-Louis Brossard, le programmateur, sait traiter les journalistes : les enivrer de café, les saouler des 30 000 meilleurs sons du festival, difficile de sortir de la séance sans avoir dans le crâne un chaos d’échos foisonnant qui vous fait dire que les Trans’ sont extraordinaires. Mais si la technique est bonne, le contenu y est aussi, et il y a bien de quoi en boire jusqu’à la lie.

Le premier paquet nous débarque d’Angleterre évidemment, et jamais mon baromètre géographique ne me trompera dans la multitude de vibrations aériennes qu’on m’inflige.

transformer

- Transformer : de Brighton, cela sonne comme un son post-punk rock dynamique irrésistible, avec son quota de bonne lourdeur et d’énergie dansante électro. Des riffs gorgés de gravité métallique sur un air dancefloor tout en synthé, le groupe rappelle une dose de funk en trompette et une autre d’Angleterre à la Talking Heads, en passant par un brin d’hérésie à la Hot Chip.

hook

- Hook and The Twins : immense et audacieux, comme un exutoire et ses cris. Ils sont de Londres, ils sont apparus cette année. Quelque chose qui vous enlève de votre corps pour vous saisir en apnée ou en plein vol dans le ciel dans un flottement irréel de synthés avec une petite piqûre de blues au passage, comme pour ne pas oublier l’authenticité. C’est pour quand la signature ?

vvm

- VV Brown : une perle sidérante made in London qui commence à être redoutable en termes de célébrité, en musique et dans Vogue, qui nous chante le rock et le blues à la moderne. Rétro-soul viscérale. Des 50′s revisitées à l’électro sur une vieille trame blues avec basse, slam, et bizarreries. Son album, Travelling Like The Light, nous fait penser que la lumière de 24 ans va resplendir au fil des âges.

detroit_social_club

- Detroit Social Club : côté psycho avec voix vintage à la Pink Floyd, rythmé rock’n'roll nonchalant chic. Comme une résurrection de ce rock enivrant, brutal et savoureux que nous sert la Perfide Albion depuis toujours. Folk-rock-blues à la puissance dévergondée batifolante, les Anglais utilisent les cithares, les guitares, et tout le reste comme des évidences au sein d’un programme musical blues-rock convaincant.

Un petit peu d’ailleurs pour le second lot, on retiendra, à visiter :

cass

- Cass Mc Combs (Etats-Unis), simplement génial. Comme un 50′s authentique, totalement dingue, pour un retour aux sources de jouvence bien noires de l’Amérique. On croirait un vestige laissé sur le côté de la route qui revient dans le tumulte fashion-hype-hip-in actuel chronométré à la seconde près comme s’il s’était perdu. Bol d’air d’une époque révolue pour coming back d’huiles essentielles.

rodriguez

- Rodriguez (Etats-Unis), juste magique, basse, guitare, voix dans une mixture puissante et indélébile pour un folk surréaliste pénétrant. Le Monsieur ressort sa galette des années 70 et nous la sert à Rennes au passage, pour nous rappeler sa façon de vibrer à la Bob Dylan. Une sorte de blues sans époque, nourri au folk, au rock, à la soul et à un petit peu de tout ça sans discrimination.

- Rubberhead Banditz (Danemark), célèbre la vie pour les jeunes heureux d’être sur terre. Encore l’un de ces délires euphorisants, mais l’on ne s’en passera jamais. L’enthousiasme déversé dans ces sons pour le moins délirants remplacent bien quelques champignons hallucinatoires (les deux sont cumulables).

Troisième lot et pas des moindres, ça se passe dans l’hexagone bien de chez nous, avec quelques petites trouvailles bien heureuses.

- Nimh : étonnants français à guitare sixties au rock parfait et à la pop classique bien menée. On entend une batterie lourde quand il le faut, toute fraîche quand il le faut, soutenir un folk rock électro léger et grave sur une même mesure, pour un tempo parfois plus blues. Un enthousiasme joué et partagé.

del cielo$

- Del Cielo : susurré, sensuel, hyper sucré, on succombe. Voilà une douceur sèche qui observe ce qu’il se passe ici-bas mais de là haut, perchée pour toujours à la cime d’un duo un peu amer et pourtant si mélodieux, comme une raclée flanquée avec la plus extrême minutie et au ralenti. Les Inrocks les suivent, ils ont bien raison. Un petit rock pommé dans ses douleurs comme une fleur un peu fanée revêche.

gablé

- GaBLé : son rigolo, son impossible, comme un cow boy affublé d’un vieux piano désaccordé en plein désert. Gros tambour, voix en choeur avec 15 personnes âgées choisies pour former une chorale : ils nous livrent de drôles d’idées en mode farfelu rocambolesque mais de qualité pour un folk-rock-indé pretty cool, on en redemande.

slow

- Slow Joe and the Ginger Accident : du synthé Blues au crooner indien classe à la voix chaude et élégante. Des sons d’une profondeur grave très belle, accompagné d’un saxo, funk à souhait. Voilà du blues quasi-américain rêve là-bas en Inde au rythme de la paresse ensoleillée…Qui rencontre en studio un ensemble batterie-clavier-basse révélateur : le Ginger Accident, de Lyon. L’Inde et la France vont se rencontrer pour de vrai aux Transmusicales, une première.

down

- Downtown Cuckoo : sonne comme un post punk garage insurmontable, comme une atmosphère de Londres, de Brighton ou d’Oxford, pourtant bien française. La bonne exception à la règle d’un son anglais parfois moins facilement détecté. Epuisant et convulsif, trouvé dans les mines, brillant sur les scènes.

Le festival a ses travers : quelques sons atterris là on ne sait trop pourquoi, fausses magnificences dénichées dans les cambrousses les plus reculées de la planète pour faire ‘Trans‘, mais pas pour faire beau. Quelques sons bien citadins aussi et pourtant pas si terribles.

Mais quand même : bienvenue dans une mine incroyable bourrée de talents multiples, qui nous fait constater qu’il n’y a rien à faire, le son anglais, c’est le son anglais, un truc incroyable qui ne pousse que là-bas, immédiatement reconnaissable et plus beau, évident, rock et suave que n’importe où…Mais qu’en France et par-ci par-là, on regorge aussi de talents inexploités. A dénicher d’urgence, on vous y aide.

coupdecoeur

- Céline Escouteloup -


Commentaires (3)

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  1. avatar E. dit :

    Excellent article. Que du bon en perspective. Bien joué Céline :)

  2. avatar C. dit :

    T’en parles tellement bien que tu as l’air de tous les connaître parfaitement bien… ton secret pour découvrir tous ces artistes et les disséquer si bien?!

    Et bien entendu – question subsidiaire : début décembre, t’y seras à Rennes, bouffer de l’anglais (st ils tjs aussi bien représentés – en force?!)

  3. avatar Spoomette dit :

    Je pense y être oui, je cherche un toit !! :) et que j’aiiiime, dévorer de l’anglais.

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