In the Air, la crise dans tous ses états (DVD)
Un film de Jason Reitman avec George Clooney et Vera Farmiga
Distribution : Paramount
Date de sortie DVD : 27/05/2010
Ni vraiment comique, ni vraiment dramatique, ni vraiment romantique, In the Air donne plutôt dans le portrait de société. Le dernier-né du réalisateur indépendant le plus populaire qui soit, Jason Reitman (Thank you for smoking, Juno) est un film plaisant, qu’on ne saurait en effet classer dans un seul genre.
Synopsis : Ryan Bingham (George Clooney) est un spécialiste du licenciement. Appelé au quatre coins des Etats-Unis pour effectuer le sale boulot quand les patrons n’en ont pas le courage, il passe sa vie dans les aéroports et les chambres d’hôtels. Il n’a aucune attache et il est heureux comme ça. Son seul but : atteindre les 10 millions de Miles en vols American Airlines…
Les années 80 ont connu les premiers films post Vietnam. Nous commençons donc cette nouvelle décennie avec les premiers films post crise financière ! Cela fait maintenant suffisamment longtemps que le chômage fait rage, il est temps d’en parler. Et c’est ce que fait très habilement Jason Reitman dans In the Air. Le licenciement, la crise, la société, l’être humain quoi. Et par la même occasion, pourquoi ne pas réfléchir à la place – et je pèse mon mot – terriblement importante que le travail occupe dans nos sociétés actuelles. Comment peut-on en arriver à se suicider après un licenciement ? Comment un tel désespoir peut-il être lié au simple fait de gagner sa vie ? En somme, comment le travail peut-il devenir plus important que la vie elle-même ?
Jason Reitman en profite d’ailleurs pour lancer quelques piques sur le système de santé américain, puisque perte d’emploi y est synonyme de perte d’assurance maladie.
Par sa mise en scène et son montage saccadé, In the Air montre l’étendue des dommages. Des vagues de licenciement de près de trente personnes d’un coup, des dizaines de réactions montées à la chaîne et un magnifique plan sur une pièce remplie de sièges de bureau inoccupés. Des locaux déserts, une secrétaire en larmes. En tant que spectateur, on a soudain l’impression de se rendre compte des conséquences de la crise et du nombre incalculable de gens qui se sont retrouvés à la porte, après des années de bons et loyaux services. Merci, bonsoir !
Liée de près, la théorie du sac à dos de Ryan Bingham : qu’est-ce qui est le plus important ? Est-ce la vie professionnelle, la vie privée, la vie matérielle ? « Mettez tout cela dans votre sac à dos. Et maintenant, essayez d’avancer. »
Alors quelle vie choisir ? Il est lui-même un personnage perdu. S’il se trouve bien dans sa vie solitaire, on lui fait remarquer qu’il est un complet marginal. Et s’il veut d’une autre vie, celle-ci se charge de le ramener à sa réalité. Encore un bien joli rôle sur mesure pour le célibataire le plus prisé d’Hollywood. Et tant qu’on parle des acteurs, profitons-en pour faire une ovation à la petite Anna Kendrick, nouvelle venue dans le cinéma indépendant (auparavant elle est apparue dans la saga Twilight) et qui livre une prestation largement à la hauteur de ses partenaires.
Un film intelligent et plaisant, que demander de plus ? George Clooney ? Et bien c’est fait. Merci, bonsoir !





C’est marrant, je ne le voyais absolument pas comme une réflexion sur la crise et le chômage, mais comme une analyse de l’homme moderne d’aujourd’hui avec pour prétexte le fait de licencier de gens dont on ignore tout, tout comme on vit avec des gens dont on ignore tout aussi.
En tout cas un film intelligent et très fait !
http://jul.over-blog.com/article-in-the-air-44127671.html
J’ai lu ta critique également et je suis tout à fait d’accord avec toi. En fait je pense que les deux aspects sont tout autant présents ce qui nous laisse un film encore plus riche!
Un film qui laisse le choix de l’interprétation, c’est encore mieux!
Je viens tout juste de commenter l’article sur le blog de Jul que je tombe sur cet article ! Deux approche du même film assez différentes c’est vrai, mais je trouve les deux justes. J’aime bien le fait de voir ce film dans un contexte global « d’après la crise », je pense qu’il n’aurait pas été le même 5 ans avant. Pour ma part j’ai trouvé cette réflexion sur le travail et son rôle dans la vie très riche : d’un côté le perso principal n’a pas de vie, et n’existe que par et pour son job. D’un autre côté il y a une scène très chouette ou il vire un pauvre gars, qui a abandonné sa vocation (je ne sais plus exactement laquelle) pour ce boulot « stable » dont il se fait virer. A ce moment la le perso principal parle du travail d’une manière toute autre et pousse l’employé à reprendre son rêve. Je ne sais pas si je suis clair, mais cette approche « ouverte » du travail m’a beaucoup parlé, pas de réponse imposée, une vraie réflexion quoi…
Oui c’est vrai, ça laisse chacun avoir sa vision du film, dommage que ça n’arrive pas plus souvent ! Comme dit Ceegee, le film est plein de surprises, rien n’est fixé d’avance, les personnages n’ont pas une psychologie définie d’avance mais peuvent se regarder en face au moment où il le faut (soit par eux-mêmes, soit poussés par les autres comme quand Clooney va remonter le moral à son futur beau-frère avant le mariage). On ne sait jamais ce qui va se passer mais le réalisateur ne cherche pas pour autant à nous en mettre plein la vue, il fait les choses simplement et avec beaucoup de plaisir.
Je n’ai pas vu les deux premiers films de Jason Reitman (Thank you for smoking et Juno) mais c’étaient, parait-il, deux très bons films. Je ne dirai pas du tout la même chose de « In the air ». Si ce n’était pas George Clooney l’acteur principal, ce film n’existerait pas
Je ne raconterai pas l’histoire du film, d’ailleurs, je ne suis pas sûre qu’il y en ait une, mais on aborde quelques sujets très intéressants (problèmes de licenciements et toutes ses conséquences, relations dans le couple, relations familiales, valeurs et sens de la vie…) mais tout est très superficiel.
George Clooney est payé pour apprendre à des employés qu’ils sont licenciés, car leur propre patron se débarrasse de cette corvée. On voit en filigrane, le désarroi de ces personnes qui perdent leur boulot. Et parallèlement on voit G.Clooney mener sa vie, sans se soucier des autres. Il vit libre, sans contrainte, sans attache, sans famille et passe son temps dans les voyages… Il reste très peu de jours chez lui, fait des rencontres, vide son sac à dos qui est presque vide, car c’est sa théorie du bonheur : ne rien avoir comme attache. D’ailleurs, il donne même des conférences (à but lucratif !) pour expliquer aux autres comment être heureux : ne rien avoir, ne dépendre de personne… Bref, une vie très creuse… comme le film !
Et puis, un jour, lors de ses voyages, il rencontre une femme, qui vit de la même façon que lui, très librement. Il en tombe peu à peu amoureux, tout en ne la voyant qu’à certaines escales.
Bref, on voit un américain (c’est un film très américain, pas du tout sur la crise !)vivre libre et heureux, avoir des relations sexuelles quand il veut, avec qui il veut, dans des palaces payés par son employeur (alors qu’il licencie des pauvres gens)…
Et parallèlement, Jason nous montre une autre facette américaine, très conservatrice : la sœur du héros se marie, valeurs sûres et traditionnelles. Le futur mari prend peur et c’est Clooney (comble du comble), qui n’y croit pas (au mariage !) qui le remet sur le droit chemin : mais si, la famille, c’est bien, le mariage, une valeur sûre, rien de mieux et seule façon d’être heureux… Bref, le film devient très commun. Tout y passe. Toujours de façon très banale et superficielle. La sœur se marie…
Bref, on commence sérieusement à s’ennuyer…
Si vous aimez G.Clooney, allez-y ! il est superbe, cynique à point et toujours aussi charmant. (Les autres acteurs sont insignifiants…)
Sinon, abstenez-vous !
Je ne raconte pas le revirement de situation de la fin du film… Ridicule …
Bref, rien à retenir…
Très grosse déception.
Forcément je ne suis absolument pas d’accord, mais je crois que cela arrive rarement vu le précédent épisode Un Prophète. Et je n’étais pas d’accord non plus sur Gainsbourg… Mais chacun pense comme il veut, ressent les choses et les films comme il les ressent. J’ai ressenti In the Air comme un film qui fait écho à la crise, c’est mon avis. Certains seront d’accord avec moi, d’autres non. Mais je ne prétends pas détenir la vérité, ni l’objectivité. Je crois que ce n’est pas le but de la critique.
Je ne me permettrai pas de contre-argumenter, mais juste de remettre les choses à leur place: RTT est ridicule, Arsène Lupin est ridicule, Elektra ou Daredevil sont des films ridicules. Un film qui parle de la société, de l’être humain et de ses difficultés à choisir une vie ou une autre est tout sauf « ridicule ». Je crois qu’il faut quand même choisir ses mots!
En bref, des goûts et des couleurs… Comme d’habitude!
Pas de problème Caro ! heureusement que chacun est libre de penser comme il l’entend !
Je respecte ton avis !
Bien sûr qu’on a une « expression » de la crise. Mais honnêtement, si tu es dans la situation du licencié, tu dois mal le vivre (en regardant le film): ils ne retiennent l’attention que quelques secondes où ils en profitent pour vider leur sac !Et après ? Rien, chacun sa m… ! ou chacun sa vie !Le malheur des uns fait le bonheur des autres.
D’autre part, je ne dis pas que le film est ridicule mais le fait que Clooney se fasse plaquer !
En fait, Clooney, il n’a pas le bon rôle : il est suprêmement égoïste, se fait de l’argent sur le dos des autres, sans jamais se remettre en question, il est beau (ça c’est vrai !), libre, il réussit tout, il est sûr de lui, puis tout d’un coup, il se met à obéir aux autres ( mariage de sa soeur), et ne maîtrise plus sa vie. Alors, il s’effondre. Pathétique ! Il est quand même un peu ridiculisé, non ?
Mais on peut aussi le voir comme une analyse de l’homme moderne américain, avec un aperçu rapide des dégâts considérables de la crise. Après, à chacun d’y adhérer ou non.
L’important est d’y réfléchir !
Mais je respecte totalement ton point de vue !
Mais oui, rien et chacun sa m…! c’est bien ça que le film veut montrer! C’est en ça qu’il parle de la société et effectivement de l’homme moderne (mais pas que américain, c’est toujours un peu facile de dire ça, des patrons pourris y en a aussi plein en France et ailleurs et des gens qui font une sorte de crise de la quarantaine aussi…et puis le réalisateur est Canadien!) Je ne trouve pas que le fait qu’il soit perdu et plaqué le rende pathétique ni ridicule mais bon.. Il se rend compte qu’il n’est proche de personne et tente de se rapprocher de sa famille ce n’est pas ridicule!! Enfin on ne tombera pas d’accord je pense!! ^^
Roooooooooo, faisait longtemps que de bonnes polémiques comme ça n’avaient pas été soulevées, j’adore !!! Vais essayer d’y aller pour vous donner mon avis en espérant pouvoir participer à vos (d)ébats ! C’est beau… c’est ça aussi P’Art : de l’échange à partager !!!!
De mon point de vue ce film est une merde, comme vos critiques et toute cette merde actuelle de Publik’Art. Je me barre d’ici, ça pue le débat à plein nez.