Suivez le flux RSS

Inglourious Basterds : Tu nous as bien eus, hein Quentin ?

[ 0 ] 27/08/2009 |

inglorious-basterds-inglorious-basterds-19-08-2009-2008-7-g

On l’attend depuis des mois, le dernier Tarantino. On a tous eu le temps de voir et de revoir les teasers, trailers, images officielles et officieuses du dernier bébé du réalisateur préféré de notre génération. Mais si tu sais, c’est celui qui a fait Pulp Fiction !

Et bien voilà, ça y est, on l’a vu. Et il s’est pas foutu de nous, notre Quentin ! Enfin, au sens littéral si, il s’est bien foutu de nous : car ce que laissait présager chaque image, chaque vidéo que l’on connaissait tous par cœur avant même de mettre les pieds dans la salle obscure, n’avait quasiment rien à voir avec le contenu du film. Les petits malins ne nous ont-t-ils pas fait croire à un remake des Douze Salopards, à des bâtards cassant du nazi à tour de bras, à de bonnes vieilles embuscades bien stratégiques planquées dans la forêt ?

Si Quentin. Et c’est ce que j’aurais envie d’appeler du marketing mensonger, ou de l’imagerie mensongère tout du moins ! Car le film est plutôt posé, on se parle plus qu’on ne s’entretue. Non, la boucherie indécente n’est pas le centre du film. Alors première réaction à la sortie : entre « je crois que je n’ai pas aimé » et « c’était un bon film », je ne savais pas trop. Mais rien qui vienne du cœur, quoi. Dommage…

Déstabilisée d’avoir vu trop de Mélanie Laurent et trop peu de « Basterds » en action sans doute, je décide de me faire un deuxième avis deux jours plus tard. Et là comme par miracle, Quentin m’a parlé ! Cette fois je savais à quoi m’attendre, plus de raison d’être déçue. J’ai donc pu apprécier ce petit bijou comme il se doit !

Et comme toujours chez Tarantino, l’humour était au rendez-vous dans une histoire ordinaire filmée d’une façon… tout sauf ordinaire. Notre cinéaste fétiche est égal à lui-même : de beaux plans, quelques faux raccords comme il les aime, un montage brutal et une bande-son parfois grandiose, parfois acide. Et surtout, une réécriture insolente de l’Histoire, loin d’être dérangeante. Tous ces éléments servent joliment un nouvel hommage au cinéma de genre.

Inglorious-Basterds-15037

Car tel est bien le but premier de Quentin Tarantino : avec Reservoir Dogs et Pulp Fiction, il nous montrait son admiration pour les films de gangster. Avec Kill Bill volumes I et II, il nous rappelait ses premières amours en croisant l’univers du western spaghetti à la Sergio Leone et celui du film de Kung-Fu, choisissant David Carradine pour incarner son Bill et la tenue de Bruce Lee pour habiller son héroïne, le tout rythmé par Santa Esmeralda et Ennio Morricone. Puis c’est le style série B qui fut la vedette de Boulevard de la Mort, avec ses acteurs de seconde zone et son scénario typique.

Ici, notre Quentin s’attaque au film de guerre, toujours à sa manière, évidemment. Ici, pas de bataille, pas de front, pas de camp de concentration. Ici, tout cela tient en un personnage, et grâce à l’acteur exceptionnel Christoph Waltz, il n’est pas besoin de plus. Le colonel SS Hans Landa représente à lui seul la terreur de l’époque, l’impitoyable Gestapo, la folie nazie et malheureusement, sa perspicacité lorsqu’il s’agit de démasquer espions et résistants en tous genres. Christoph Waltz ou le jeu d’acteur dans le sang : à compétences égales en français, allemand, anglais et même italien (le film est à voir absolument en VO afin de ne pas passer à côté de toutes les subtilités liées aux accents et aux passages d’une langue à une autre), il mérite plus que quiconque son Prix d’interprétation reçu à Cannes en ce 62ème festival. Et puisqu’on parle des acteurs, il faut absolument dire merci au toujours incroyable Brad Pitt, sublime en Lieutenant Aldo Raine, américain peu finaud et justicier tueur de nazis.

Inglorious-Basterds-20923

Bien moins juste, Mélanie Laurent n’est pas encore à sa place et joue parfois avec désinvolture lorsque les émotions devraient transpirer. Tellement que par moments, sa vengeance ne nous transporte pas beaucoup plus que si elle planifiait son déjeuner du lendemain.

L’autre grand défaut du film est sans aucun doute le manque d’action, comblé comme souvent chez Tarantino par des discussions à n’en plus finir et pas toujours justifiées. La séquence de la taverne aurait gagnée à être quelque peu raccourcie et on n’aurait pas craché sur quelques « scènes de bâtards » en plus !

Mais on le sait bien : Quentin ne fait que ce qu’il veut et les qualités de ses films rattrapent largement leurs défauts ! Alors disons tout simplement que son dernier-né est aussi bon que les précédents et que si vous les avez aimés, allez voir celui-ci sans crainte… Vous l’aimerez aussi.

-Caroline Mrowicki-

Plus d’infos sur ce film

bon


Commentaires (0)

Trackback URL | Flux RSS des commentaires

  1. avatar E. dit :

    Jul : suis d’accord sur mélanie laurent. Un peu caricaturale…

Laisser un commentaire




Si vous voulez montrer une photo avec votre commentaire, aller chercher Gravatar.