Inglourious Basterds : Tu nous as bien eus, hein Quentin ?
On l’attend depuis des mois, le dernier Tarantino. On a tous eu le temps de voir et de revoir les teasers, trailers, images officielles et officieuses du dernier bébé du réalisateur préféré de notre génération. Mais si tu sais, c’est celui qui a fait Pulp Fiction !
Et bien voilà, ça y est, on l’a vu. Et il s’est pas foutu de nous, notre Quentin ! Enfin, au sens littéral si, il s’est bien foutu de nous : car ce que laissait présager chaque image, chaque vidéo que l’on connaissait tous par cœur avant même de mettre les pieds dans la salle obscure, n’avait quasiment rien à voir avec le contenu du film. Les petits malins ne nous ont-t-ils pas fait croire à un remake des Douze Salopards, à des bâtards cassant du nazi à tour de bras, à de bonnes vieilles embuscades bien stratégiques planquées dans la forêt ?
Si Quentin. Et c’est ce que j’aurais envie d’appeler du marketing mensonger, ou de l’imagerie mensongère tout du moins ! Car le film est plutôt posé, on se parle plus qu’on ne s’entretue. Non, la boucherie indécente n’est pas le centre du film. Alors première réaction à la sortie : entre « je crois que je n’ai pas aimé » et « c’était un bon film », je ne savais pas trop. Mais rien qui vienne du cœur, quoi. Dommage…
Déstabilisée d’avoir vu trop de Mélanie Laurent et trop peu de « Basterds » en action sans doute, je décide de me faire un deuxième avis deux jours plus tard. Et là comme par miracle, Quentin m’a parlé ! Cette fois je savais à quoi m’attendre, plus de raison d’être déçue. J’ai donc pu apprécier ce petit bijou comme il se doit !
Et comme toujours chez Tarantino, l’humour était au rendez-vous dans une histoire ordinaire filmée d’une façon… tout sauf ordinaire. Notre cinéaste fétiche est égal à lui-même : de beaux plans, quelques faux raccords comme il les aime, un montage brutal et une bande-son parfois grandiose, parfois acide. Et surtout, une réécriture insolente de l’Histoire, loin d’être dérangeante. Tous ces éléments servent joliment un nouvel hommage au cinéma de genre.
Car tel est bien le but premier de Quentin Tarantino : avec Reservoir Dogs et Pulp Fiction, il nous montrait son admiration pour les films de gangster. Avec Kill Bill volumes I et II, il nous rappelait ses premières amours en croisant l’univers du western spaghetti à la Sergio Leone et celui du film de Kung-Fu, choisissant David Carradine pour incarner son Bill et la tenue de Bruce Lee pour habiller son héroïne, le tout rythmé par Santa Esmeralda et Ennio Morricone. Puis c’est le style série B qui fut la vedette de Boulevard de la Mort, avec ses acteurs de seconde zone et son scénario typique.
Ici, notre Quentin s’attaque au film de guerre, toujours à sa manière, évidemment. Ici, pas de bataille, pas de front, pas de camp de concentration. Ici, tout cela tient en un personnage, et grâce à l’acteur exceptionnel Christoph Waltz, il n’est pas besoin de plus. Le colonel SS Hans Landa représente à lui seul la terreur de l’époque, l’impitoyable Gestapo, la folie nazie et malheureusement, sa perspicacité lorsqu’il s’agit de démasquer espions et résistants en tous genres. Christoph Waltz ou le jeu d’acteur dans le sang : à compétences égales en français, allemand, anglais et même italien (le film est à voir absolument en VO afin de ne pas passer à côté de toutes les subtilités liées aux accents et aux passages d’une langue à une autre), il mérite plus que quiconque son Prix d’interprétation reçu à Cannes en ce 62ème festival. Et puisqu’on parle des acteurs, il faut absolument dire merci au toujours incroyable Brad Pitt, sublime en Lieutenant Aldo Raine, américain peu finaud et justicier tueur de nazis.
Bien moins juste, Mélanie Laurent n’est pas encore à sa place et joue parfois avec désinvolture lorsque les émotions devraient transpirer. Tellement que par moments, sa vengeance ne nous transporte pas beaucoup plus que si elle planifiait son déjeuner du lendemain.
L’autre grand défaut du film est sans aucun doute le manque d’action, comblé comme souvent chez Tarantino par des discussions à n’en plus finir et pas toujours justifiées. La séquence de la taverne aurait gagnée à être quelque peu raccourcie et on n’aurait pas craché sur quelques « scènes de bâtards » en plus !
Mais on le sait bien : Quentin ne fait que ce qu’il veut et les qualités de ses films rattrapent largement leurs défauts ! Alors disons tout simplement que son dernier-né est aussi bon que les précédents et que si vous les avez aimés, allez voir celui-ci sans crainte… Vous l’aimerez aussi.
-Caroline Mrowicki-







Bienvenue sur Publik’Art Caro.
Vous avez pris les devants avec E., je comptais te proposer de nous rejoindre au cours de notre repas espagnol de samedi soir ^^
Pour parler très brièvement du film : ba mince alors, moi qui attendait une bonne dose d’hémoglobine ! Tampis, mais j’ai tout de même hâte de le voir.
Merci beaucoup! je suis ravie de rejoindre l’équipe!
Pour le film: t’inquiète y a quand même un peu de sang tu peux y aller!
A samedi alors et Viva Espana!!
Après t’avoir lue, je peux dire que je suis à 100% d’accord avec toi. Pas assez de Basterds, trop de Mélanie Laurent (pas toujours juste en effet), un Hans parfait et une atmosphère quoiqu’il en soit toujours tarantinesque. Bref je plébiscite ta critique, très bien écrite d’ailleurs. C’est un vrai plaisir de te lire Caro.
Merci beaucoup ça fait vraiment très plaisir de lire ça merci merci!!
Bienvenue à toi Caro! Je te suis sur l’ensemble de ta chronique, très juste: film pas mal, pas assez casse-gueue parfois peut-être…
Les acteurs français ont vraiment du mal à se mettre au niveau tout de même, et l’autre Quentin reste un peu sur ses scènes et musiques fétiches, mais c’est toujours bien fait!
En tout cas un bon moment, on ne voit pas passer le temps… Je devrais ptet aussi aller le voir une seconde fois pour me faire un avis plus posé?
En tout cas chapeau pour l’article ;)
La deuxième fois était la meilleure pour moi mais c’est souvent le cas avec les films du Quentin!! Plus on les voit plus on les aime!
Merci pour tes remarques c’est agréable de ne pas écrire que pour soi pour une fois!!
Une jeune nuevita contributrice?! Bah que du bon tout ça, te souhaite welcome à mon tour. Content de voir que tu postes d’la bonne référence – même si – je me sens vidé de toute motivation pour ce Tarantino… bien trop long pour mon postérieur à la fleur de peau excessivement délicate. A moins que tu veuilles le voir une troisième fois et t’occupes de mon soucis fessier (aurais tu un secret?!)?
Une troisième fois au ciné non ça va aller… Je vais laisser passer les quelques mois avant la sortie DVD et je me referai plaisir à ce moment-là!!
Pour ton soucis fessier je sais pas si je peux faire grand chose à part te conseiller un peu de crème Nivéa ^^
Au plaisir en tout cas
Bienvenue Caro ;)
J’ai enfin pu aller voir le film. D’accord pour dire qu’il n’y a pas assez de bagarres et une scène un peu trop longue dans la taverne. Cela dit il y a quand même suffisamment de têtes scalpées pour ceux qui raffolent de ce genre de scènes !
Sinon j’étais un peu déçue par Mélanie Laurent … elle joue bien mais elle est trop arrogante : un bête cliché sur les Français ? Waltz, rien à dire, tout le monde ne parle plus que de lui depuis la sortie du film ; et Diane Kruger est bien dans la lignée des grandes actrices de l’époque.
Bref pour finir, le cinéma de Tarantino n’est pas celui que je prèfère, mais c’est quand même un très bon film où on retrouve par moments ce qui a fait d’un bon nombre de films des grands classiques du cinéma.
en fait à la réflexion je vais dire que le film était … pas nul, faut pas exagérer, mais totalement inutile et au final assez gratuit. Malgré quelques très bons passages.
Mais c’est mon avis.