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INVICTUS de Clint Eastwood

[ 7 ] 14/01/2010 | E.


Dès les premières images du film de Clint Eastwood, on entre dans le vif du sujet : nous sommes le 11 février 1990, Nelson Mandela vient d’être libéré de prison après 27 ans derrière les barreaux. Et, immédiatement, le ton est donné.

Madiba, Nelson Mandela (interprété magistralement par Morgan Freeman), est devenu le premier président noir d’Afrique du Sud et, malgré tous ses efforts, le pays reste profondément divisé. De fausses images d’archives parlent de guerre civile latente et il revient au chef d’État d’éviter le clash à tout prix. Mandela a une idée géniale et en même temps toute simple : réunir son pays autour de son équipe de rugby. Mais la tâche est plus difficile qu’il n’y paraît au premier abord. Car les noirs ont toujours détesté les joueurs des Springboks, symbole à leurs yeux, du régime de l’apartheid. Il demande alors à François Pienaar (merveilleusement joué par Matt Damon), capitaine de l’équipe (qui ne comprend qu’un seul joueur noir) d’entraîner ses hommes pour tenter de remporter la victoire lors de la Coupe du monde de rugby en 1995. Tout le film tourne autour de cette Coupe.


Les dialogues sont très bons, très vrais et en même temps très simples, mais profonds. Invictus est un film surprenant de par la grande humanité qui s’en dégage et ce dès le générique du film résumant à l’aide de fausses images d’archives l’arrivée de Mandela au pouvoir et le soulèvement de la communauté noire d’Afrique du Sud qui sentait désormais qu’elle avait la parole face aux blancs qui, de leur côté, craignaient d’être chassés du pays. Une page de l’histoire va alors se dérouler, aussi incroyable et méconnue soit-elle. C’est dommage que certains aspects de la vie de Madiba soient totalement passés sous silence, comme sa séparation d’avec Winnie Mandela et les conflits internes à l’ANC.

En fait, on n’apprend que très peu de choses sur cet homme profondément humain et juste, alors qu’il a passé 27 ans de sa vie dans 2m2 ! Et c’est réellement navrant. Nelson Mandela est un homme hors du commun et il mériterait à lui tout seul un film sur sa vie. Je pensais qu’Eastwood allait le réaliser avec « Invictus », mais pas du tout, il en fait juste une approche et passe à côté de l’essentiel. Quel dommage !

On retiendra la phrase-clé de Mandéla : « Je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme ». Phrases inspirées du poème de William Ernest Henley: « I am the master of my fate, I am the capitain of my soul ». Le poème s’intitule Invictus, comme le film, et Nelson Mandela en avait un exemplaire sur son mur durant ses années de prisons. Phrase lourde de sens. Et à méditer.


Je regrette qu’Eastwood ait tourné autant de scènes de rugby. La moitié du film est consacré à la Coupe et on voit ses hommes devenir des bêtes, en sang, en sueur, et prêts à tout pour gagner, pour leur pays. Bref, il faut aimer ce sport !
Je pense qu’il y avait d’autres facettes plus intéressantes à mettre en valeur quand on traite de l’Afrique du Sud et de l’apartheid.
J’ai bien aimé ce film, mais ce n’est pas un film qui marquera l’Histoire du cinéma. Pour moi, ce n’est pas un chef-d’œuvre, loin de là. Mais les acteurs sont très bons et le film reste très émouvant. Nelson Mandéla ne peut pas nous laisser indifférent.

- Bénédicte -

La bande-annonce ici

Categorie: Cinéma, Critiques Films

Commentaires (7)

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  1. BénédicteBénédicte dit :

    « Invictus » veut dire invincible en latin…

  2. MenzoMenzo dit :

    Plutôt déçu par un film qui promettait bien plus… Certes les acteurs sont bons, surtout M.Freeman, il existe toujours un petit humour eastwoodien et les discours sont toujours sages et humanistes. peut-être trop, car comme dans Gran Torino, Clint réalise là un film un peu trop correct, dans la bonne voie, et limite un peu mièvre (le seul joueur noir Chester qui fait la prière en fin de match, tout le monde est pote à la fin, jexagère un poil quoique)… le tout reste sympathique mais un peu longuet, prévisible et un peu superficiel… Je pense comme toi Bénédicte que d’autres côté de l’apartheid auraient dû être plus mis en avant et surtout moins limite cliché, comme je l’avais déjà un peu ressenti dans Gran Torino.
    Correct, Clint, mais bon… Ca ne fait pas sortir les tripes!

  3. E.E. dit :

    Bon je n’arrive pas à me motiver pour aller voir le film… J’attendrai qu’il sorte au cinéma ! Faut dire qu’on entend beaucoup la m^me chose partout… Un film tiède en gros.

  4. BenedicteBenedicte dit :

    Tu attendras qu’il sorte en … DVD !

  5. E.E. dit :

    … en DVD oui! C’est mieux comme ça (il y a des jours vraiment « sans ») ;-)

  6. BenedicteBenedicte dit :

    Voilà un lien intéressant qui dévoile, en photos, la biographie de Nelson Mandela : http://www.lepoint.fr/actualites/2010-02-11/nelson-mandela-le-paria-devenu-icone/914/2/1497/0/#newdiapo

  7. Audrey-hepAudrey-hep dit :

    je pense au contraire que le film est très bon car il montre la grande histoire à travers la petite porte de la coupe du monde de rugby. En effet il n’y a pas du sang et des larmes… et alors? l’apartheid, on connaît, parfois un peu d’espoir et une fin « happy end » qui ne soit pas non plus dans la mièvrerie fait du bien. le film ne vise pas à raconter la vie de Mandela en entier, il se pose plus comme une découverte partielle de cet homme passionnant, attisant ainsi notre curiosité sans overdose. de plus, le film traite de RUGBY il est donc logique qu’il y ait des scènes de rugby …ce qui ne fait pas tâche, au contraire. j’applaudis donc la sobriété du film et sa simplicité, sans ambition démesurée (tous les films n’ont pas besoin d’être des tableaux dramatico-intellectuels qui torturent le spectateur de questions métaphysiques!) ainsi que le jeu des acteurs qui sont très bons et convaincants, collant parfaitement aux rôles.
    ce n’est que mon avis, mais je le conseille vivement, et à tous, ce film est tout public!

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