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Itaanhtez (Planetes) de Makoto Yukimura

[ 10 ] 10/02/2010 |
On revient aujourd’hui sur l’œuvre majeure de Makoto Yukimura, qui était présent au dernier festival d’Angoulême (lire notre expérience du FIBD) : Planetes.
Planetes ! Planetes ! Planetes ! C’est ce que l’on répond quand on nous demande ce que l’on recommanderait en premier lieu pour livre de chevet. Planetes est une œuvre étrange. Elle est si marginale et originale qu’elle représente à elle seule un genre nouveau. Certains iront même la classer « poésie-contemplative et anticipatrice« . On peut posséder tous les mangas que l’on trouve, Planetes restera toujours à part, dans un petit coin bien spécial…
Pourtant, le récit est a priori respectueux des codes. Une histoire simple et efficace. Le personnage principal est ouvrier dans l’espace. Il est chargé de récupérer les débris laissés en orbite autour de la Terre pour éviter des accidents spatiaux inopportuns… Bien sûr, il pourrait très bien s’agir de notre possible avenir mais il n’y a ici de science-fiction que dans le temps : pas de monstre venus d’ailleurs ou autres idées farfelues qui font le gagne pain des maisons d’éditions. Marqué de sobriété, le lecteur est invité à suivre l’évolution du personnage principal et de ses pensées, dans ses moments de solitude ou de partage…
Ce qui est le plus troublant avec ce manga, c’est surtout l’ambiance qui s’y dégage. Vous ne trouverez cela nulle part ailleurs. Très intimiste, on partage avec le personnage des moments forts et heureux avec une grande intensité.

 

Il peut être très facile de traduire à l’image comme à l’écriture la tristesse, la nostalgie ou le drame. Mais comment rendre à son œuvre une puissance aussi bouleversante que l’écœurement de la vie lorsque l’on souhaite, au contraire, en faire l’apologie ?
L’exercice peut se révéler difficile et scabreux, l’ennui du lecteur face à cette plénitude est un vrai risque. Quoi de plus blasant en effet ? Mais n’est-ce pas en partie en cela que l’on reconnaît un grand auteur ? Makoto Yukimura n’aura plus rien à prouver : il transporte littéralement son lecteur dans l’espace, en plein apesanteur et lui injecte une dose, dont il a seul le secret, qui le laisse en suspension pour toujours, un sourire aux lèvres….
En conclusion, le poids des mots est insignifiant face à la grandeur de l’âme et Makoto le fait bien sentir avec cette atmosphère hors du commun, à peine suggérée. Une œuvre culte.
(Série en 4 tomes)
du même auteur : Vinland Saga

- E. -


Commentaires (10)

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  1. avatar Amaury dit :

    Quel joli papier, Gaël, qui donne envie de faire le grand voyage…

  2. avatar E. dit :

    N’hésite pas Amaury, car ça vaut le coup d’être vécu !

  3. avatar Nicolas dit :

    lol pour l’inculture du « Itaanhtez », c’est juste écrit planetes en grec banane, « planêtês » / « ???????? »

  4. avatar E. dit :

    Je ne vois pas oú une signification différente est suggérée. Le titre, par sa construction, indique sans équivoque, une traduction de l’ecriture cyrillique. Cela me parait limpide. Tout comme il est limpide que tu as lu avec précipitation. Car tu ne reproduis pas le titre ds ton commentaire.
    Il faut toujours mesurer ses lacunes syntaxiques avant de piocher dans un répertoire de noms de fruits, aussi savant fut-il.
    Sauf à passer soi-même pour un navet. Mais nous entrons dans des considérations, je te l’accorde, quelques peu futiles.
    ;-)

  5. avatar Bénédicte dit :

    Finalement, « Planètes » ne pensait pas produire des bananes et des navets ! Grâce à vous Makoto va pouvoir se nourrir :)

  6. avatar Nicolas dit :

    Ca fera plaisir aux grecs d’apprendre qu’ils utilisent l’alphabet cyrillique.

    Pour finir sur une note constructive, planetes ressort en trois volumes le 15 mai.

  7. avatar E. dit :

    Au même titre que cela te fera plaisir de savoir que tu utilises un alphabet latin. Je présume ! Lalphabet cyrillique est d origine grecque, sauf erreur (contrairement à ce que l’on croit, justement). Il convenait de comprendre écriture cyrillique dans son acception large. Comme l’on aurait pu dire écriture latine.
    C’est une bonne nouvelle cette sortie. J’espère que cela contribuera à faire connaitre cette oeuvre à un plus grand nombre.

  8. avatar Nicolas dit :

    l’alphabet cyrillique date du IXe siècle, il a été créé pour retranscrire les langues slaves et compte 44 lettres dans sa version la plus ancienne. L’alphabet grec est 2000 ans plus ancien et compte 24 lettres, il est toujours utilisé pour retranscrire le grec moderne. L’alphabet latin, comme le cyrillique, s’inspirent de l’alphabet grec.

    Visiblement c’est aussi dur pour certains de reconnaitre qu’on a tord (ou de jeter un oeil sur wikipedia, ou d’ouvrir une encyclopédie)que d’être précis ;-)

  9. avatar E. dit :

    Si tu le dis…

  10. avatar Bénédicte dit :

    Merci Nicolas pour tes informations très précises. C’est toujours intéressant de connaître l’origine des différentes langues sur notre Planète. Même si ça paraît un peu compliqué.

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