Je l'aimais, le livre d'Anna Gavalda (le dilettante)
Je viens de relire le livre d’Anna Gavalda car j’ai la ferme intention d’aller voir le film et d’en faire la critique très prochainement… C’est un livre tout simple, très facile à lire et pour lequel on peut avoir un coup de coeur. Mais on peut aussi le trouver très niais et très fleur bleue… En quelque sorte, cela dépendra de la vie de chacun… de son passé, de son histoire…
Moi, je l’ai beaucoup aimé. Il m’a troublée, il m’a émue. Sans doute m’a-t-il interpellée du fait même de son histoire.
Pierre emmène sa belle-fille, Chloé, avec ses filles, à la campagne. Chloé est très mal car son mari, Adrien, vient de la quitter. Et c’est au coin de la cheminée que Pierre essaie de consoler Chloé. Il la fait parler et surtout la fait pleurer. Il faut qu’elle « crache » toute sa souffrance plutôt que de la ruminer toute sa vie. On sent une intimité s’installer entre eux. Puis, c’est au tour de Pierre de se dévoiler. Il le fait, et pourtant, ce n’est pas le style. Chloé découvre la fragilité de son beau-père, son côté humain. Tout est bien écrit, bien senti, bien vécu. Peut-être qu’Anna a vécu une situation similaire. En tout cas, elle pose les bonnes questions. Des questions que l’on se pose tous un jour, en vieillissant. Des questions de vie. De survie ! Un livre qui met en évidence les contrastes qui veillent en chacun de nous. On veut paraître fort et on se sent faible. Mais comme on est pris au piège, on joue ce rôle toute notre vie, au détriment d’un sentiment de bonheur possible. Tout sonne faux, mais à l’intérieur de nous-mêmes, pas en apparence.
En réalité, tout paraît parfait. Tout est sauvegardé. Mais pas l’essentiel. Comme c’est dur d’être vrai, et encore davantage dans notre monde occidental, avec toutes ses conventions. On fait sans cesse semblant : au boulot, à la maison… Pour éviter les conflits. Surtout pas d’histoire. Et du coup, on passe à côté de sa propre vie. Tout bêtement, presque sans s’en rendre compte, ou trop tard. Par peur, par lâcheté, par égoïsme… On s’arrange, on bidouille, on triche un peu en se donnant bonne conscience, mais on ne va pas au-delà. On ne saute pas dans le vide. On ne prend pas de décision. On ne veut pas faire souffrir au grand jour alors, on fait souffrir, en silence. Et on souffre aussi. A jamais. Mais sans pouvoir le dire. A personne. On est désespérément seul. Le courage, qu’est-ce que le courage ? Qu’est-ce que le bonheur ? Quel prix a-t-il ? L’homme, ou la femme, ont-ils le pouvoir d’accéder au bonheur, tout simplement ?
Si vous avez envie de lire un livre sérieux, tout en étant léger, lisez-le. Je ne suis pas sûre que le film puisse montrer les ressentis de chacun. On verra !
Bénédicte






excellente critique béné !!! Ajouté à ma « to read list »
Merci Comarin ! C’est sympa ! Je doutais que la rubrique « littérature » soit lue…
Alors ton commentaire me touche tout particulièrement.
Et il est vrai qu’à travers l’écriture, l’Homme se retrouve et cela l’aide sans doute à accepter sa complexité. Et surtout à mieux vivre, en accord avec lui-même !
La rubrique « littérature » boycottée?! Mais de quoi parles tu la bénèd’ !!!
C’est la rubrique la plus sérieusement suivie – les articles étant rares, faut pas les louper !!
Belle critique. Dommage de ne pouvoir voir le parallèle avec la pélicule… Pas facile quand on vit au bord de la cheminée de devoir trouver une salle de ciné convenable !
Merci pour vos encouragements…
Je n’abandonne pas, promis !
Et C., je vais trouver cette putain de salle ! Promis !
Ouais, superbe critique, je suis bien d’accord. Et oui encore, les articles sont rares et on lit peu donc c’est toujours un plaisir de découvrir ce que tu lis :) On a besoin de cette complémentarité ! C’est une chance de pouvoir s’ouvrir à tout grâce à ça alors un grand MERCI !!
La simplicité: dans l’histoire, dans l’écriture, dans les personnages mais cette simplicité qui m’a plu durant la première moitié du livre m’a lassée ensuite. Dans sa globalité le livre est agréable mais je n’en garde pas un souvenir impérissable.