Jour de grâce de N’guessan et Jakupi (Dupuis)
Sélection officielle du festival d’Angoulême… Ce type d’annonce marketing, c’est vendeur mais rarement représentatif de la qualité intrinsèque du produit culturel concerné. Une fois n’est pas coutume, les éditeurs ont « stické » leur BD pour profiter de cet effet d’annonce, de bonne guerre.
Si « Jour de grâce » est très certainement un bouquin intéressant, son adaptation en bandes dessinées manque de profondeur. Ce thriller n’est pas inintéressant en soi mais aurait mérité davantage qu’un one shot. N’guessan (dessin) et Jakupi (auteur du livre et du scénario) illustrent et racontent l’histoire d’un exilé russe pickpocket dans une ville du nord de la France qui va avoir le malheur de voler la mauvaise personne : un vieux mafioso russe, ancienne connaissance de son père. La sentence tombe, le vieil homme laisse un sursis de 24 heures à l’antihéros avant de l’abattre.
On n’en saura jamais plus sur le passé des protagonistes ni pourquoi la coïncidence les a fait se retrouver. Pour le reste, on est trimballé sur près de 60 planches dans la vie d’errance d’Andréi, résumée dans ce qui devrait (no spoiler) être sa dernière journée. Rien d’étonnant, ce « Jour de grâce » n’a rien de passionnant. Andréi croisera plusieurs fois le vieil homme, bizarrement on ne sait jamais s’il le suit ou si c’est le hasard qui les fait se rencontrer. Pour le reste, on le voit croiser deux autres personnages, pour des scènes sans reflet. Quels sentiments les auteurs ont-ils voulu véhiculer ? On tourne les pages une à une sans jamais rien ressentir. Pire, on s’ennuie.
En fouinant un peu sur la toile, on dégote quelques critiques encourageantes de ce « Jour de grâce » (N’guessan/Jakupi) édité par Dupuis. Les desseins seraient nerveux et efficaces. Force est de constater pourtant que les décors sont vides et les couleurs fadasses. L’ambiance graphique a néanmoins le mérite de coller à la froideur de l’univers dépeint dans cette BD dont on a du mal percevoir l’intérêt.






Et bah ça c’est du papier franc et direct comme je les aime!! C’est vrai que les couleurs ont l’air fadasse, ça ne me donne pas du tout envie…
Il va falloir que j’y jette un oeil quand même… Je ne trouve pas que les dessins soient si fades que ça. Je trouve qu’ils collent pas mal par rapport à l’ambiance un peu froide que tu décris.
Je vais lire ça et je reviens !
Oui, d’ailleurs c’est bien ce que je dis : ce sont les couleurs qui sont fades et non les dessins en eux mêmes, et effectivement ça colle à l’ambiance (cf dernier paragraphe de l’article). Cette cohérence est la qualité de l’album. Pour le reste je me répète, c’est le scenario, trop évasif, et donc dans lequel on ne rentre jamais, qui plombe complètement l’intérêt de « jour de grâce ».