La cabane dans les bois, un film de Drew Goddard
Sorti le 2 mai 2012, disponible en DVD le 11 septembre 2012
« Si vous entendez un bruit étrange dehors…faites l’amour ». « Si un vieil homme vous avertit de ne pas vous rendre quelque part…moquez-vous de lui ». Les taglines des affiches promo de La Cabane dans les Bois en disent déjà long sur l’esprit du film. A savoir reprendre les codes ultra-connus des films d’épouvante pour une œuvre qui se veut novatrice. Un long-métrage d’épouvante donc mais qui apporterait un tant soi peu de nouveauté et d’originalité à une époque où la mode est au remake ou aux suites à l’infini (qui a dit Saw ?). Qu’en est il donc de cette Cabane dans les bois ?
Déjà, elle possède un élément non négligeable : Joss Whedon. Si ce nom est dans toutes les têtes aujourd’hui, ce n’est pas seulement grâce à l’univers de Buffy la tueuse de vampires qu’il a créée il y a de ça 10 ans, mais bien grâce à Avengers. Blockbuster de ce début d’année, dont Whedon a coécrit le script et assuré la mise en scène. Ce n’est pas pour autant le seul film récemment à l’affiche que l’on doit à M.Whedon. Il y a aussi cette « Cabane dans les bois », dont « M.Buffy contre les vampires » a cosigné l’histoire aux côtés de Drew Goddard, responsable du scénario de l’apocalyptique et réussi Cloverfield. Et c’est ce dernier qui en a porte la casquette de metteur en scène.

Le point de départ du film est on ne peut plus classique. On y suit 5 amis, loin des clichés du genre avec l’intello coincée, la blonde peu farouche au boy-friend musclé, et le pote drogué à tendance parano/théorie du complot (toute ironie dans cette phrase est à contester). Les cinq camarades donc, se retrouvent embarqués pour un week-end dans la cabane du cousin de l’un d’entre eux. Cabane qui, comme par hasard, se trouve en pleine forêt, dans l’endroit le plus glauque de la région. Et une fois là-bas, les choses vont rapidement dégénérer. Avouez-le, vous n’avez même pas vu le film mais vous trouvez déjà l’histoire facile et tirée par les ficelles ? Normal, c’est exactement l’intention des scénaristes. Dans un désir de redonner ses lettres de noblesse au film de genre, le scénario livre une histoire on ne peut plus classique au départ et au tournant beaucoup moins attendu.

Après avoir démarré comme un banal slasher dans sa première demi-heure, le film prend rapidement un second souffle. Et ce, grâce à un scénario malin, le long-métrage captive, mieux il étonne. S’en suit un film hilarant, jouant avec les clichés des films d’horreur (fantômes, zombies, monstre marin et j’en passe) pour mieux se moquer de tous les nanars soi disant d’épouvante que l’on a pu s’infliger ces dernières années. Le casting est parfait et chacun tient son rôle à la perfection. Autant la bande d’ados des plus stéréotypées que les mystérieux cadres les observant (on en dit pas plus pour ne pas révéler l’intrigue). Mention spéciale à Richard Jenkins et Bradley Whitford qui apportent une touche d’humour assez jouissive.
Seul bémol, La cabane en oublie un peu son but originel, à savoir effrayer le spectateur. On n’est que rarement, voire pas du tout angoissé face au film. Mais on pardonne bien vite cet écart à cette Cabane dans les bois qui essaie de nous apporter quelque chose de nouveau dans l’épouvante.
Malgré ce défaut, le film assume son scénario et va jusqu’au bout de son trip. Avec une fin complètement barrée, jouissive qui part dans tous les sens. Spécialement le passage de la licorne qui l’espace d’une scène de moins de 20 secondes, démonte tous les clichés cucul la praline qui existent à son égard. Pari plus que réussi donc pour Goddard et Whedon.Manque juste un tant soi peu d’épouvante et de sursaut sur son siège et le tout aurait été parfait. La prochaine fois peut-être ?
Florent
P.S : Et pour garder la surprise totale, ne pas regarder la bande annonce est ce qu’il y a de mieux à faire pour apprécier le scénario complètement barré du film. Et c’est même Joss Whedon himself qui l’a maintes et maintes fois répété en interview. A vous de juger.
P.P.S: Autre petit info bonne à prendre : c’est après avoir casté Chris Hentsworth dans La Cabane dans les Bois, que Joss Whedon a soufflé son nom pour le rôle de Thor. Une information pas essentielle mais qui fait toujours son petit effet dans les discussions entre amis.
Categorie: Cinéma, Critiques Films










Bon je ne vais pas regarder la BA parce qu’en ayant lu ce billet, j’ai bien envie d’aller faire un tour du côté de cette cabane.