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La Horde, intelligente leçon de boucherie

[ 7 ] 12/02/2010 |

Prix du jury Syfy Universal, chaîne câblée partenaire du festival Fantastic’arts de Gérardmer 2010, le premier film de Yannick Dahan et Benjamin Rocher relance le genre du film de zombies en France.

Les meilleurs vous les connaissez : Rec, 28 jours plus tard, ou encore L’armée des morts, remake du classique Zombie (1978), du créateur du genre George A. Romero. Américain, anglais, espagnol. En clair, pas ou peu de films de zombies made in France (normal, on est trop occupé à amasser des quantités astronomiques de fric pour produire la prochaine comédie avec Kad Merad).

Synopsis : Un groupe de flics lance une offensive discrète dans un immeuble de la banlieue du Nord de Paris dans le but de venger la mort d’un de leurs collègues. Ils se retrouvent rapidement obligés de coopérer avec la bande de malfrats lorsque la tour est assaillie par une horde de zombies…

Disons-le directement, le film n’est pas parfait mais il fait plutôt bien son travail ! Très mal accueillie par la critique, cette Horde est pourtant largement à la hauteur, au moins pour ce qui est du respect des codes et des références jouissives au genre, dans le cinéma comme dans le jeu vidéo.

Un pitch de départ plutôt sympa : partir du genre du polar pour glisser vers le film de zombies était le but principal de Dahan. Et mise à part une séquence d’introduction un peu bâclée, il y a tout ce qu’il faut pour satisfaire les « geeks ». En effet, qu’est-ce qu’on recherche quand on va voir un film de zombies ? Du fun ! Des morts-vivants qui ont super faim, des manières toujours plus classes d’en venir à bout (coups de hache, fusil à pompe ou encore grenade dans la bouche), des répliques qui accrochent, mais surtout, une bonne boucherie bien sanglante !

Les films d’horreur en général sont avant tout humains, dans ce qu’il y a de plus bestial. Ils traitent de vengeance, de violence basique, parfois gratuite. Devant un film d’horreur, on se demande toujours ce qu’on ferait à leur place, on est rarement d’accord avec les décisions beaucoup trop dangereuses que prennent les personnages attaqués. Tout cela avec une tendance certaine à parler à la fille, et généralement beaucoup de « mais » : « Attention, derrière toi ! … Mais non, pas par là ! Mais elle est débile ou quoi ?! … Mais prend-le, le couteau ! »

Les situations extrêmes mises en scènes dans les films d’horreur vont chercher ce qu’il y a au fond, elles touchent à l’instinct de survie, à la perte des valeurs. Les personnages s’y révèlent totalement, dans ce qu’ils ont de plus humain, et qui s’accorde rarement avec la morale. Mais la dimension particulière du film de zombies, c’est la critique sociale, toujours ancrée dans son époque. Les premiers Romero traitaient du racisme et de la société de consommation. La Horde s’attaque au ghetto. Ici les zombies personnifient les pauvres, les laissés pour compte, ceux qui « crèvent la dalle » comme le dit si bien Aurore/Claude Perron dans le film. Les rebuts de la société quoi, ceux dont tout le monde se contrefout parce qu’ils n’ont pas d’avenir et qui ont La Haine. Les mêmes que nos trois petites frappes préférées du chef-d’œuvre de Kassovitz.

Dans La Horde, on a des flics ripoux et des malfrats qui laissent entrevoir un bon fond, un « pas le choix ». Et puis on a aussi René, le vieux parigot à la gouaille d’antan, campé avec talent par un acteur de théâtre exceptionnel, Yves Pignot (photo ci-contre). Il se charge de représenter le fossé générationnel, le vieux qui aime bien les jeunes, mais qui ne les comprend pas. Et d’ailleurs, ils ne le comprennent pas non plus. Les situations qui en découlent sont géniales et pleines d’humour. Dommage que ces personnages n’aient pas été un peu plus creusés. Dommage aussi que les dialogues fassent parfois défauts et qu’ils soient dits par des comédiens inégaux. Les défauts du film, les voilà, purement français. Passez outre et vous passerez un très bon moment.

Moi je dis, une belle boucherie sur fond de critique sociale, des zombies innombrables, quelques excellentes séquences (notamment celle où Ouessem/Jean-Pierre Martins lutte contre la horde perché sur le toit d’une voiture), et un vieux ultra motivé qui fait bien marrer… Des films comme celui-là, il faut qu’il y en ait d’autres dans notre cher pays au paysage cinématographique intello-coincé-comédies-pourries.

Allez quoi, soutenez le cinéma de genre français ! Allez voir La Horde ! (en plus il est cool)

- Caroline Mrowicki -


Commentaires (7)

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  1. avatar Tom dit :

    Article splendide!!!! Si ça donne pas envie aux gens, moi pas comprendre…..Peace

  2. avatar Caro dit :

    Merci Tom… Venant de toi, ça me fait encore plus plaisir!!

  3. avatar C. dit :

    Et ben Caro, savais pas que t’étais adepte comme ça !! Va falloir qu’on s’organise rapidos qqs p’tites soirées pizza/gore – j’aime ! Vais m’arranger pour vite le visionner… à voir si peux le ranger à côté des réfs que t’as si bien citées ds ton billet !

  4. avatar Caro dit :

    Mais carrément!! Soirées pizza/gore quand tu veux C.!!
    En tout cas c’est toujours aussi bon de voir un film d’horreur français, et là encore plus un film de zombies!

  5. avatar Caro dit :

    Du coup tu me diras ce que tu en as pensé quand tu l’auras vu!

  6. avatar E. dit :

    +1 : un sacré billet !
    Avec Dahan, c’est sûr que le pari était gagné d’avance ! Il faut absolument que je matte ce film !

  7. avatar Dumbo dit :

    Pipi de chat!
    Je conseille ‘insanitaruim’
    film frappadingue!

    ça commence comme un thriller hospitalier joué avec pls acteurs de séries télé (Prison breaks, bones desperet housewives).

    Au bout de 40mn, le film se transforme en véritable boucherie!
    Les patients et le personnel devenus zombis suite à un médoc n’ ont plus qu »une obsession, bouffer de la chair fraiche.
    Et , ils ne se privent pas !
    Rien est épargné au spectateur; viol, Tortures, tonneaux d’hémoglobine répandus sur les murs ,scènes d’ orgie anthropophage en gros plan, en groupe , en duo, en solitaire, massacres en tout genre. Jusqu’au final .
    Aucun temps mort, pas le temps de souffler! C’a court d’un côté ou c’a tripaille de l’autre.
    Effrayant.

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