Home / Amaury Jacquet / Spectacles/Théâtre / La Patience des Buffles d’après David Thomas
Cette pièce est l’adaptation théâtrale du recueil de nouvelles « la Patience des buffles sous la pluie » de David Thomas.
Dans sa préface Jean Paul Dubois, un auteur au passage que nous vous recommandons – tant son regard désabusé sur la vie est toujours un régal – écrit « (…) Vous allez bel et bien entrer dans les communs de l’humanité, découvrir les replis des corps et des esprits, ces endroits embarrassants que l’on fait rarement visiter ».
Et ce sont bien les turpitudes des corps et des âmes, les élans du désir et leur contradiction, la quotidienneté qui torpille la vie affective, qu’adapte et met en scène brillamment Julien Sibre dans une scénographie visuelle et inventive.
Sur le plateau deux femmes et deux hommes se présentent où chacun d’eux formule alors ses espoirs par « j’aimerais » et déclame tous ces possibles, du haut d’une petite estrade avec des lumières vives et un fond musical qui soulignent très efficacement la gageure surréaliste de les combiner à deux.
Puis se joue autant de possibilités de s’aborder, s’aimer, se supporter, se haïr, se fuir, se rejoindre, se quitter …
Sous forme de saynètes défilent les confrontations entre les comédiens où chacun des protagonistes un peu débousselés cherche sa place à coté, avec, ou en dehors de l’autre.
On assiste à un chassé-croisé amoureux, burlesque et vif qui nous ramène forcément à des moments vécus et nous montre aussi sournoisement ce à quoi nous avons peut être échappé…
C’est grinçant parfois, émouvant souvent, juste toujours.
Les acteurs incarnent des situations plus que des personnages et la narration, très tendue, suggère plus qu’elle n’impose un fil conducteur où il n’y a ni début, ni fin à ces joutes amoureuses.
David Thomas use de textes courts à l’écriture percutante et décalée qui, dans dans leur réalité scénique grâce au travail remarquable du metteur en scène, possèdent une spontanéité et un surréalisme très complémentaires et énergiques.
Il y a cette ironie de l’auteur qui est très bien rendue notamment par la séquence de la rupture où sont exprimés et joués les points de vue tour à tour vus par le mari, la femme infidèle et l’amant, offrant aux comédiens un pur moment de théâtralité et de distanciation.
Les comédiens (Marc Bottiau, Raphaël Cohen, Stéphanie Hédin, Sandra Valentin) déploient un jeu physique et assuré, avec une appropriation très complète de l’espace qui témoigne d’une direction d’acteurs parfaitement maîtrisée et orchestrée.
Ils restituent à merveille cette ambivalence entre attirance et répulsion, amour et haine, complicité et désenchantement, le tout servi par la plume caustique du narrateur qui oscille très facilement entre un style cru et une poésie ciselée.
Sur fond de musique de Depeche mode ou de Madonna, les histoires d’amour finissent mal en général…
www.manufacturedesabbesses.com
Jusqu’au 3 février 2010
loc : 01 42 33 42 03
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décembre 30th, 2009 at 20:27
Toujours là Ami Amaury – aussi actif. Sympa de te lire… et a priori tu rencontres un franc succès sur la toile ! Zorionak comme on dit par ici !
décembre 30th, 2009 at 23:24
Ton engouement me va droit au coeur et tant qu’il y aura des artistes, du ressenti à partager…