La Rafle, la contre-critique!
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Mise à part une jolie reconstitution du Montmartre des années 40, le seul point positif à retenir de ce film est son lourd sujet, la rafle du Vel d’Hiv’. Comme on nous l’a appris à l’école, plus de 13000 juifs, personnes âgées, hommes, femmes et enfants ont été arrachés à leurs foyers parisiens le 16 juillet 1942. Cet événement honteux n’avait encore jamais été traité au cinéma, ce qui aurait pu être prometteur.
Malheureusement, la réalisatrice Rose Bosch avait chaussé ses gros sabots. Passons en revue ses mauvais choix.
Avant toute chose, le scénario peu fourni pense pouvoir se reposer sur son sujet grave. La plupart des relations entre les personnages sont bâclées : la petite histoire entre Jean Reno et Mélanie Laurent tombe comme un cheveu sur la soupe et sans aucune subtilité.
De plus, montrer Hitler, Himmler et Pétain et sans doute la pire décision que Rose Bosch ait prise en écrivant ce film. Cela donne lieu à des séquences inutiles et mal jouées où l’on n’apprend rien de plus que ce que l’on sait déjà : Hitler était fou et Pétain a collaboré.
Le casting est une grossière erreur : Gad Elmaleh est nullissime dans son rôle de père de famille parfait pseudo intellectuel (voir ses petites lunettes rondes) et la sècheresse de son jeu trouve son apogée lors des adieux impassibles qu’il fait à son fils. A ses côtés, les deux autres têtes d’affiches sont tout aussi fadasses car sans aucune composition : on ne nous propose rien de plus que Jean Reno et Mélanie Laurent au Vel d’Hiv’.
Le montage, sans même parler de l’affreux manque de rythme, est illustratif et peu inspiré au même titre que la mise en scène qui, faute d’inventivité, se contente d’être scolaire.
Justement, parlons de la mise en scène, souvent incohérente. Certains personnages importants disparaissent on ne sait comment ni pourquoi, notamment la gamine qui, ayant réussi à sortir du Vel d’Hiv’, fait passer un colis au-dessus des barbelés du camp : elle raconte qu’elle est planquée à Limoges avec son père, puis elle disparaît du récit sans aucune explication.
Malhabile, la réalisatrice en fait parfois trop, parfois pas assez mais jamais ce qu’il faudrait pour que le récit coule. Elle nous promet des choses, puis il ne se passe rien. Le carton affiché au début du film pour prouver l’authenticité des faits n’a pas sa place : peut-on affirmer que « tous les événements » ont réellement eu lieu quand on réalise une fiction ?
D’autre part, le fait de se concentrer sur les enfants est un peu facile. Le petit Nono, avec ses grands yeux bleus et sa petite bouille, bien sûr qu’il va nous faire pleurer. Faire dégouliner les bons sentiments n’est pas vraiment une bonne idée quand il s’agit de relater la terreur. Sans compter le malvenu « tu crois qu’on sera grand un jour ? »
C’est trop pathétique, on cherche à nous émouvoir, à nous tirer les larmes et à nous culpabiliser. Mais sans aucune véracité, en filmant froidement et sans âme, ce qui nous laisse indifférent, contrairement à l’effet attendu.
Le tout est donc d’un ennui mortel, partant pourtant d’une bonne intention et d’un bon sujet. Un film à montrer dans les écoles de cinéma pour que les jeunes réalisateurs saisissent bien tout ce qu’il ne faut pas faire.






Je trouve ces deux derniers commentaires très drôles! ;)
Ouh trop de commentaires pas le courage de les lire !
J’apprécie ta critique Caroline et surtout ton honnêteté de dire ce que tu penses sans tomber dans l’obligation « On fait un film sur la rafle du Vél d’Hiv DONC forcément c’est bien » (peut-être que tu y vas trop fort dans ta critique mais au moins c’est assumé). Personne ne contestera que parler d’un tel sujet c’est tout ce qu’il y a de plus louable.
Mais on n’est pas obligé d’aimer le film lui-même pour autant, pour moi ça reste un conte de fées qui n’ose pas choquer le public. Et pour reprendre une excellente chronique de L’Express du 11 mars : « Nul n’est obligé d’aimer La Rafle ; nul n’a le droit d’oublier le Vél d’Hiv. »
Ah par contre l’histoire Reno/Laurent ça m’a totalement échappé, c’est dire si le film était bâclé …
Merci beaucoup pour ton commentaire Jul… Ca fait plaisir d’être comprise!
tres déçu, extremement déçu par ce film qui aurai pu etre tres bien fait,
jai apprécié le montmartre revisité d’autrefois.
je me suis ennuyé, c’était long, froid, sans histoire, les images d’hitler et de sa maitresse, du copier coller, par rapport a un documentaire,
tout était fait pour pleurer, parfois les scènes n’avais aucun sens
Même si il est vrai que l’on se réfère OBLIGATOIREMENT a des film comme la liste de shinler, on se dit qu’il manquait quelques chose a ce film, mai QUOI ?????
je pense qu’on oubliera le film, mais qu’on retiendra son sujet principale.
les images s’efface et les morts restent.
Je ne serais pas expliquer pourquoi j’ai aimé ce film, mais pourtant c’est le cas. Et cependant je suis d’accord avec toutes vos critiques, je suis d’accord pour dire que certaines scenes etaient mal jouées… Mais ce film m’a vraiment touché, et quand tu parle de la phrase « pitoyable »; « tu crois qu’on sera grand un jour », c’est bizarre parce que c’est justement un des moments qui m’a le plus touché, parce qu’il résume très bien, à min avis, la pensée de la réalisatrice. Parce qu’étant moi même assez jeune, je me rend compte de la chance que j’ai d’être en vie, d’avoir la possibilité de pouvoir « être grande un jour ». Chance qu’eux non pas eu !
Bref j’ai conscience de très mal m’exprimer, mais en voyant toutes ces mauvaises critiquesn ça me fait mal au coeur, car ce film a été pour moi une bonne claque qui m’a ouvert les yeux sur la chance que j’avais.
Alice, je te comprends totalement et t’invite à lire ma critique qui te redonnera le moral :
http://publikart.net/la-rafle-un-film-de-rose-bosch
Et garde ce bel élan optimiste de la jeunesse !
Je vais la lire, merci!