La Reine dans le palais des courants d’air
Ce n’est pas une grande révélation que d’annoncer que Lisbeth Salander habite encore les pages du 3ème Tome, malgré le final sanglant plutôt pessimiste du Millenium 2. Zala campe à côté de Lisbeth à l’hôpital sur la voie de la recouvrance et paraît s’en sortir mieux que sa fille. Le foutu Super Blomkvist s’attaque à la vaste nébuleuse de la Säpo pour en dégoter du gros scandale à publier. Erika se défile du modeste Millenium pour endosser de la grosse responsabilité à la concurrence mastodonte. Le Géant Blond tarde à se montrer et reste discret mais efficace. D’autres nouvelles têtes aux particularités singulières (je pense notamment à la femme musclée au sex-appeal sportif) embarqueront dans l’épopée parmi les inconditionnels comme Palgrem ou encore Armanskij. Un troisième volet encore bien rempli qui s’inscrit dans une nouvelle dynamique mais toujours à la sonorité roman policier.
Feu Larsson ne pourra malheureusement poursuivre la saga : La Reine dans le palais des courants d’air en est la clôture officielle même s’il paraît avoir rédigé les ¾ du 4ème épisode dans un mystérieux manuscrit disparu (voir Les hommes qui n’aimaient pas les femmes).
On replonge avec toutes nos aises assoiffées là où La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette nous avait sèchement laissés – nos repères sont saufs et le gabarit Larsson entier. Un titre à rallonge sibyllin (encore une fois rappelant Lisbeth), une intrigue aux artères multiples et énigmatiques, et des personnages atypiques qui nous font affectueusement sourire.
Les 1ères pages se lisent avec une fluidité naturelle et croissante jusqu’à considérer l’épisode 2 clôt (j’éviterai de rentrer dans les détails…). Puis vient s’atteler l’enquête qui va conditionner le procès de Lisbeth. Une longueur ardue et lancinante qui accouche d’une multitude de personnages secondaires. Essaim qui nous noie âprement dans un flow de noms suédois imprononçables, pour nous, pauvres français. Un peu à l’image de l’introduction Vanger dans le M1, on s’essouffle – inéluctablement blasé – à mi-chemin du roman. Lisbeth réduite physiquement n’intervient que trop peu et Blomkvist est toujours aussi crispant entre ses galipettes improbables (et trop faciles !) et son soucis du parfait – on aimerait tant qu’il délègue et laisse plus de place aux autres !
Le dénouement ne manque cependant pas d’efficacité – Larsson déroule ses ficelles avec une construction habile et perspicace. Rondement mené, M3 sait charmer, à défaut d’être révolutionnaire et rebondissant, avec les armes solides du thriller littéraire. Personnellement, énorme déception du final – thématique sacrément écourtée que j’ai attendue tout le long de la péripétie (ndlr : pour la thématique, on pensera fraternel).
Cette 3ème chronique larssonienne ne parvient pas à s’élever aussi haut que l’a permis la 2ème et son bidon d’essence mais ne pouvons nier l’intelligence et la qualité de l’œuvre globale.
- C. -
Categorie: Littérature











D’accord globalement, mais moi, par contre, j’ai trouvé que l’enquète menée autour de Salander était plutôt interesante en même temps que compliquée.
J’ai bien apprécié ce troisième livre et j’espère que quelqu’un trouvera le fameux manuscrit perdu pour éditer le 4ème !
En fait, Lore a bien aimé et Ced un peu moins, non ?
En tout cas, ces livres ont beaucoup de succès, même mes hôtes les oublient à La Ferrière, dans les tables de nuit !!!
Lore a une approche beaucoup plus mûre puisqu’ayant dévoré nombre de thrillers impressionnant (au rythme d’1/semaine, ça bouffe !). Et oui, Millenium est un petit coup de coeur pour elle. Pour moi aussi, mais différemment. Et moi je n’ai aucun projet de roman en gestation… et encore moins en Euskera !…