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La Reproduction, l’album incontrounable d’Arnaud Fleurent-Didier

[ 3 ] 01/01/2010 |

Sortie le 04 janvier 2010

Arnaud Fleurent-Didier est présenté comme « faisant le lien entre deux traditions très françaises. D’un côté, l’attachement au format chanson, où priment les textes. De l’autre, une attention aiguë pour l’enrobage sonore des morceaux, qui court des arrangeurs sixties (De Roubaix, Colombier) à la musique électronique la plus actuelle. Car, sous ses airs anachroniques, le garçon est bien de son temps. Exploit rare, son nouvel album, bouleversante variation sur la duplication (amoureuse, artistique, sociologique), parvient à réconcilier deux des chapelles médiatiques les plus antagonistes de ces dernières années, la French Touch et la nouvelle chanson française. » (propos recueillis de Vincent Noiray).

Avec son album La Reproduction, l’artiste tord le coup à tous préjugés, s’émancipe de quelque code que ce soit, prenant tous les risques. Le trublion musicien, incroyablement ordonné et méticuleux, soigne ses textes avec la plus grande attention, et un talent de même proportion. L’album s’ouvre avec France culture déjà diffusé sur le net en clip (dispo sur son Myspace). Le titre déstabilise d’emblée l’auditoire, qui tend l’oreille avec un certain scepticisme à l’écoute d’un slam apparenté que l’on croit déjà vu. Evidemment, sans avoir à insister, la curiosité ne faiblissant pas, on découvre une plume irrésistiblement caustique à la sensibilité toute particulière. L’auteur poursuivra ensuite sa révolution de velour en abordant tous les thèmes (ou quasi) de L’origine du monde au Risotto aux Courgettes en passant par My space Oddity ou Je vais au cinema

Vincent Noiray, cité ci-dessus, parle de même très bien de La Reproduction : « Lorsque, comme Arnaud Fleurent-Didier, on a poussé son premier cri au cœur des années 1970, on a été le témoin d’un passage à une époque neuve : celle de la consommation et de la culture de masse, de la télévision privatisée, de MTV, de Berlusconi, en somme, si l’on veut personnaliser en une allégorie peu ragoûtante ce pan de notre histoire contemporaine.

Son disque s’appelle “La reproduction” : faut-il copier la génération précédente, qui a fait tant de mal ? Mais faut-il pour autant mettre au monde des enfants qui naîtront dans un univers où la communication surpuissante fait d’eux la cible première ? Ce sont bien les enfants d’aujourd’hui, petits dictateurs manipulés par la pression publicitaire, qui poussent leurs parents à la consommation. Ce sont eux qui délaissent et méprisent le savoir, la culture et la beauté, qui se moquent tant du bien et du mal. À tel point, comme le fait remarquer le philosophe Jaime Semprun, que la traditionnelle question (« Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? ») est aujourd’hui retournée : À quels enfants abandonnerons-nous le monde ?

Pour répondre à ces problèmes essentiels que doit se poser tout humain responsable, AFD a choisi la synthèse de l’art. Il en fait des chansons, qui captent la vérité de la vie. On n’entend pas d’ordinaire les chanteurs s’emparer de la vraie politique, c’est-à-dire du règlement de la vie des hommes entre eux. Dans La reproduction, AFD y parvient parce que, s’il parle de lui, c’est en s’interrogeant sur sa place dans le monde. Pourquoi a-t-il dû se former tout seul ? Comment aimer simplement ? Quelle place tient l’art parmi nous ? Transmettre. Reproduire. Pourquoi ? »

Un programme plutôt complet, abordé à travers 11 titres brillamment composés, qu’il s’agisse d’instrumentaux proches de la perfection ou de l’écriture si légère et si loin de toute prétention (AFD interroge par exemple sa grand-mère dans Mémé 68 à coup de « Dit, Mémé, c’était comment Mai 68 ?«  avant de se tourner vers son Pépé dans Pépé 68), avec toujours un fond d’une drôlerie très élaborée. Une finesse d’esprit qui s’exprime dans son plus simple appareil, à l’impertinence irrésistible.

L’année 2010 débute donc remarquablement bien avec la sortie de La Reproduction. Arnaud Fleurent-Didier signe avec grand talent un album à l’univers musical jusque là inédit. Un créateur-pionnier qui a eu le génie de s’interposer entre les Brel, Gainsbourg ou Ferré d’hier qu’il affectionne et les plus grands auteurs d’aujourd’hui. Une place qu’on ne pourra lui enlever. Et puisque l’on parle de Reproduction, nous attendons déjà que l’exploit soit lui aussi reproduit sous peu !

En attendant qu’il soit dispo en libre écoute (très bientôt sur Publik’Art), allez faire un tour sur son Myspace !

- E. -


Commentaires (3)

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  1. avatar Amaury dit :

    « France culture » vaut vraiment le détour par Myspace où l’artiste de sa voix fébrile, dans une ambiance pop intimiste et sophistiquée, égrène un texte fort aux références et résonances multiples, je suis impatient de découvrir la suite…, oh oui Gaël l’année 2010 sera Fleurentienne :)

  2. avatar C. dit :

    Mouais, moi ça me laisse plus dubitatif ce France Culture… ton billet m’éveille curiosité vieux E. !

  3. avatar N.B.L. dit :

    Mouais… mis à part « France culture », « Si on se dit pas tout », et allez… à la rigueur, « Pépé 44″, ce dernier album D’Arnaud Fleurent-Didier ne révolutionnera jamais le paysage actuel de la Chanson française ; c’est du bon gros bobo trendy inside, trop timide et vite consommé, assez peu long en bouche. Dommage…

    Fabrice « N.B.L. »

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