La Tour Sombre (Arc 1 : The Gunslinger Born)

Dans un monde qui a changé, le jeune Roland Deschain deviendra un jour le Pistolero. Mais pour l’instant, il n’est qu’un jeune garçon. Pendant des années, son destin a été manipulé par le socier Marten Largecape. Roland a décidé de ne plus le tolérer, et l’avenir du monde dépend de ses actions.
Ainsi est décrite la quête de Roland vers la Tour Sombre, libre adaptation commandée par la société éditrice de comics Marvel de l’heptalogie éponyme de Stephen King. Une véritable saga dont l’auteur a débuté l’écriture dans les années 70 et qui s’est achevée en 2005, entamée après avoir été tellement époustouflé par la lecture du Seigneur des Anneaux que King s’est donné pour ambition de créer une épopée aussi spectaculaire. Pour développer son univers, Stephen King s’inspira du poème de Robert Browing « Le Chevalier Roland s’en vint à la Tour Noire ». 7 romans, soit plus de 4000 pages, 33 ans d’écriture, on peut légitimement se dire qu’une adaptation sous quelque forme que ce soit est totalement impossible. Et pourtant c’est le défi que s’est lancé Marvel en confiant cette adaptation sous forme de comics à Robin Furth et Peter David au scénrio, et à Jae Lee et Richard Isanove au dessin.

On peut dire que la plus grande société éditrice de comics au monde a mis les moyens sur cette adaptation en choisissant des valeurs sûres du monde du comics et de l’écriture. Robin Furth, chargée de l’adaptation du scénario, est l’assistante personnelle de Stephen King et a écrit une encyclopédie dédiée à l’univers de La Tour Sombre, le scénariste Peter David a travaillé sur de nombreuses séries chez Marvel notamment The Incredible Hulk et The Amazing Spider-Man. Le dessinateur Jae Lee a principalement travaillé sur la très bonne série Inhumans ainsi que sur Namor The Submariner, et enfin le coloriste français Richard Isanove a été récemment distingué pour son travail sur l’excellent one shot Wolverine : Origin.

La série de comics La Tour Sombre est prévue de se dérouler en 5 mini-séries correspondants à 5 arcs narratifs de l’épopée mais ne suivant pas forcément l’ordre chronologique du roman, et prenant parfois de larges libertés par rapport à celui-ci. Le premier arc, The Gunslinger Born, découpé en 3 tomes dans sa version française, s’intéresse à la jeunesse de notre Pistolero et héros de ce récit, Roland Deschain, ainsi qu’à la naissance de son ka-tet (ses compagnons de route), et correspond plus ou moins au tome 4 de la saga de romans, composée principalement de flash-backs. On y découvre comment Roland a gagné ses armes de Pistolero et comment lui et son ka-tet composé de ses amis Alain Johns et Cuthbert Allgood ont dû fuir leur ville d’origine Gilead pour échapper au sorcier Marten Largecape, traître à la solde du Roi Cramoisi, sorte de démon à l’origine de tout mal dans ce monde alternatif. Le trio se dirigera alors vers la ville d’Hambry sous de fausses identités, où Roland vivra de terribles épreuves qui scelleront son destin de Pistolero et nourriront son désir de vengeance envers Marten Largecape.

L’éditeur français de la série, Fusion Comics, prévient le lecteur qu’une personne n’ayant pas lu le roman de Stephen King peut être déboussolée par la profusion de personnages et de termes spécifiques à l’univers gargantuesque de La Tour Sombre. N’ayant personnellement pas lu le roman, je trouve que la série requiert certes un effort de lecture mais se suffit à elle-même, d’autant plus qu’à la fin de chaque tome de la version française sont publiés de nombreuses mini-nouvelles sous forme de contes, permettant de mieux cerner le background de cet univers alternatif, inspiré aussi bien du Seigneur des Anneaux et de la légende du Roi Arthur que des westerns spaghetti des années des années 60.

Graphiquement c’est une véritable claque que nous inflige Jae Lee. Les échantillons d’illustrations présents sur cette page parlent d’eux-mêmes, Lee est un véritable maître dans l’art du morbide. Le dessinateur nous propose toute une galerie de personnages réalistes, crades et parfois terriblement inquiétants (le Roi Cramoisi est véritablement terrifiant, digne de l’imagination tordue de Stephen King). Il nous livre par ailleurs des décors somptueux, ainsi qu’un découpage certes plutôt classique mais assez efficace.
Au final, c’est une série passionante que nous offre Fusion Comics et on ne peut qu’attendre avec impatience la suite des aventures du ka-tet de Roland Deschain. Pour information, les tomes 4 et 5 du comics entament le deuxième arc narratif, The Long Road Home, arc non évoqué explicitement dans le roman et contant le retour de nos héros vers Gilead. Enfin, le producteur JJ Abrams est entré en contact avec Stephen King pour adapter La Tour Sombre au cinéma. On parle de 7 films. Et là tout de suite, on a beaucoup plus peur…

Celui qui vise avec sa main a oublié le visage de son père. Vous visez avec votre oeil. Celui qui tire avec sa main a oublié le visage de son père. Vous tirez avec votre esprit. Celui qui tire avec son arme a oublié le visage de son père. Vous tuez avec votre coeur.



Ca c’est d’la fanatittude d’acharné sur la longueur !!! Tout à fait construit pour oitD vieux Bes. Bien intéressant, Yes !
Youhou ! Je ne savais pas que c’était si infinitésimale l’univers de la tour sombre. ça fait un peu peur en effet. Les dessins sont superbes sinon.