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Lanfeust Odyssey – L’Enigme Or-Azur (Soleil Productions)

[ 4 ] 07/01/2010 |

En un peu plus de 15 ans et deux cycles de 8 tomes, Lanfeust est passé du statut de forgeron maladroit à celui de super héros sauveur du monde intergalactique. Rien que ça. Mais pas le temps de se reposer, la vie de vedette de l’univers des bulles haut en couleurs ne le permet pas. Après Troy et les étoiles, le rouquin le plus réputé de la BD (juste devant Travis) va encore subir l’imagination de ses pères (Arleston et Tarquin) dans un troisième cycle : « Lanfeust Odyssey ».

A noter : Fini les cycles sur 8 ans, les auteurs souhaitent s’adapter au nouveau mode de consommation des (plus ou moins jeunes) lecteurs. Place donc aux dyptiques, soit aux aventures en 2 tomes. La BD est plus longue qu’à l’accoutumée, on compte plus de 65 pages, vous constaterez aussi qu’elle coûte un euro plus cher.

Certains dénoncent la surexploitation d’une licence, les mêmes qui auraient réclamé que l’aventure continue si elle s’était arrêtée à la fin du second cycle. Certes, les aventures de Lanfeust et ses amis sont lucratives mais aussi et c’est ce qui importe, jouissives pour le lecteur.

De retour sur sa terre natale avec Hébus (le Troll), 20 ans plus tard alors que seulement 2 ans se sont écoulés pour nos protagonistes, les ennuis suivent ces poisseux malgré les distorsions du temps. Vous l’aurez compris, Lanfeust va encore se trouver, malgré lui, des ennemis sur Troy, son retour vers le futur se révèle être une bonne base scénaristique à de nouvelles péripéties bien rythmées et bourrées d’humour.

La recette demeure inchangée : humour, action, aventure. Arleston et Tarquin avaient surpris avec le second cycle, en mêlant leur univers médiéval à la science-fiction avec brio. En ramenant Lanfeust sur Troy, ils nous ramènent nous aussi en terrain conquis. Il fallait donc trouver une parade pour ne pas lasser ceux qui suivent la série depuis ses débuts. Une solution pour maintenir le fan en haleine : le fan service.

« L’énigme d’Or-Azur – 1ière Partie » est très bien construit, c’est est même un exemple d’ingéniosité marketing (paradoxalement) au service du lecteur. Le scénario n’a rien d’exceptionnel, il n’est d’ailleurs pas très développé dans cette première partie de dyptique. Du côté de l’action, on a le droit à quelques redites comme l’énième baston de taverne et l’énième désenchantement d’Hébus bien imbibé. Pourtant, la structure de la BD et une bonne dose de fan service permettent la naissance d’un sentiment qu’on aime lorsqu’on boucle un tome… vivement la suite ! Je m’explique.

« L’énigme d’Or-Azur – 1ière Partie » est pour ainsi dire composé de deux parties. Une dans laquelle on assiste au retour mouvementé de Lanfesut et d’Hébus sur Troy et une ou l’on découvre ce qu’est devenue C’ian, oui rappelez-vous, le premier amour de notre gentil et pataud héros, la sœur de C’ixi (mère du fils de Lanfeust). C’ian s’est mariée au baron Or-Azur avec qui elle a eu une ribambelle de rejetons dont C’ixi, fille ainée qui en plus de porter le même prénom que sa tante lui ressemble étrangement. C’est compliqué ? Ben oui, si vous prenez le train en route, ce n’est pas étonnant. Cela s’appelle du fan service, gros point fort de ce début de troisième cycle (euh premier volume du premier dyptique du troisième cycle pour être précis…).

Je n’en dirais pas plus sur le contenu. Sachez simplement que les auteurs ne dévoilent pas plus en profondeur les rapports entre tous ses personnages, d’où l’attente du prochain tome. En bref, on dévore « L’énigme d’Or-Azur – 1ière Partie » avec grand plaisir. Je le répète, ce n’est pas une grosse surprise comme a pu l’être le second cycle mais un bon retour au bercail qui démontre que Lanfeust reste le plus apprécié et appréciable héros de l’heroic fantasy en bandes-dessinées.

- Verbal Kint -


Commentaires (4)

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  1. avatar C. dit :

    Surprenant… ai du mal à croire à quel point l’a réussi à percer le Lanfeust… Nostalgie de John Difool dans l’Incal – d’la bonne herbe à brouter celle là !!

  2. avatar Franck C. dit :

    Oui, mais faut savoir s’arrêter à un moment ou à un autre non ?
    Quand je vois, dans un autre style, qu’ils nous pondent (par ex.) du XIII Mistery… utiliser un nom pour pouvoir continuer à vendre, c’est dommage.

    Quid de Lanfeust ? Même si vous dites que c’est bien écrit, ficelé, pourquoi ne pas continuer ? Mais quand même…

    De plus, je cite : « Fini les cycles sur 8 ans, les auteurs souhaitent s’adapter au nouveau mode de consommation des (plus ou moins jeunes) lecteurs. Place donc aux dyptiques, soit aux aventures en 2 tomes. »
    Des aventures en deux tomes peut être, mais pour combien de cycles ?

  3. avatar Verbal Kint dit :

    Je comprends bien votre point de vue.
    D’ailleurs, sûrement de manière moins prononcé, ce côté « exploitation du filon » est clairement exposé dans la critique.
    Mais le principal, n’est-ce pas le plaisir du lecteur ?
    Peu importe pendant combien de cycles on va encore manger du Lanfeust tant que ça a bon goût.
    La qualité est là, c’est l’essentiel.

  4. avatar Franck C. dit :

    Oui, l’article est bien écrit et objectif (enfin, je pense), et parle aussi bien de la qualité de ce nouveau cycle, ainsi que de la tentation de faire des numéros juste pour l’argent…

    En fait, ma remarque précédente est peut être plus une peur sur ce qui pourrait arriver (ou non) : la baisse de qualité. C’est pour cela que je suis content que la série continue, mais en même temps j’aimerais bien qu’elle s’arrête en beauté, tout simplement !

    Désolé si je me suis mal exprimé…

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