Laurence Anyways, un film de Xavier Dolan

[ 2 ] 19/07/2012 |

Sortie le 18 juillet 2012

Synopsis officiel : Dans les années 1990, Laurence annonce à Fred, sa petite amie, qu’il veut devenir une femme. Envers et contre tous, et peut-être bien eux-mêmes, ils affrontent les préjugés de leur entourage, résistent à l’influence de leur famille, et bravent les phobies de la société qui les dérangent. Pendant dix ans, ils tentent de survivre à cette transition et s’embarquent dans une aventure épique dont leur perte semble être la rançon.

Il y a des films qui, le temps d’une séance, nous font oublier ce qui nous entoure. Des films qui nous embarquent pour un voyage dont parfois nous ne sortons pas indemnes. « Laurence Anyways » est de ceux là.

L’histoire est simple, les ressorts complexes. A Montréal, Laurence, professeur de littérature se rêve femme. Né dans le mauvais corps, il vit cependant une véritable passion avec Fred, sa petite amie, qui décide de l’aider dans sa transformation.


Xavier Dolan nous propose ici une fresque pop, dans des années 90 vécues mais pourtant fantasmées où l’esthétique est poussée à l’infime. En effet dans « Laurence Anyways » une attention importante est portée au détail (costume et décor, supervisés par Dolan en personne), et tout se fait écho. On a ici l’idée d’une oeuvre d’art totale : une influence picturale majeure (le cadrage librement inspiré de Mondrian, une palette de couleur hommage à Klimt etc), une écriture romanesque et ambitieuse, une bande son qui à l’image du film conjugue l’intemporalité à l’ultramoderne (de Brahms à Moderat).

A Cannes le film a été projeté en section « Un Certain Regard » ce qui n’est pas anodin : tout est en effet affaire de regard dans ce film. Autant celui que la société porte sur Laurence et son couple, mais aussi celui qu’il porte sur lui-même et qu’il ne pourra plus soutenir dans le miroir à moins de devenir une vraie femme. Ce regard qui peut donc être aussi doux que cruel, d’où l’intérêt de ces plans  magistralement travaillés : parfois fixes et contemplatifs touchant alors à l’onirisme, ou subjectifs et en mouvement pour se fondre au mieux dans la peau de ce garçon au féminin, scruté lorsqu’il/elle marche dans la rue.

Peu importe la jeunesse du réalisateur, qui en est déjà à son troisième long-métrage ; ce qui compte est l’universalité du propos : l’histoire a beau être particulière, on ressent les rires, les douleurs, les troubles et les émois du couple comme s’ils étaient les nôtres. Melvil Poupaud et Suzanne Clément (récompensée à Cannes) nous livrent une prestation bouleversante et juste.

Certes il y a dans « Laurence Anyways«  de l’exubérance, mais c’est bien là le propre du mélodrame, de ces histoires d’amour contrariées qui, peu importe les épreuves à surmonter, traversent les époques et semblent toujours nous parler.

 

Mégane Mahieu


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Categorie: Cinéma, Critiques Films

Commentaires (2)

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  1. avatar Amaury dit :

    Nous apprécions l’univers personnel de ce cinéaste au talent précoce que nous avions rencontré lors de son passage à Paris pour son deuxième film et chroniqué : http://publikart.net/les-amours-imaginaires-film-de-xavier-dolan.

  2. avatar Bénédicte dit :

    Eh, oui, il n’a que 23 ans !

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