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Le chagrin, un livre de Lionel Duroy (Editions Julliard)

[ 8 ] 04/07/2010 |

Grand prix Marie Claire du roman d’émotion 2010

Prix Marcel Pagnol 2010

Lionel Duroy de Suduiraut est né en 1939, à Bizerte, en Tunisie, le quatrième d’une famille de 10 enfants. Lionel est journaliste durant des années à Libération et à L’évènement du jeudi. Il a écrit de nombreuses oeuvres dont Priez pour nous, Trois couples en quête d’orages, ou Méfiez-vous des écrivains

Présentation de l’éditeur :
« À l’origine de ma venue au monde, de notre venue au monde à tous les onze, il y a l’amour que se sont déclaré nos parents. Toutes les souffrances qu’ils se sont infligées par la suite, toutes les horreurs dont nous avons été les témoins, ne peuvent effacer les mots tendres qu’ils ont échangés durant l’hiver 1944. » De l’Occupation jusqu’à nos jours en passant par la guerre d’Algérie et Mai 68, des avenues chics de Neuilly aux cités dortoirs de Rueil, Lionel Duroy retrace l’itinéraire chaotique d’un enfant, puis d’un homme, pris au piège d’une odyssée familiale désastreuse. Un roman poignant qui fouille les mentalités françaises des cinquante dernières années.

Si vous le permettez, je vais faire une critique totalement hors-norme, pour un livre qui me paraît, également, hors-norme. Elle se fera sous forme de lettre à l’auteur.

Cher Lionel,
Je ne vous connais point. Et pourtant, je suis rentrée dans la plus profonde intimité avec vous : celle de votre âme.
Votre livre « Le chagrin » est écrit comme un roman. Passionnant, aussi bien sur le plan humain, philosophique, psychanalytique, social, économique, politique, historique… Tous les domaines y sont largement représentés. Mais ce n’est pas un roman. C’est une autobiographie. La vôtre. Et cela change tout.

Vous avez livré votre vie. Tout donner. Rien reçu. Vous êtes nu. Entièrement nu. Et vos cicatrices sont visibles par tous. Indélébiles. Et ça continue à vous faire mal. En quelque sorte, ce livre vous permet une re-naissance.
Quel courage, quelle force intérieure ! Quelles souffrances vous avez endurées et vous endurez encore.

Votre livre, votre famille ne l’a pas compris. C’est un véritable cri d’amour. Après toutes ces douleurs, ces humiliations, ces rejets, comment faire pour survivre ? Vous avez trouvé la force, la force intérieure d’y arriver.
On ne peut pas vivre sans amour. On ne peut pas vivre comme vous avez vécu, sans cicatrices.
Lionel, vous êtes dans le Vrai. Continuez votre combat. Qu’il vous permette de vivre, enfin, avec une certaine sérénité.

Votre livre est une victoire, comme vous le dites : il prouve tout simplement votre existence. Et continuez à dire tout haut ce que les autres n’osent pas dire, même tout bas. La mère ne doit pas être un monstre sacré. Je sais que rien n’a été facile dans votre démarche et la réaction de votre fratrie a été un coup de poignard dans le dos.

Peu importe. Peu importe les réactions. N’ayez pas peur Lionel. Vivez. Sans les vôtres. Avec votre propre cellule familiale. Vivez, enfin, heureux. Vous le méritez.
Je vous aime et vous admire.
Je n’oublierai jamais votre très beau livre.

Bénédicte


Commentaires (8)

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  1. avatar E. dit :

    Voilà un témoignage bouleversant. Une seule question me taraude l’esprit : on te sent happée par son histoire. Comment t’es venue l’idée ou as-tu ressentie le besoin de t’adresser à l’auteur directement?
    C’est une lettre très touchante dans tous les cas.

  2. avatar Bénédicte dit :

    Je ne sais pas. Tout au long de ma lecture, j’avais envie de lui parler. C’est un peu comme si je l’avais écouté de nombreuses heures. Sans jamais pouvoir l’encourager et lui dire combien je le comprends. Ce livre est bouleversant de sincérité, d’humanité, et Lionel est un être à part. En quelque sorte, il est devenu mon ami. Je suis triste d’avoir fini son livre. Je ne veux pas le quitter.
    Je veux qu’il sache que des personnes sont d’accord avec lui et l’admire pour son courage et son honnêteté.
    Comme je connais la notoriété de Publik’Art, je sais qu’un jour Lionnel lira cette lettre.

  3. avatar C. dit :

    Et ben oui sacré hommage. Une lettre profonde et grave à la fois… probablement énormément à découvrir à travers Le chagrin…

  4. avatar bernard dit :

    Comme Bénédicte je suis entrée dans cette histoire qui m’a passionnée, boulversée, choquée parfois, parce que j’ai trouvé le moyen de ne pas hair mais seulement de comprendre ce qui a fait mon histoire pour dépasser la souffrance, mais est-ce qu’il s’en sort mieux que moi ? je reste si fragile…et les larmes ont jailli à certains passages !

  5. avatar Benedicte dit :

    Nicole, votre force d’aujourd’hui réside dans votre « fragilité « . Vos cicatrices continuent a vous faire mal, comme tout le monde. Votre témoignage prouve votre courage. Merci de vous être confiée ainsi.

  6. avatar Edith dit :

    C’est la publication de « Priez pour nous »,20 ans avant « Le chagrin » et qui retrace le même récit qui a provoqué la colère de sa famille. Il faut dire aussi, que – et cela il n’en parle nulle part -, il a aussi, si l’on peut dire, ajouté au poids des mots, le choc des photos, car un film – une comédie de Jean-Pierre Vergne- a été tiré de ce livre. Et cela, c’est encore plus violent qu’un texte.

  7. avatar zic dit :

    Bonjour,

    Un petit commentaire sur ce livre que j’ai tant de mal a lire, sans rentrer dans la polemique de son intimite, polemique strictement familiale selon moi.

    Ce livre est plat, sans profondeur, betement chronologique, enumerant superficiellement differente sequence de la vie de l’auteur, laissant de cote une multitude de personnes evoquees pour l’anecdote sans aucune analyse.
    On n’apprend rien dans ce livre, du fait de sa superficialite qui le fait survoler une ribambelle de sujets sans jamais les creuser, rien d’autre que l’etat d’esprit de l’auteur au moment decrit: mais qu’est-ce qu’on peut en avoir a faire!?
    Sans connaitre Duroy, je le suppose tres egocentrique, obsede par sa petite personne et faussement humble.

  8. avatar zic dit :

    ah et j’oubliais:
    Heureusement que je ne suis pas un de ses proches loool
    Quel exhibitionnisme! Quelle absence totale de pudeur, un vrai champion du monde

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