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Le coeur en dehors de Samuel Benchetrit (Grasset)

[ 2 ] 25/11/2009 |

samuel benchetrit le coeur en dehors

« Le cœur en dehors« c’est celui de Charlie Traoré, un enfant malien de 10 ans , espiègle avec une tendresse énorme, qui vit en banlieue parisienne avec sa mère et son frère. En partant pour l’école un matin à 8 heures, il croise les flics en sortant de l’ascenseur qui lui demandent l’étage de Madame Joséphine Traoré. Il remonte alors par la cage d’escalier et assiste en cachette au départ de sa mère avec la police.

C’est le point de départ d’une journée particulière, prétexte pour l’écrivain à nous raconter au fil des heures les péripéties de la vie de Charlie. Il va errer dans les rues à la recherche de son frère, Henry, qui se drogue et disparaît très souvent. On découvre avec ses yeux d’enfant et sa curiosité attendrissante ses copains, son amoureuse prénommée Mélanie, sa cité, et sa mère qui est encore toute sa vie. Une femme attentive et douce. Il y aussi le foot, son imagination débordante avec ses incroyables associations d’idées et les vers de Rimbaud.

Samuel Benchetrit est la voix éblouissante de Charlie avec son style oral et familier, sa vision politiquement tendre du monde. C’est l’enfant dégourdi qui parle, pense, ressent, et le regard qu’il pose sur son quartier difficile en est d’autant plus attachant, surprenant, et drôle.

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Ce roman est une petite merveille. L’auteur fait corps avec son personnage et le monde de l’enfance plein d’innocence, de spontanéité et de roublardise. On est ému, attendri, amusé, et embarqué par ce parcours initiatique et les enjeux qu’ils dessinent. Suspendu au sens des mots et à leur l’inspiration dans la vie du petit homme.

On est saisi aux tripes quand Charlie apprend par son frère que sa mère a été conduite dans un centre de rétention car elle est sans papier. Sa détresse et son incompréhension du monde lorsqu’il court la rechercher avec ses vers de Rimbaud dans la tête :

« Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s’ouvraient tous les coeurs, où tous les vins coulaient.
un soir, j’ai assis la beauté sur mes genoux. Et je l’ai trouvée amère. Et je l’ai injuriée.
Je me suis armé contre la justice.
Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misères, ô haine, c’est à vous que mon trésor a été confié
« !

Cet opus est à découvrir absolument car la vérité sort toujours de la bouche de Charlie

Cool

- Amaury Jacquet -


Commentaires (2)

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  1. avatar E. dit :

    Belle critique, une fois encore Amaury. Et encore une fois un livre qui pourrait plaire à Béné, sauf peut être le style « oral et familier » que j’affectionne tout particulièrement. ;)

  2. avatar Amaury dit :

    ce livre est à lire avec ou sans style car son inspiration vient avant tout d’un coeur énorme…

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