Le Grand Mort, t. 3 : « Blanche » (Vents d’Ouest)
Sortie : le 12 octobre 2011
Scénario : Régis Loisel et Jean-Blaise Djian
Dessin : Vincent Mallié (coloriste : François Lapierre)
Prix : 13,50 €
L’une des sorties les plus attendues de 2011 est bien celle du troisième album de la série Le Grand Mort (voir notre chronique ici des albums précédents). Une série qui émerveille, faut-il le rappeler, à travers un univers onirique dont seuls Régis Loisel, Jean-Blaise Djian et Vincent Mallié ont le secret. Pourtant, Blanche se détache allègrement de ce cadre, laissant s’étendre une ombre inquiétante au-dessus du récit….
Résumé de l’éditeur :
Désormais en compagnie de Gaëlle, Erwan continue de s’interroger sur l’inquiétant et mystérieux sillage que laisse Pauline… Où peut-elle être dans ce Paris dévasté par la misère, la pollution et les attentats ? Le hasard d’un reportage télévisé va la faire réapparaître, mais à peine retrouvent-ils sa trace qu’elle disparaît de nouveau… Des indices leur permettront de comprendre qu’elle est retournée en Bretagne, et c’est chez Erwan lui-même qu’ils finissent enfin par la retrouver. Ils font alors connaissance avec Blanche, son énigmatique enfant. Ensemble, Pauline et Erwan tentent de comprendre ce qu’il leur est arrivé dans le petit monde. Mais le mystère s’épaissit davantage encore lorsqu’Erwan reçoit une lettre posthume de maître Cristo : le destin de l’homme est en grand danger et ce sera à lui -le nouveau transporteur- de tout faire pour maintenir le grand équilibre…
Loisel et Djian donnent à ce troisième tome un ton plus inquiétant et dramatique, on y découvre un monde et une nature en plein déclin. Le dessin expressif de Vincent Mallié est, quant à lui, toujours aussi juste et enchanteur.
Exit le monde parallèle jonché de créatures imaginaires. Exit aussi la magie des premiers temps. On passe la seconde. Les choses sérieuses doivent être abordées, et elles commencent tout juste à l’être dans ce troisième tome. Evidemment, on regrette un peu de ne pas être amené à voyager à nouveau dans cet ailleurs si bien pensé par les auteurs, puisque l’entier récit de Blanche a lieu dans les rues banales de notre monde. On s’extasie, et s’attarde du coup un peu moins sur les dessins, qui demeurent néanmoins excellents.
L’histoire prend donc une autre dimension. Une allure bien différente, à travers l’apparition de l’enfant de Pauline qui semble doté de pouvoirs destructeurs. On devine le piège dans lequel ont pu tombé nos amis parisiens, sans toutefois en mesurer la portée. Ce qu’il faut pour attendre les réponses avec impatience….
Ce troisième album ne sera sans doute pas le meilleur, car il ne nous emporte pas au-delà de notre réalité, mais on en déduit aisément qu’il est une pierre nécessaire à l’édifice. La suite bientôt, on espère !




